Solvabilité 2 : Les assureurs français (trop ?) optimistes sur leur conformité

Solvabilité 2 : Les assureurs français (trop ?) optimistes sur leur conformité

L’étude réalisée par Ernst & Young en Europe révèle  que 100% des assureurs français déclarent pouvoir être conformes à Solvabilité 2 d’ici à fin 2014, contre  89% à l’échelon européen. Un optimisme à nuancer : si le degré de préparation des assureurs hexagonaux est satisfaisant sur les aspects quantitatifs de la directive (Pilier 1), il est moyen sur les aspects gouvernance (Pilier 2) et relativement faible  en matière de reporting (Pilier 3).

Le possible report de l’entrée en vigueur de Solvabilité II, au 1er janvier 2016 – officiellement, la date de mise en œuvre reste le 1er janvier 2014 - , pourrait arranger certains assureurs européens… et notamment les Français. Sous réserve bien sûr qu’ils n’en profitent pas pour relâcher leurs efforts. L’enquête européenne réalisée au printemps dernier par Ernst & Young (avant que le calendrier ne redevienne élastique) sur plus de 160 compagnies d’assurance dans 19 pays, montre en effet que la perception par les acteurs de leur degré de conformité est intimement liée à la date officielle d’entrée en vigueur, le niveau de préparation variant en outre sensiblement selon les pays. Ainsi, 100% des compagnies françaises pensent pouvoir être conformes avec les exigences de Solvabilité 2 d’ici à fin 2014, contre 89% des assureurs à l’échelon européen (les 11% restants ciblant 2015). Ernst & Young (E&Y) précise toutefois  que « cette vision semble être une cible plutôt qu’une évaluation réaliste compte tenu des efforts restant à réaliser ».

Le pilier 3 à la traîne

Le « score » français s’explique en partie par la composition du panel de répondants : sur les 18 acteurs interrogés, 6 réalisent un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, et représentent ensemble la moitié du marché français (sur la base du classement de l’Argus 2011).  Mais l’optimisme français est à nuancer aussi sur le fond : si le degré de préparation des assureurs hexagonaux est effectivement satisfaisant sur les aspects quantitatifs de la directive (Pilier 1), il est moyen sur les aspects gouvernance (Pilier 2) et relativement faible  en matière de reporting (Pilier 3). Les notes (sur 5) attribuées par E&Y à la France pour évaluer le degré de préparation sont ainsi de 3,2 pour le pilier 1 ; de 2,5 pour le pilier 2 ; et de 2 pour le pilier 3, contre des notes à l’échelon européen de 3,2 ; 2,7 et 1,8 respectivement.

Gestion des risques

Globalement, « la majorité des compagnies d’assurance européennes semblent raisonnablement bien préparées aux exigences relatives au bilan économique du Pilier 1 et à la formule standard », relève E&Y. Sur le Pilier 2, si la plupart des assureurs européens disposent déjà d’un système de gestion des risques susceptible de répondre aux exigences de Solvabilité 2 _ en pratique, ils ne sont que 17% à en avoir formellement évalué l’efficacité _ ,  « les assureurs français sont moins avancés que leurs homologues européens en matière de stratégie de risque, de rémunération, de cadre de tolérance au risque et d’ORSA ». Enfin, sur  le Pilier 3 - globalement le moins « investi » par les assureurs européens (et ce malgré les attentes élevées du régulateur) -, les assureurs français semblent légèrement en avance sur leurs homologues européens. E&Y souligne malgré tout  un enjeu sur l’alimentation du nouveau système, puisque  « 69% des assureurs européens ne répondent que partiellement aux exigences de Solvabilité 2 concernant la gestion des données et les systèmes d’information ».

Le "french paradox"

E&Y pointe un autre « french paradox ».  Les assureurs français, dont plus de la moitié (53%) confirment avoir recours à un modèle interne total ou partiel (ils sont 49% à l’échelon européen), en attendent plus de bénéfices que leurs homologues européens : 57% misent sur une baisse de plus de 20% du montant de leur SCR (niveau de solvabilité cible), contre 40% au niveau européen. Or, 50% des assureurs français n’ont pas encore (ou ne jugent pas nécessaire) de mener des réflexions sur l’optimisation du capital dans un environnement Solvabilité 2, là où 70% des assureurs européens jugent au contraire ce sujet prioritaire. « Une divergence un peu préoccupante », pointe E&Y.

Géraldine Vial

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