Résultats 2015 Axa-Allianz : deux leaders de l'assurance au coude à coude

Résultats 2015 Axa-Allianz : deux leaders de l'assurance au coude à coude
Henri de Castries, PDG du groupe Axa, et Oliver Bäte, PDG du groupe Allianz.

Les deux premiers assureurs européens présentent pour l’exercice 2015 des résultats solides. L’évolution des écarts entre les deux groupes pourrait bien dépendre désormais de la vitesse d’exécution des plans et transformations engagés. Oliver Bäte, le patron Allianz a présenté sa feuille de route 2016-2018 en novembre 2015. De son côté, le groupe Axa vient de clôturer son plan stratégique 2010-2015 avec succès et présentera ses objectifs pour 2020 en juin prochain. Cette nouvelle étape dans l’histoire du groupe français sera finalement portée par une équipe de direction renouvelée, Henri de Castries, son  PDG, ayant annoncé, ce lundi 21 mars 2016, qu’il passerait le flambeau en septembre 2016.

L’exercice 2015 aura globalement été un bon cru pour Allianz et Axa, respectivement n°1 et n°2 du marché européen de l’assurance. Dans un environnement économique et financier compliqué, les deux premiers assureurs ont vu leur résultat opérationnel et leur bénéfice progresser sur un an. Les efforts faits par les deux géants européens pour réorienter leurs activités d’assurance de personnes vers des produits plus générateurs de marges paient. La bonne tenue de leur ratio combiné en assurance dommages a contribué à ces bonnes performances. À l’issue de l’exercice 2015, le groupe allemand conserve son avantage en termes de taille sur son rival français. Mais à y regarder de plus près, les principaux indicateurs d’Axa progressent de manière plus soutenue (voir tableaux). En 2015, Allianz et Axa ont su conjuguer croissance – notamment grâce aux effets de change et à des effets de tarifs en dommages – et rentabilité. En plus de ces deux impératifs, les deux compagnies ont l’accent sur une troisième dimension : celle de la solvabilité. Et un mot d’ordre : la gestion active du capital. Au regard de leurs ratios financiers, les deux géants affichent de bons niveaux de capitalisation leur permettant ainsi de servir des taux de distribution (payout ratio) confortables en 2015.

Quelle marge de manœuvre en matière de dividende dans le futur ?

Entre l’économie et le commercial peu porteur, la mise en œuvre de Solvabilité 2, sans compter les exigences de capital internationales applicables aux deux groupes classés parmi les assu­reurs réputés systémiques (les fameux G-SIIs), la préservation du sacro-saint ROE (rendements des fonds propres) des actionnaires devient un enjeu central. Allianz vise, pour sa part, un ROE à 13 % en 2018 contre 12,5 % à fin 2015 tandis qu’Axa, qui tablait sur une fourchette comprise entre 13 et 15 % à fin 2015 (actuellement à 14,1 %) doit dévoiler en juin ses prochains objectifs.

Pour tenir cette promesse, les deux grands assureurs se sont imposés des contraintes en matière de circulation et remontée du cash des entités opérationnelles vers la maison mère (remittance ratio).

Les deux groupes ont confirmé leur solidité financière et leur capacité à relever les nombreux défis. D’importants et incontournables chantiers sont déjà engagés d’un côté comme de l’autre. Objectifs : moderniser leur organisation et diversifier leurs activités sur le plan géographique afin de tirer parti du potentiel de croissance des pays émergents. Sur ce plan, Axa semble avoir pris une longueur d’avance sur son concurrent en multipliant les acquisitions et les partenariats en Asie, en Amérique latine et en Afrique. Depuis 2010, le groupe français a investi un peu plus de 5 Md€ dans les pays émergents. Mais Allianz n’est pas en reste. L’assureur allemand a par exemple récem­ment noué un partenariat avec le géant chinois du Web, Baidu, pour développer des offres d’assurance en ligne. Les deux groupes ont des réserves pour financer ces « grands travaux », réserves auxquelles s’ajoutent des plans de réduction des dépenses déjà mis en œuvre (1,9 Md€ d’économies depuis 2010 chez Axa,) ou programmés (1 Md€ de gain de productivité annuel d’ici à 2018 chez Allianz).

La vitesse d’exécution de ces transformations sera sans doute un élément clé pour les prochains exercices. Oliver Bäte, qui a pris les rênes d’Allianz en mai 2015, a engagé en novem­bre dernier un plan stratégique ambitieux pour les deux ans à venir. Son rival français qui vient de boucler avec succès son plan « Ambition Axa » présentera sa nouvelle feuille de route en juin 2016. Un nouveau set vient de débuter dans le match Allianz-Axa.

La réorientation des opérations d'assurance de personnes paie

En cette période marquée par des taux d’intérêt très bas, la dépendance à l’assurance vie peut s’avérer un handicap. Groupe le plus diversifié, Allianz tire profit du poids de l’assurance dommages dans ses activités : 41% de ses revenus et 47,9% de son résultat opérationnel. Chez Axa, cette ligne de métier génère 35% du chiffre d’affaires et 38% du résultat opérationnel. En assurance de personnes, la réorientation des activités pèse sur les chiffres d’affaires, mais porte ses fruits sur le plan de la rentabilité des opérations : le résultat opérationnel des deux groupes augmente de plus de 10% en un an, avec un léger avantage pour Allianz. Sur le front de la gestion d’actifs, la situation est nettement plus contrastée. Axa enregistre désormais de bonnes performances dans ce domaine alors que son concurrent est encore pénalisé par le mouvement de décollecte auquel fait face, Pimco, filiale américaine de gestion obligataire.
Prime au challenger dans l’Hexagone
En France, Axa évolue à domicile, d’où une taille bien supérieure à celle d’Allianz. Sur son marché d’origine, Axa génère 22,2 Md€ de chiffre d’affaires et près de 2 Md€ de résultat opérationnel. De son côté, la filiale du groupe allemand, pour lequel la France représente le deuxième marché en termes de revenus, affiche un chiffre d’affaires de 12,4 Md€ pour un résultat opérationnel d’un peu plus d’1 Md€. Mais en 2015, le challenger, Allianz, a réalisé de très bonnes performances, notamment en assurance de personnes. Certes, dans cette branche son chiffre d’affaires chute de 2,3% alors que celui d’Axa progresse de 6 % mais le résultat opérationnel progresse de 21 %.


