Paris, base de lancement de l'assurance spatiale

Paris, base de lancement de l'assurance spatiale
Alors que l'édition 2011 du Salon international de l'aéronautique et de l'espace ouvre ses portes au Bourget, le risque spatial suscite un net regain d'intérêt de la part des assureurs, tandis que la place de Paris déploie ses atouts.

Qu'est-ce qui fait courir les souscripteurs du risque spatial à Paris ? Après Kiln fin 2009, c'est Argo qui débarque dans la capitale. Une arrivée qui coïncide avec l'ouverture du 49e Salon international de l'aéronautique et de l'espace, au Bourget. Nicolas Sarkozy, qui doit l'inaugurer, réaffirmait récemment ses ambitions concernant l'avenir de la filière spatiale française. La France, avec la base de Kourou en Guyane, dispose d'une place importante sur l'échiquier mondial et des fleurons industriels que sont Arianespace et Eutelsat. « Ariane est le premier lanceur commercial au monde. Avec les lanceurs russes et chinois, trois acteurs dominent 90% du marché », confirme Thierry Colliot, dirigeant de SpaceCo, filiale dédiée d'AGCS.

Ingénieurs devenus assureurs

Par ailleurs, le contexte économique est favorable à l'industrie spatiale, portée par des besoins mondiaux croissants en moyens de communication à haut débit et de satellites, auxquels la crise économique ne change rien. C'est l'une des raisons qui expliquent que les assureurs soient de plus en plus nombreux à souscrire les risques spatiaux depuis leur bureau parisien. « Le marché français dispose d'une organisation et des compétences qui le rendent attrayant pour les assureurs », remarque Bruno Bajard, directeur espace de Marsh France. Contrairement à Londres, l'autre grande place européenne de l'assurance spatiale, Paris recrute des ingénieurs chez ses principaux clients (Arianespace, CNES, Matra, Safran, Snecma, Thalès...) pour en faire des assureurs.

Les assureurs du spatial actifs depuis Paris souscrivent plus de 20% du marché de l'assurance des lancements, d'un volume théorique total de 800 M$. En tête, SpaceCo AGCS pèse 8% du marché mondial ; Axa CS, Hiscox ou Scor souscrivent 3 % chacun ; La Réunion spatiale (LRS), qui s'est retirée en 2010 du marché « vie en orbite », et Kiln réalisent chacun 2 %. « Paris occupe historiquement une position importante en matière d'assurance spatiale, par nature internationale », confirme Thierry Colliot.

Obligation d'assurance RC

L'entrée en application, début 2011, de la loi sur les opérations spatiales constitue l'autre actualité du secteur. Toutefois, et même si les agences de lancement et les opérateurs de satellites ont désormais l'obligation d'assurer leur responsabilité, le texte ne devrait pas modifier les pratiques. « La plupart des acteurs s'assuraient déjà », note Thierry Colliot. Le texte est venu le plus souvent se caler sur le marché en matière d'achat d'assurance : Arianespace, qui couvrait déjà sa responsabilité à hauteur de 60 M€, est tenue de le faire, en raison de la loi... au même montant.

En outre, le marché de la RC spatiale est extrêmement réduit, avec un volume de primes de seulement 20 M$ au niveau mondial. « L'impossibilité d'établir précisément les causes d'un sinistre à 36 000 km d'altitude explique la généralisation des clauses d'abandon de recours au sein de l'industrie spatiale et, ultimement, la renonciation des assureurs à leur droit de subrogation. Cette organisation contractuelle particulière explique la taille très restreinte du marché de l'assurance des garanties RC pour les produits spatiaux », note Bruno Bajard.

Même focalisée sur les seules couvertures dommages, l'assurance spatiale devrait croître dans les prochaines années. Les assureurs spécialisés (Argo, LRS, Hiscox), les réassureurs (Hannover Re, Munich Re, Scor, Swiss Re), mais aussi les assureurs de grands risques généralistes, tels AGCS, Axa CS ou XL Insurance, ont tous des arguments à faire valoir. « AGCS est actif sur toute la chaîne de l'assurance spatiale. SpaceCo intervient lors des lancements, prélancements et dans la vie en orbite, mais aussi lors de l'acheminement du satellite de son lieu de fabrication à sa base de lancement », confirme Véronique Turinaz-Postel, directrice du développement d'AGCS.

Comme toujours en pareil cas, la concurrence exacerbée favorise la baisse des prix. « L'afflux de capacités contribue à maintenir les tarifs à un point bas historique, en dépit d'un sinistre majeur en 2010 et de deux sinistres potentiels partiels en 2011 », résume Bruno Bajard. Il faut savoir qu'un seul échec au lancement avec perte totale du satellite embarqué est susceptible d'engloutir le volume de primes annuelles de la branche (environ 1 Md$).

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