[DOSSIER] Pourquoi l’assurance s’intéresse à la Blockchain

Pourquoi l’assurance s’intéresse à la Blockchain

Pourquoi l’assurance s’intéresse à la Blockchain
© VICTOR HABBICK VISIONS/SCIENCE PHOTO LIBRARY/Gettyimages/ iStock

«Révolution » et « rupture » ne sont jamais loin dès que l’on aborde le phénomène de la blockchain. La Banque d’Angleterre s’est aventurée à en donner une définition pratique : elle « permet à des gens qui ne se connaissent pas de placer leur confiance dans une liste partagée de transactions ». Cette technologie numérique est née d’un besoin, celui de certifier l’authenticité d’une monnaie numérique lancée en 2008, le Bitcoin (BTC), pour laquelle elle a été spécifiquement développée. En effet, pour que cette monnaie ait une valeur et un cours – à mi-mai 2016, 1 BTC vaut environ 402 € –, il fallait réussir à rendre infalsifiable 1 Bitcoin. C’est ce que permet la blockchain. Un coup de génie cryptologique, attribué au mystérieux Satoshi Nakamato, dont on a récemment pensé qu’il s’agissait du pseudonyme du docteur en informatique australien, Craig Wright… qui a démenti depuis.

Blockchain et au-delà…

Si l’assurance et la banque s’intéressent de près à la blockchain, depuis 2013 pour les plus précurseurs en France, c’est parce qu’elle peut disrupter leurs modèles économiques. Et pour cause : poussée à son paroxysme, la blockchain permet à une communauté de s’assurer… sans assureur. Autant prendre les devants ! Surtout que la blockchain a aussi, en elle, des potentialités qui intéressent au plus haut point les assureurs. Ainsi, ce sera vraisemblablement, dans un avenir proche, un formidable outil pour décupler les packages de services, automatiser l’exécution des contrats ou encore lutter contre la fraude. Les applications à inventer sont innombrables. Preuve que le sujet est pris – très – au sérieux, la Caisse des dépôts a même lancé, en 2015, un groupe de travail collaboratif inter-entreprises composé de banquiers, d’assureurs (Axa, CNP Assurances, Aviva et Maif ) et de start-up. En 2016, Axa Strategic Ventures a investi près de 55 M$ dans Blockstream, une société dont l’objectif est de numériser les actifs et d’harmoniser les services financiers grâce à la technologie blockchain. De son côté la FFSA n’est pas en reste, puisque depuis avril, la profession s’est aussi dotée de son groupe de travail. Alors, à quand la première application en assurance ? Peut-être bien pour la rentrée 2016…

Maître Thibault Verbiest, avocat associé, De Gaulle Fleurance & Associés
« Un chantier gigantesque en termes de régulation »

  • La blockchain est-elle insusceptible de fraude ?
    Les capacités de calcul nécessaires à frauder ce type de technologie sont telles que, pour le moment, elle est considérée comme très sûre. Cependant, il faut signaler que des craintes ont été émises à propos d’une majorité de mineurs qui seraient « coalisés », leur permettant de compromettre l’intégrité de la chaîne. En effet, la fiabilité repose sur le nombre d’utilisateurs de la communauté, plus elle est élargie plus il sera difficile de frauder, chacun étant certificateur. À l’inverse, plus elle est concentrée entre les mains de certains mineurs plus sa fiabilité pourrait être remise en question.
  • Quelle est la place de la régulation de ces phénomènes ?
    La question sur la régulation doit s’opérer à deux niveaux. Dans une acceptation « facile », c’est-à-dire tant que les blockchains ont encore besoin de communiquer avec un système réglementé, la régulation étatique peut s’opérer. En effet, tant qu’il y a des passerelles, la régulation traditionnelle trouve une brèche. Dans une acceptation « difficile », les blockchains sont complètement autonomes, dans ce cas la régulation classique disparaît puisqu’elle n’a aucune emprise sur le système. Dans le cas de la Google Car, l’absence d’intermédiation d’une banque, rend de facto les transactions non régulées. Il y a donc un chantier gigantesque en termes de régulation. Ce point est d’ailleurs rédhibitoire pour un plein développement des applications de blockchain.
    Propos recueill is par J.S.
    Retrouvez l’intégralité de l’interview de Thibault Verbiest sur : argusdelassurance.com Thibault Verbiest est co-auteur de l’ouvrage : « Bitcoin et blockchain, vers un nouveau paradigme de la confiance numérique ? », RB Édition, juin 2016.

 

Les 10 mots de la Blockchain

  • Blockchain  : littéralement « chaîne de blocs », c’est une technologie de stockage et de transmission d’informations à coût minime, sécurisée, transparente, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Elle désigne une base de données distribuées contenant des transactions dont chacun peut vérifier la validité. Une blockchain peut donc être assimilée à un livre comptable.
  • Bitcoin : monnaie électronique décentralisée conçue en 2009 par un développeur non identifié utilisant le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Le docteur en informatique Craig Wright a déclaré se cacher sous ce nom d’emprunt... avant de se rétracter.
  • Cryptologue : il assure l’échange confidentiel d’informations sur différents réseaux.
  • Hardware : qualifie le matériel informatique en général, par opposition au software, qui désigne les programmes.
  • Mineur : personnes qui connectent sur le réseau une ou plusieurs machines équipées pour utiliser de la puissance de calcul informatique afin de traiter des transactions. Chaque mineur est rémunéré au prorata de la puissance de calcul qu’il apporte au réseau.
  • Nœud : il désigne un ordinateur relié au réseau et utilisant un programme relayant les transactions.
  • Oracle : fournisseur de services puisant des données de bases de données, de réseaux sociaux... et les « injectant » dans les smart-contracts pour déclencher le paiement.
  • Peer-to-peer ou pair à pair : les systèmes peer-to-peer permettent à plusieurs ordinateurs de communiquer via un réseau, en y partageant simplement des objets.
  • Ethereum : plateforme décentralisée, basée sur une blockchain, permettant à son réseau d’utilisateurs de créer des smart-contracts. Ethereum fonctionne avec la monnaie Ether. Contrairement au Bitcoin, Ethereum a vocation à accueillir des programmes très divers, qui sortent du cadre monétaire.
  • Smart-contracts : ou contrat intelligent. Les smart-contracts sont des programmes autonomes qui exécutent les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés.

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