[DOSSIER] Assurance vie : PRIIPs, l'épouvantail européen 2/3

Sonia Fendler (Generali) : "Nous ne pourrons pas éviter des conséquences sur les frais de gestion" (Priips)

Sonia Fendler (Generali) :
Membre du Comité exécutif, en charge de la clientèle patrimoniale chez Generali

Sonia Fendler, membre du comité exécutif en charge de l’épargne et de la clientèle patrimoniale chez Generali France, explique très concrètement les conséquences négatives du règlement PRIIPs sur l'assurance vie

Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre le cas PRIIPs à bras-le-corps ?
Les assureurs n’ont pas suffisamment pris la mesure de l’ampleur du chantier que va nécessiter la mise en oeuvre du règlement PRIIPs, dans un délai extrêmement court. Nous pensions au départ qu’il serait possible d’ajouter un document d’information clé pour un contrat d’assurance vie, qui s’ajouterait aux documents d’information que nous fournissions déjà en cas de souscription à un OPCVM. Mais quand nous avons eu connaissance du projet de normes techniques réglementaires (regulatory technical standards ou RTS) en avril dernier, nous avons pris conscience qu’il faudrait bien fournir au client un document pour chaque support d’investissement (fonds euro, UC, eurocroissance, etc.), pour chaque option de gestion, chaque possibilité de sortie, etc.

Comment cela pourrait se traduire concrètement chez Generali ?
Rien que pour Himalia, notre contrat phare, nous proposons 700 unités de compte et 400 actifs. Au global, nous avons près de 10 000 fonds référencés dont 4 000 sont investis pour nos différents contrats d’assurance vie. Il faut bien comprendre que rien que pour notre fonds eurocroissance, il nous faudrait produire 9 documents d’inQu’est-ce qui vous a poussé à prendre le cas PRIIPs à bras-le-corps ? Les assureurs n’ont pas suffisamment pris la mesure de l’ampleur du chantier que va nécessiter la mise en oeuvre du règlement PRIIPs, dans un délai extrêmement court. Nous pensions au départ qu’il serait possible d’ajouter un document d’information clé pour un contrat d’assurance vie, qui s’ajouterait aux documents d’information que nous fournissions déjà en cas de souscription à un OPCVM. Mais quand nous avons eu connaissance du projet de normes techniques réglementaires (regulatory technical standards ou RTS) en avril dernier, nous avons pris conscience qu’il faudrait bien fournir au client un document pour chaque support d’investissement (fonds euro, UC, eurocroissance, etc.), pour chaque option de gestion, chaque possibilité de sortie, etc. Comment cela pourrait se traduire concrètement chez Generali ? Rien que pour Himalia, notre contrat phare, nous proposons 700 unités de compte et 400 actifs. Au global, nous avons près de 10 000 fonds référencés dont 4 000 sont investis pour nos différents contrats d’assurance vie. Il faut bien comprendre que rien que pour notre fonds eurocroissance, il nous faudrait produire 9 documents d’information clé. Pour les clients futurs, cela représente 52 000 pièces à fournir, sachant qu’aujourd’hui, la question de l’application au stock n’est pas clairement tranchée.

Avez-vous déjà pris des décisions en interne pour limiter l’impact de PRIIPs sur votre activité ?
Concrètement, eu égard à la charge que cela représente, nous envisageons de réduire fortement le nombre de supports d’investissement que nous proposons pour n’en conserver qu’une cinquantaine, voire une trentaine, d’autant qu’il faut prévoir l’évolution dans le temps de l’offre, les contrats d’assurance étant du long terme. Nous pensons réduire aussi les options de gestion que l’on propose aux clients car chacune nécessite un document spécifique. Et surtout, nous ne pourrons pas éviter des conséquences sur les frais de gestion qui devront augmenter.

Reste-t-il encore des marges de manoeuvre pour faire évoluer les choses ?
Aujourd’hui, les ministères des Finances de 12 pays européens, dont la France, ont signé une lettre à destination de la Commission européenne pour proroger le délai d’entrée en application, même si pour le moment la Commission refuse de procéder à ce décalage. L’enjeu aujourd’hui est de mobiliser d’autres pays européens comme l’Italie, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg d’ici fin juillet pour espérer pouvoir faire bouger les choses. Et, au niveau français, un groupe de travail a été reprogrammé au sein de la FFA.

Propos recuillis par G.B-F et J.S

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