La pluie pourrait faire les beaux jours de l'assurance

Alors que les intempéries de ce début d’année touchent directement les affaires des professionnels de la restauration, mais aussi de l’événementiel, les courtiers et les assureurs envisageraient de leur proposer des solutions afin de les couvrir face aux aléas climatiques, trouvant ainsi un nouveau relais de croissance.

Au compteur, Biarritz affiche quatre-vingt-trois jours de pluie depuis le début de l’année. Et la ville du Sud-Ouest n’a rien d’un cas isolé. Preuve parmi tant d’autres, la tenue de la Feria de Nîmes a été mise à mal par le mauvais temps.

83

Le nombre de jours de pluie à Biarritz entre le 1er janvier et le 26 mai 2013 (145 jours), ville la plus arrosée de France depuis le début de l’année.

19,3

Le nombre de journées d’ensoleillement à Paris entre le 1er janvier et le 26 mai 2013, soit une baisse de 23% par rapport aux normales.
SOURCE DES CHIFFRES : MÉTÉO FRANCE

La situation...

  • Identification difficile Les conséquences des conditions météo sont difficiles à caractériser et à quantifier isolément d’autres facteurs comme la crise économique.
  • Un périmètre à préciser La qualité de l’organisation, le lieu et la nature de la manifestation sont des éléments à prendre en compte dans l’assurance de l’événementiel.

... Les solutions existantes

  • ?L’assurance annulation Elle représente la garantie la plus utilisée dans le monde de l’événementiel.
  • En amont de l’aléa Exemple avec la garantie « soleil » mise en place par Aon, notamment avec Pierre & Vacances.
  • Des produits ad hoc La demande se traite davantage au cas par cas pour éviter les solutions standardisées.

Un comble pour ce mois de mai, même si, du côté de l’événementiel, les organisateurs peuvent utiliser l’assurance pour limiter l’impact des intempéries sur leur activité. Présent sur le marché des risques spéciaux, l’assureur parisien Albingia considère que les garanties du type annulation d’événement sont les couvertures les plus utilisées et les mieux adaptées aux problématiques des organisateurs en cas de fortes intempéries.

La raison tient à ce que ces contrats donnent la possibilité « de remettre l’assuré dans sa position initiale, et ce sans perte d’argent », explique Claire Paix, directrice technique des risques spéciaux chez Albingia. Outre l’assurance annulation, d’autres offres émergent actuellement sur le marché de l’événementiel.

« Nous voyons notamment dans certains cas des couvertures dédiées au maintien de l’événement. Ces garanties permettent aux organisateurs concernés de compenser le manque à gagner induit par les aléas climatiques », précise Gérald Beyrand, responsable de l’unité marseillaise du courtier Ovatio courtage. Malgré tout, ces solutions restent encore marginales et proposées au cas par cas par les assureurs.

Demande balbutiante et modèles imprécis

Autre secteur directement touché par les intempéries du printemps 2013, le milieu de la restauration reste très peu, voire pas du tout assuré contre ce type d’aléas. « Le marché des “risques climatiques” est plutôt balbutiant », confirme Pierre-Yves Laffargue, directeur technique souscription IARD d’Axa entreprises.

Selon lui, les demandes sont peu nombreuses, et « les intempéries actuelles n’ont pas entraîné de sollicitations particulières de la part des agents ou courtiers pour la mise en place de contrats spécifiques ». Pour autant, l’impact des aléas climatiques sur les activités des entreprises n’est plus à démontrer.

« Des études économétriques ont montré qu’une variation de un degré de la température observée au mois d’août dans le sud de l’Europe entraînait une variation de la consommation de bière de… 7,5% ! », rapporte Didier Marteau, directeur associé chez Aon Global Risk Consulting, qui précise que « la mesure de ce risque imposerait en amont une étude de corrélation entre la demande et les indices climatiques pour formaliser l’exposition ».

La relation de cause à effet entre intempéries et pertes d’exploitation étant prouvée, il reste cependant compliqué de réaliser une modélisation précise pour faire émerger un produit standard et durable. « Les solutions existantes sur le marché sont des produits qui sont créés à partir d’indices (température ou taux d’ensoleillement). Différents éléments, comme le dérèglement climatique actuel, rendent notamment ce type de risque assez volatil », décrit Stéphane Chappellier, responsable du pôle IARD et associé chez Actuaris.

Résoudre le casse-tête technique et changer les habitudes

Il ajoute que « cette volatilité complexifi e l’analyse assurantielle qui en découle et ne facilite pas la tâche de l’assureur en recherche de stabilité au niveau de son ratio technique ».

Si les assureurs résolvent ce casse-tête technique, l’assurance aléas climatique pourrait très bien devenir un relais de croissance durable. Encore faudrait-il changer les mentalités.

Jean-Marc Banquet d’Orx, président général de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie d’Ile-de-France, affirme que « les restaurateurs n’ont jamais eu l’habitude de se protéger contre ce genre de sinistres ». Mais rien de tel qu’une succession de printemps pluvieux pour les y aider !

Marcel Bénezet, président des cafés, bars, brasseries du Synhorcat « Il faut voir combien une telle offre pourrait coûter »

  • Quel est l’impact économique du mauvais temps sur la restauration ?

En ce moment, les terrasses sont désertes. Certains cafés ont accusé 50%, voire 70%, de perte par rapport à l’année dernière où, à la même époque, il faisait 29 degrés. Les terrasses sont encore chauffées, et la taxe coûte très cher.

  • Vos adhérents sont-ils assurés contre les aléas climatiques ?

Les cafetiers ne sont pas assurés contre ces risques, et je ne connais pas d’offre de ce type. Je pense que le temps où les assureurs vont nous proposer des contrats météo va venir. Ils doivent y réfléchir, car les enjeux sont importants. Il faut voir combien une telle offre pourrait coûter et savoir s’il y a des jours de carence avant la mise en service de l’assurance. Sachant que les terrasses représentent 30% du chiffre d’affaires, il faut que ce soit calculé sur l’ensoleillement et la température.

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