 

 

Allianz préserve son avance sur Axa

En termes de taille, Allianz figure toujours en tête du classement des assureurs européens. Et en 2015, Allianz préserve son avance sur son rival français avec un différentiel avoisinant les 20 %. Mais Axa affiche de meilleures performances : ses indicateurs progressent de manière plus marquée que ceux d’Allianz. En 2015, la croissance des deux groupes a été tirée par les effets de change. À périmètre comparable et hors effets de change, le chiffre d’affaires d’Allianz baisse de 2,1 % et celui d’Axa augmente de 1 %. D’un côté comme de l’autre, les meilleures performances ont été enregistrées en assurance dommages (+2,9 % pour le premier et +1 % pour le second). La réorientation des activités d’assurance de personnes vers des produits à plus fortes marges se répercute sur leur activité. Dans cette ligne de métier, le chiffre d’affaires d’Axa stagne et celui d’Allianz baisse légèrement. Mais la rentabilité de ces opérations s’améliore, ce qui contribue à la croissance du résultat opérationnel des deux assureurs, de même que la bonne tenue de leur ratio combiné en assurance dommages (97,3 % pour Axa et 94,6 % pour Allianz). Au final, leur bénéfice augmente et atteint désormais quasiment le même niveau d’avant la crise.



 

 

Valorisation et attractivité boursière

Au regard de leur capitalisation boursière, l’écart de poids entre les deux groupes n’a guère évolué d’un exercice à l’autre. Allianz reste, en moyenne, 25% plus lourd que son homologue français. Le phénomène de rebond amorcé depuis 2012 – mouvement qui profite davantage à Axa – se trouve en partie amputé par les corrections sévères opérées sur les marchés financiers depuis début janvier 2016, sur fond d’inquiétudes macro-économiques (croissance en Chine, désynchronisation des politiques des banques centrales, menaces d’un Brexit...). Toutefois, «la décote du titre [d’Axa] ne se justifie pas au regard de la solidité du groupe dont la stratégie de «contournement» des effets de taux bas (unités de comptes, diversification géographique, efficacité opérationnelle) porte ses fruits», estime Pierre Chedeville, analyste chez CM-CiC Market Solutions. De son côté, Allianz bénéficie de multiples boursiers plus élevés même si les deux ressortent quelque peu sous-valorisés. Les perspectives du plan stratégique à fin 2018 et la politique de dividendes (croissance annuelle de 5 % du BnA sur trois ans) ont déçu les investisseurs. A contrario, Axa a rassuré d’autant plus facilement que les analystes estiment que le titre jouit encore d’un potentiel haussier raisonnable.


1. Cours de bourse au 9 mars 2016.
2. Cours/bénéfice net par action : il sert à comparer la valeur d’une société par rapport à ses pairs, à son secteur d’activité, ou encore à la situer par rapport à sa valeur haute et valeur basse historique. Plus le PER est élevé, plus la société est jugée «chère» en termes relatifs.
3. Ce ratio rapporte la valeur en bourse de l’entreprise au montant des fonds propres divisé par le nombre d’actions en circulation Les investisseurs prudents s’intéressent généralement aux sociétés qui affichent un ratio faible (le plus souvent inférieur à 1). Cet indicateur offre une mesure plus tangible de la valeur d’une entreprise que ne le font les résultats.

 

 

Cash is king, cash is back

Axa et Allianz continuent de démontrer leur capacité à dégager de façon récurrente et croissante du cash-flow opérationnel. Les filiales d’Axa ont soutenu la politique de gestion du capital centralisée du groupe. Elles ont remonté sous forme de dividendes près de 87% de leurs cash-flows opérationnels (remittance ratio), soit au-dessus de la fourchette fixée entre 75 et 85%. Le remittance ratio dépasse légèrement 80 % chez Allianz, en ligne avec l’objectif fixé à fin 2015. Cette politique a notamment pour objectif de servir des dividendes attractifs, en témoignent les taux de distribution. Sur le plan financier, les deux géants confirment leur solidité. Au 31 décembre 2015, Axa et Allianz disposaient, sur la base de leur modèle interne, de ratios de Solvabilité 2 respectifs de 205 % et 201 %, soit dans la norme de marché comprise entre 170 % et 230 %. «Il faut s’attendre à voir ces chiffres varier, c’est même normal compte tenu de la volatilité. S’il n’y en avait pas, ce serait probablement une bonne raison de s’inquiéter», souligne Henri de Castries. Un bémol : Allianz table sur un ratio de Solvabilité 2 de 180% au 1er trimestre 2016 compte tenu de l’environnement de taux bas et des marchés actions. «Le management se concentrera sur la restauration de la solvabilité plutôt que sur les deals à court terme», avance JP Morgan.



 

 

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