Spécial comptes édition 2009

Spécial comptes édition 2009
L'Argus procède tout au long de l'année à des classements qui font référence. Retrouvez ici le palmarès des résultats 2008 pubié dans le numéro 7149-50 (18 décembre 2009), ainsi que leur évolution, établi par Winter & associés pour l'Europe et par Mazars pour la France. Le top 20 en France est décliné en "assurances de biens et responsabilité" et en "assurances de personnes".

Top 20 Europe

UNE CERTAINE SERENITE MALGRE LA TOURMENTE FINANCIERE

En 2008, la croissance des 20 plus gros assureurs européens connaît un repli modéré dans un contexte très tendu. Mais plusieurs indicateurs en baisse et des situations très contrastées laissent présager une année 2009 plus difficile.

La crise financière historique de 2008 n'a épargné aucun secteur de l'économie et s'est traduite par une croissance globale atone de 1 % dans la zone euro. L'Allemagne et la France, principales économies du continent, affichent des hausses respectives de leur PIB de 1,3 % et 0,3 %, en deçà des résultats attendus. Dans cette conjoncture difficile, le top 20 des assureurs européens, avec plus de 3 681 MdE de placements sous gestion utilisés pour couvrir leurs engagements réglementés, a pourtant affiché une certaine sérénité dans la tourmente (excepté quelques opérateurs), avec notamment une érosion modérée du chiffre d'affaires global (- 3,18 %) et des déclarations plutôt rassurantes de la part d'un grand nombre d'opérateurs. Malgré ces signaux jugés plutôt encourageants, la situation demeure très précaire. En effet, les incidences conjuguées de la baisse des marchés boursiers et de l'inversion de la courbe des taux ont relancé l'attrait des placements à court terme, notamment celle du livret A. En octobre dernier, et pour la première fois depuis 1997, les rachats en assurance vie ont d'ailleurs été supérieurs aux versements collectés. Les assureurs britanniques ont en outre été confrontés à une forte dévalorisation de la livre sterling face à l'euro (- 20 %), qui les a structurellement pénalisés sur leur marché domestique.

Dans ce contexte contrasté, il y a lieu de s'interroger sur la solvabilité, ou du moins sur la santé financière des 20 principaux opérateurs de l'Union européenne. Les niveaux de collecte de ces assureurs restent plutôt satisfaisants malgré la légère baisse du chiffre d'affaires global. Cette évolution négative est loin d'être dramatique, mais est toutefois représentative de la crispation du secteur après une année 2007 sans grand relief. La situation se révèle par ailleurs assez hétérogène au sein de notre classement. Les chiffres d'affaires de certaines sociétés ont accusé un repli : - 5 % pour Allianz, - 2 % pour Axa et - 10 % pour la CNP. Allianz, comme d'autres sociétés, a notamment pâti de la multiplication des défauts de paiement et des défaillances d'entreprises. À l'inverse, certains acteurs ont su tirer leur épingle du jeu, comme Eureko, dont le CA a bondi de près de 30 %, et Mapfre, dont la collecte a progressé de 22 %.

Le bilan de l'activité non-vie est plutôt rassurant, malgré une diminution - minime - des provisions nettes. En effet, la situation de la collecte s'améliore par rapport à 2007, les primes acquises nettes passant de 172 MdE à 192 MdE. L'impact de la crise financière paraît donc plus modéré en IARD.

Les contrats d'assurance vie en euros conservent leur leadership sur le marché européen, avec 71 % des provisions totales (contre 29 % pour les contrats en unités de compte). Manifestement, dans un contexte de crise financière où la volatilité des actifs est importante, les assurés ont choisi la sécurité avec la garantie en capital des fonds en euros face au risque non maîtrisé des contrats en unités de compte. La préférence des assurés pour l'euro déjà constatée en 2007 (61 % de provisions au titre de l'euro contre 38 % des provisions au titre des UC) s'est donc confirmée et traduit leur défiance durable pour les marchés boursiers. En d'autres termes, la sécurité prime actuellement sur l'espérance de rendement. Ce désinvestissement croissant des assurés sur les unités de compte, dont les marges sont très supérieures à celles des fonds en euros, pèsera certainement sur la rentabilité des assureurs vie, dont les fonds propres sont de ce fait plus mobilisés.

