Pourquoi la négociation se crispe

Pourquoi la négociation se crispe
Le 16 janvier 2014, une cinquantaine des 120 salariés de Groupama Nord-Est, baptisés « Les cerises en grève », ont manifesté à Troyes pour marquer leur opposition à la politique salariale du groupe.

Malgré un contexte économique plus favorable, les enveloppes budgétaires des acteurs de l'assurance sont en baisse par rapport à l'an dernier. Avec moins d'accords à la clé.

Ce n'est qu'un premier diagnostic. Mais il est déjà révélateur. Alors que les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont loin d'être achevées dans le secteur de l'assurance, la CFDT a recueilli les premiers résultats. Et le verdict est sans appel. « 2014 ne s'annonce pas comme un grand cru puisque la majeure partie des entreprises observées ont réduit leur budget consacré aux mesures salariales collectives et individuelles », remarque Daniel Kayat, secrétaire général adjoint en charge de la branche assurance de la fédération CFDT.

Pourtant, dans le dossier de l'Argus de l'assurance consacré aux salaires (22 novembre 2013), le cabinet Altedia annonçait que les budgets d'augmentation dans le secteur progresseraient cette année de 2,5%, soit 0,1 point de plus qu'en 2013. Une prévision en passe d'être corrigée aujourd'hui. « À l'occasion des NAO, nous avons interrogé les entreprises du secteur sur les enveloppes budgétaires. Selon les premiers retours que nous avons eus, le taux d'augmentation globale des salaires devrait en définitive se situer plutôt autour de 2,2% dans l'assurance, à cause notamment de l'inflation », explique Julie Séron, consultante chez Altedia.

les entreprises préfèrent toujours mettre en oeuvre des budgets d’augmentation limités.

Mathieu Girard-Reydet, consultant chez Mercer

Interrogations chez les salariés

En effet, selon l'Insee, les prix à la consommation à fin décembre n'étaient en hausse que de 0,7% sur un an, contre + 1,3% douze mois plus tôt. L'inflation n'est pas la seule explication à cette frilosité. « Dans un contexte où l'économie française n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant 2008, les entreprises font attention à ce qu'elles accordent. Certes, de nombreux acteurs de l'assurance ont redressé la barre. Pour autant, confrontés à un environnement réglementaire incertain, ils préfèrent toujours mettre en oeuvre des budgets d'augmentation limités, ceux-ci étant irréversibles », observe Mathieu Girard-Reydet, consultant en charge du pilotage des enquêtes de rémunérations chez Mercer.

Mais cette politique passe difficilement chez les salariés. Après deux années dans le rouge, Groupama indiquait, en août dernier, avoir renoué avec les bénéfices au premier semestre 2013. « Or, suite à cette annonce, les employés s'attendaient naturellement à être récompensés des efforts consentis. Au final, ils ont vite déchanté », regrette Hubert Babaudou, secrétaire fédéral FGA-CFDT en charge de Groupama.

Dans le groupe mutualiste, six NAO sur douze se sont achevées par des décisions unilatérales. Pour protester contre les décisions de revalorisation salariale de leur direction, près du tiers du personnel de Groupama Nord-Est a débrayé une demi-journée le 16 janvier. Sans succès. La direction a catégoriquement refusé de rouvrir les négociations.

2014 ne s’annonce pas comme un grand cru.

Daniel Kayat, syndicaliste CFdT

Priorité à l'emploi

« Depuis la crise, nous avons de plus en plus de mal à créer un rapport de forces. La sauvegarde de l'emploi est devenue prioritaire par rapport aux augmentations de salaires. Si bien que, même du côté de salariés, beaucoup se sont résolus à avoir moins que les années précédentes. C'est toujours mieux que rien du tout », constate, amer, Hubert Babaudou. De fait, les syndicats ont signé de nombreux accords salariaux en retrait par rapport aux années précédentes, même si le taux élevé (36%) de décision unilatérale témoigne de tensions.

À défaut de proposer des augmentations significatives de salaires, les entreprises du secteur jouent désormais sur des mesures périphériques. Ainsi, chez Mutuaide, la prise en charge de la couverture santé-prévoyance de l'employeur a été augmentée cette année. Une manière d'éviter un recul du pouvoir d'achat pour tous les salariés imposables suite à la fiscalisation de cet abondement.

leS PReMIeRS RÉSulTaTS DeS naO

2,2%

Le taux d'augmentation globale des salaires dans l'assurance prévue en 2014 par le cabinet Altedia, contre sa prévision de 2,5% Une difficulté à mobiliser En cette période de chômage important, les salariés sont avant tout soucieux de conserver leur emploi. Une faible inflation Sur un an, les prix à la consommation ont progressé de 0,7%, contre 1,3% un an plus tôt. Un contexte toujours fragile Bien que sorties de la crise, les entreprises restent prudentes sur la gestion de leur masse salariale, et préfèrent limiter les augmentations collectives.

Une difficulté à mobiliser En cette période de chômage important, les salariés sont avant tout soucieux de conserver leur emploi.

Une faible inflation Sur un an, les prix à la consommation ont progressé de 0,7%, contre 1,3% un an plus tôt.

Un contexte toujours fragile Bien que sorties de la crise, les entreprises restent prudentes sur la gestion de leur masse salariale, et préfèrent limiter les augmentations collectives.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 15 novembre 2019

ÉDITION DU 15 novembre 2019 Je consulte

Emploi

KAPIA RGI

Analyste Fonctionnel en Assurance Vie (H/F)

Postuler

KAPIA RGI

Développeur Angular JS (F/H)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurances Risques dommages aux biens et Risques Annexes.

Ville d'Epinay sous Sénart

17 novembre

91 - EPINAY SOUS SENART

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Pourquoi la négociation se crispe

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié