[DOSSIER] Classement 2015 des courtiers grossistes : des [...] 3/4

Solvabilité 2 est déjà une réalité pour les courtiers grossistes (Classement 2015)

Solvabilité 2 est déjà une réalité pour les courtiers grossistes (Classement 2015)

Les compagnies renforcent les contrôles sur les délégataires de gestion pour se conformer à la réforme européenne Solvabilité 2 qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016. Les courtiers grossistes ne cachent pas que cette réglementation pèse sur leurs structures mais assurent vouloir en profiter pour mettre en avant les avantages de leur modèle.

Depuis plus de quatre ans, les courtiers grossistes, délégataires de gestion pour les compagnies, préparent l’arrivée de la nouvelle réglementation européenne Solvabilité 2. à titre d’exemple, une dizaine de collaborateurs s’en occupent à plein temps pour April, cinq chez Solly Azar qui a nommé dans les différents services des référents et des contrôleurs (les deux missions pouvant être portées par une seule et même personne). « Nous voyons dans Solvabilité 2 une réglementation très pertinente par rapport au modèle du courtier grossiste avec un premier focus très important sur la gestion des risques et un deuxième sur la formalisation de la délégation », explique Fabrice Maraval, directeur finance et assurance chez April. Les intermédiaires sont pleinement concernés par le pilier II de la réforme, qui implique pour les assureurs la définition de tous les processus et dispositifs de gestion et contrôle des risques, et donc un pilotage renforcé des délégataires. L’assurance de personnes, historiquement marquée par un fort recours à la délégation de gestion, est en première ligne. Par ricochet, les courtiers grossistes sont également mobilisés sur le pilier I de la directive, qui porte sur le niveau de capital à immobiliser en face de chaque risque. « Nous souhaitons capitaliser sur les exigences du pilier I pour approfondir nos relations avec les porteurs de risques. Nos outils pour le pilotage des risques sont performants et auront un impact positif pour les fonds propres de nos porteurs de risques », poursuit Fabrice Maraval.

Le rythme des audits s’intensifie

Une chose est sûre : Solvabilité 2 est déjà une réalité pour les délégataires de gestion. « Les compagnies sont de plus en plus présentes. Pour preuve, en 2014, nous avons eu 37 audits », rapporte Gemini Veerasawmy, responsable qualité et contrôle interne chez Solly Azar. En constante augmentation depuis 18 mois, ils portent essentiellement sur le respect des conditions de souscription, la gestion du portefeuille et les procédures de réclamations. Cependant, les courtiers s’inquiètent du manque d’uniformisation des demandes des porteurs de risques, notamment pour le suivi des réclamations. Or, la réglementation européenne n’impose pas de critère détaillé de suivi de la qualité des données qui viennent alimenter les systèmes de gestion des risques de l’assureur. « Nous avons 25 compagnies qui portent les risques, chacune avec ses exigences et sa manière de regarder le pilotage des risques. Ce serait bien que tout le monde ait les mêmes demandes mais c’est peut-être un voeu pieux », témoigne Jean-Paul Babey, président d’Alptis. D’autant que les assureurs peinent à formaliser leurs souhaits. « Ce n’est que lors des audits que les compagnies pensent à ajouter telle ou telle demande sous tel ou tel format », précise Francine Chazara, directrice du contrôle interne chez Solly Azar. Le courtier parisien a donc mis au point son propre document à proposer aux compagnies pour uniformiser les reportings, aujourd’hui utilisé par plus de la moitié de ses porteurs de risques. Il reste que dans un marché ultraconcurrentiel, les courtiers peuvent se retrouver pris en tenaille entre la gestion complexe de cette multiplicité de demandes et la relation commerciale à préserver. «Il ne faut pas oublier que nous sommes dans le service et que nous devons nous adapter en fonction des organisations des uns et des autres», admet Jean-Paul Babey.

Un facteur de concentration

Inutile de dire que dans ce contexte de charge réglementaire supplémentaire, les plus petites structures, et les acteurs qui ont connu une croissance très rapide (sans suivre sur le plan des ressources humaines), risquent de se retrouver en grande difficulté. « Des courtiers multispécialiste, avec des secteurs plus annexes, pourraient ne pas assurer toute la chaîne de conformité sur l’ensemble de leur périmètre, donc on pourrait assister à un mouvement de concentration et de spécialisation », estime Jean-Paul Babey, président d’Alptis, qui pointe le piège de la croissance externe si la cible est en difficulté de conformité. « Les mouvements de redéploiement ne seront pas simples », analyse-t-il. Si les courtiers grossistes veulent profiter de la réglementation européenne pour prouver la pertinence de leur modèle gestionnaire, à l’aube de la mise en place de la réforme, « il ne suffit plus de dire que nous sommes prêts, il faut le prouver », martèle Francine Chazara.

Sur l’assurance de personnes, nous estimons remplir les exigences Solvabilité 2 pour 90 % des portefeuilles. Un taux qui s’explique par un historique marqué par un recours à la délégation beaucoup plus important, donc une mise en conformité à Solvabilité 2 naturellement plus poussée. Sur le dommage, la problématique est différente. La plupart du temps, la délégation de gestion de la part de l’assureur n’est que partielle, aussi la question de la conformité des reportings se pose de façon moins prégnante.

Fabrice Maraval, directeur finance et assurance chez April (8 structures grossistes au sein du groupe).

 

La délégation de gestion prend maintenant tout son sens du fait que la compagnie est en droit de nous demander des comptes très régulièrement. à partir de là, s’établit un climat de confiance qui favorise fortement les relations et nous en profitons pour revoir l’ensemble des protocoles qui nous lient à nos partenaires. Tout le monde gagnerait beaucoup à ce que les exigences des compagnies en matière de remontée de données soient unifiées. Cependant, nous ne perdons pas de vue que ce sont nos clients et que nous devons prendre en compte les contraintes liées à leurs systèmes d’information.

Francine Chazara, directrice du contrôle interne chez Solly Azar.

 

Des exigences renforcées

Dans le cadre du recours au courtage ou à la délégation de gestion, les organismes assureurs devront, pour être conformes à Solva 2, s’assurer que leurs partenaires ont mis en place un système de contrôle interne et de gestion des risques opérant et mature. L’ensemble des gestionnaires pour compte de tiers est soumis aux exigences renforcées liées à la qualité des données, à la sous-traitance et au contrôle interne.

(Source : Bearing Point)

La fin du du mping ?

Au-delà des répercussions du pilier II , Solvabilité 2 influence l’établissement des programmes distribués par les courtiers grossistes. « Solvabilité 2 nous immunise contre les programmes d’assurance non viables, qui ont pu s’apparenter à du dumping, et nous permet de renforcer notre relation de confiance avec nos assureurs », explique Eryck Aïche, délégué général de Solly Azar. « Sur le plan de la mise en route des produits, nous avons engagé un travail beaucoup plus étroit en amont avec les porteurs de risques », précise Jean-Paul Babey, président d’Alptis. Il faut plus de temps et d’efforts pour prouver la rentabilité technique d’un programme.

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