Le bénéfice global des assureurs du top 20 atteint à peine 9 MdE alors qu'il représentait 45 MdE à fin 2007, soit une baisse de 81 % en un an. Un certain nombre d'assureurs affichent des résultats négatifs en 2008 : ING et Aegon perdent environ 1 MdE et Eureko est dans le rouge d'environ 2 MdE. Cette érosion des résultats s'explique en grande partie par la baisse des primes en assurance vie ainsi que par la chute des produits des placements. En effet, ces derniers ont délivré des taux de rendement relativement faibles, de l'ordre de 0,7 % (ils valaient 3,8 % en 2007), sans compter les mécanismes d'amortissement des moins-values latentes par le biais de dotations partielles dans un certain nombre de pays. Nous pouvons ainsi remarquer des réalisations de moins-values significatives pour CNP et la BNP, qui perdent respectivement 3 MdE et 5 MdE, ou des moins-values latentes pour Aviva de l'ordre de 18 MdE.

Le montant global des placements évolue de 4 471 MdE en 2007 à 3 681 MdE en 2008, soit - 11 %. Ce net repli est structurellement lié à trois réalités : la dépréciation des valeurs boursières en portefeuille, la vente prématurée de certains titres pour faire face aux engagements de versement des prestations pris auprès des assurés et, enfin, pour les assureurs britanniques, la forte dépréciation de la livre sterling face à la monnaie européenne.

Autre fait marquant, la chute de 6 % sur l'année du total des provisions vie en euros, traduisant les engagements futurs des assureurs, alors que les primes ont baissé de plus de 35 % et que, dans le même temps, cette situation ne s'est pas caractérisée par la distribution d'un taux de participation aux bénéfices faible. Au contraire, et d'après le président de l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Acam), Philippe Jurgensen, les taux de revalorisation servis sur les fonds en euros sont « surprenants et déphasés en temps de crise ». Le taux de revalorisation moyen pondéré s'est replié de seulement 0,2 % par rapport à 2007 pour atteindre 3,9 %. Le risque, en l'état, est de constater une dégradation sensible de la solvabilité des assureurs vie dans un futur relativement proche. Une question se pose alors : les principales sociétés d'assurance vie européennes peuvent-elles durablement garantir des taux de revalorisation aussi élevés en l'absence de produits de placements tout en maintenant des ratios de solvabilité au-dessus du minimum réglementaire ?

Pour les fonds propres, les ratios de solvabilité calculés (lire aussi la méthode de calcul page XIV) passent à 6,2 % contre 7,5 % en 2007. Sept sociétés en particulier sont proches du minimum réglementaire, neuf ont un ratio compris entre une et deux fois ce niveau minimal. Visiblement, les assureurs vie européens ont su résister à la crise financière. Cependant, pour compenser les résultats modestes, tout comme ceux de l'année passée, ils ont dû puiser dans leur PPE (provision pour participation aux excédents) pour distribuer les taux qu'ils se sont engagés à servir sur leurs fonds en euros. Or, comme l'a déclaré Sonia Schendler, directrice du développement commercial de Generali Patrimoine, « les assureurs qui ont puisé dans leur PPE en 2008 n'ont peut-être pas fait preuve de prudence. L'année 2009 s'annonce sans doute difficile en terme de gestion, et le recours à la PPE sera alors indispensable pour maintenir des taux de rendement satisfaisants ». Or les assureurs ayant une PPE déjà faible ont dû ponctionner directement dans leurs fonds propres ce soutien « coûteux ». Les répercussions sur les fonds propres sont d'ores et déjà visibles : ils sont passés de 283 MdE en 2007 à 237 MdE. De manière générale, les autorités de contrôle prônent la prudence en proposant de baisser de façon raisonnable les taux de revalorisation et en attendant sereinement que le système financier et économique se stabilise durablement.

EDERN SEVELLEC & MICHAEL DONIO
CABINET WINTER & ASSOCIES

TOP 20 FRANCE ASSURANCE DE PERSONNES

LA BAISSE DE L'ASSURANCE VIE BOUSCULE LE MARCHE

Le secteur de l'assurance des personnes a reculé en 2008, principalement en raison de la désaffection des assurés pour l'assurance vie et les contrats en unités de compte, concurrencés par l'épargne liquide. Le classement des 20 premiers acteurs du marché n'enregistre cependant pas de grands changements.

Le recul de l'activité d'assurance de personnes masque des évolutions contrastées en fonction du type de garantie : l'assurance vie et les bons de capitalisation (88 % de l'activité assurance de personnes) est en baisse de 11 % par rapport à 2007 tandis que l'activité assurance en cas de maladie ou d'accident corporel (12 % du total) est en hausse de 7 % par rapport à 2007 (source : FFSA).

L'assurance vie a vécu une année particulièrement mouvementée en raison du contexte économique et financier difficile. La baisse très sensible des marchés a notamment engendré une forte diminution des investissements réalisés par les clients sur les contrats en unités de compte. En effet, approximativement 15 MdE de versements de moins ont été enregistrés par rapport à 2007. Simultanément, 7 MdE d'encours environ ont été arbitrés, des supports en unités de compte vers des fonds en euros à capital garanti.

Une collecte nette sous haute surveillance

La crainte d'une réaction de la part d'assurés détenteurs d'un contrat d'épargne, sur le dernier trimestre 2008, a incité l'Acam à demander aux assureurs vie leurs statistiques de rachats selon une fréquence hebdomadaire. En effet, une collecte nette négative, résultant de prestations supérieures aux cotisations, aurait été susceptible d'entraîner la cession par les assureurs d'actifs peu liquides au moment où les marchés étaient au plus bas. Bien qu'en baisse de 48 % par rapport à 2007, la collecte nette (cotisations moins prestations) reste largement positive à 28,3 MdE. L'année restera cependant marquée par le fait que, d'une part, cette collecte a été négative pendant deux mois (en septembre et en décembre) et d'autre part qu'elle a été la plus faible des dix dernières années. La perte de confiance généralisée a ainsi freiné la collecte et a pu entraîner dans certains cas des rachats.

Le livret A a concurrencé l'assurance vie

Par ailleurs, les banques ont proposé en 2008 des produits d'épargne liquide à forte rémunération. La distribution du livret A allant être élargie à l'ensemble des banques au 1er janvier 2009, ces dernières se sont livré une bataille acharnée afin de capter leurs futurs clients de livret A en proposant des « super » livrets à des taux de rendement très attrayants (6 % à 7 %). Parallèlement, le rendement du livret A augmentait d'un point sur l'année 2008, pour atteindre 4 % au mois d'août.

Ainsi, selon la FFSA, le choix des Français en termes d'épargne a évolué, les contrats d'assurance vie abandonnant la première place au profit des placements liquides, qui ont représenté près de 70 % du flux des placements financiers des ménages, alors qu'ils n'en attiraient pas plus de 35 % jusqu'en 2006.

Enfin, les contrats collectifs (entreprises et emprunteurs) ont vu leurs cotisations progresser de 6 %. La FFSA estime que cette croissance positive n'a été possible qu'en raison d'importantes transformations d'IRS (institutions de retraite supplémentaire) porteuses de contrats de retraite collective. En effet, la reprise d'une IRS par un assureur est comptabilisée en chiffre d'affaires. Hors IRS, les contrats collectifs auraient connu une très forte baisse, similaire à celle des cotisations des contrats individuels (- 12 %).

Concernant l'activité assurance en cas de maladie ou d'accident corporel, la collecte s'élève à 8,5 MdE au titre des garanties soins de santé (+ 9 %) et 7,6 MdE au titre des garanties incapacité, invalidité et dépendance (+ 6 %). D'après l'analyse de la FFSA, après trois années de ralentissement, la croissance des cotisations résulte de plusieurs facteurs : une augmentation des garanties couvertes, une progression du nombre d'assurés et une augmentation tarifaire résultant d'une diminution de la couverture du régime général et du vieillissement de la population.

Le top 20 de l'assurance de personnes a vu son activité diminuer de 8,2 %, soit une baisse légèrement moins forte que le marché global. Le poids croissant des 20 premiers groupes sur le marché, qui passe de 91,1 % à 91,9 %, se fait ainsi au détriment des plus petits acteurs qui voient leur chiffre d'affaires diminuer de 17 %. Le classement a peu changé entre 2007 et 2008. Ainsi, les six premiers sont les mêmes. Le podium est toujours constitué de CNP, Crédit agricole et Axa. Cependant, les trois leaders français sont touchés de manière inégale par la dégradation de l'environnement financier. Le groupe Crédit agricole, via ses filiales Predica et La Médicale, semble être le plus atteint, son chiffre d'affaires ayant baissé de 16,7 % par rapport à 2007. La CNP (- 7,7 % du chiffre d'affaires) a vu sa collecte en unités de compte fortement pénalisée (- 49,1 %) tandis qu'Axa (- 5,1 % du chiffre d'affaires) souffre moins que le marché.

Respectivement en 4e et 5e positions, Generali et BNP Paribas assurance présentent une évolution quasi similaire avec une baisse d'activité de l'ordre de 8 %, qui s'explique principalement par le recul de la collecte en unités de compte causé par le retournement des marchés boursiers. Generali a ainsi été pénalisé de l'ordre de - 47 % sur ces produits.

Parmi les cinq suivants, les deux bancassureurs, Crédit mutuel (6e) et Société générale (9e), ont subi une baisse de leur chiffre d'affaires, respectivement de 16,4 % et 21,7 %, dans un contexte de taux plus favorables aux placements à court terme et liquides. Au contraire, les groupes positionnés en 7e, 8e et 10e positions (Allianz, Sgam AG2R-La Mondiale et Groupama) ont vu leur chiffre d'affaires progresser nettement. Allianz gagne une place par rapport à 2007, en croissance de 5,7 % grâce à l'excellente année réalisée par sa filiale AGF vie. De son côté, la Sgam AG2R-La Mondiale affiche une légère progression à hauteur de + 0,6 %. Le groupe a résisté grâce au choix de diversification de ses activités : 47,5 % en épargne, 14,5 % en prévoyance, 17 % en santé et 21 % en retraite. Enfin, le groupe mutualiste d'assurance, par le biais de la société Groupama SA et des caisses régionales, bénéficie d'un réseau de distribution diversifié et de proximité qui lui permet de renforcer sa position. Ainsi, son activité progresse d'environ 2 % par rapport à 2007. À lui seul, ce top 10 représente 75 % de l'activité totale du marché de l'assurance de personnes en France.

Le bas du classement n'est pas épargné par la crise

Aviva (- 10 % de CA) conserve sa 11e place, malgré la diminution de la collecte de ses partenaires Afer et Sogessur et son modèle multidistribution associant activités vie et non vie. En 12e position, en progression d'une place, Covéa a résisté à la crise financière, ne cédant qu'environ 5 % de son chiffre d'affaires par rapport à 2007.

De son côté, Natixis, dont le chiffre d'affaires est en baisse de 25 %, perd une place. Cette forte chute s'explique notamment par le fait que Natixis Assurances avait bénéficié en 2007 d'une souscription de quelque 500 ME sur le segment de l'assurance collective. Hors ce contrat exceptionnel, la baisse s'élève à 16 %, ce qui est cohérent avec la diminution constatée par le G11. La régression très sensible des marchés a, là encore, entraîné une forte chute des investissements réalisés par les clients sur les contrats en unités de compte. Le chiffre d'affaires en unités de compte « vie individuelle » est en baisse de près de 40 %, à 345 ME à fin 2008, et représente seulement 12 % du total de la collecte brute, contre 17 % en 2007.

Dans un environnement financier inapproprié, les acteurs situés entre la 14e et la 16e place ont vu progresser leur CA respectivement d'environ 8 %, 10 % et 6 %. En 14e position, Swiss Life voit son chiffre d'affaires augmenter grâce au développement des produits issus de la branche Stratégic (+ 118 ME) qui donnent la possibilité aux assurés de composer leurs investissements de façon totalement libre.

Malakoff-Médéric, marqué par la fusion des groupes Malakoff et Médéric, occupe la 15e place. Ce nouvel ensemble compte 28 entités de structures juridiques différentes : institutions de prévoyance, mutuelles, sociétés d'assurances et autres filiales spécialisées. Dans ce contexte, le chiffre d'affaires de l'exercice 2007 est issu de comptes pro-forma.

ProBTP, groupe de protection sociale des professions du bâtiment et des travaux publics, occupe la 16e place, comme en 2007, affichant une hausse de son chiffre d'affaires de 6,1 %, grâce à sa filiale Saf BTP vie, qui, à la suite de l'intégration d'un produit de retraite supplémentaire des artisans dans le cadre de l'offre globale retraite, a enregistré une hausse du nombre de contrats de 11 %.

À la 17e place, Macif (- 5 % du CA) a connu un recul du nombre d'affaires nouvelles d'environ 8 %. Mutavie, principale filiale de la Macif en assurance vie, a été touchée elle aussi par le recul des versements sur les supports en unités de compte (- 42 %). Cependant, d'après le rapport financier 2008 de Mutavie, l'application d'une stratégie commerciale axée sur la commercialisation du livret vie, support en euros, a permis de limiter la baisse du chiffre d'affaires en fidélisant les épargnants.

En 18e position se place HSBC, qui a réalisé la performance de stabiliser son chiffre d'affaires, ce qui s'explique en partie par le lancement d'un produit en unité de comptes représentatif d'un titre obligataire émis par HSBC France et accessible via des contrats d'assurance vie. La MGEN occupe la 19e place du top 20, avec un chiffre d'affaires en hausse de 3,9 %. Enfin, Dexia, via sa filiale Dexia Épargne Pension, ferme ce classement avec un chiffre d'affaires de 977 ME, en baisse de 30,5 %, Dexia Épargne Pension ayant été victime des difficultés rencontrées par sa maison mère.

VIOLAINE CONTI & ERIC BONNET
SENIORS MANAGERS, MAZARS

TOP 20 FRANCE ASSURANCE DOMMAGES

LES DOMMAGES SAUVENT LE SECTEUR

La crise contracte les placements, mais dope les couvertures de biens privés et professionnels. Heureusement pour le secteur, les multirisques habitation, les dommages aux biens et même l'auto connaissent des taux de croissance généreux, qui profitent surtout aux plus gros acteurs de la branche.

Au cours de l'exercice 2008, la croissance du marché français de l'assurance de biens et de responsabilité s'est établie à environ 2,5 %. Passant de 48,6 MdE en 2007 à 49,8 MdE, le chiffre d'affaires du secteur a su maintenir, malgré le contexte de crise économique et financière, son évolution positive par rapport aux années précédentes (source : FFSA). Les assurances auto, multirisque habitation, biens professionnels et responsabilité civile générale ont représenté 77 % des cotisations totales en 2008, avec respectivement 17,9 ME, 7,2 ME, 6,9 ME et 3,4 ME de chiffre d'affaires. L'assurance auto, malgré un marché en perte de vitesse, a renoué avec la croissance (+ 1 %) en 2008. Certaines garanties connaissent une forte progression, comme la multirisque habitation (+ 6,4 %, à 7,2 MdE), les dommages aux biens agricoles (+ 8,5 %, à 1 MdE), et la protection juridique (+ 8 %, à 0,7 MdE).

Contrairement à la tendance générale observée en assurance de personnes, le top 20 de l'assurance de biens et de responsabilité a vu son activité augmenter de 3,5 % en 2008, soit une évolution légèrement plus forte que le marché global. Le poids plus important des vingt premiers groupes sur le marché, qui passe de 88,2 % à 89 % entre 2007 et 2008, se fait ainsi au détriment des plus petits acteurs, qui connaissent une baisse de 4,8 % de leur chiffre d'affaires.

Prime à la force de frappe des marques

Le groupe d'assurance mutualiste Covéa, qui réunit la Maaf, MMA et la GMF, reste incontestablement le leader du marché avec 7 371 ME de chiffre d'affaires et 14,8 % de part de marché. Le choix de renforcer la coopération entre ses enseignes a permis au groupe de retrouver une croissance d'activité sur la garantie auto (+ 1,5 %), après deux années de baisse, et sur la branche de l'assurance habitation, qui progresse de plus de 5 %.

Parmi les cinq premiers, Axa est le groupe qui a le plus progressé. Les primes, qui s'élèvent à 6 969 ME, ont en effet augmenté de 5,4 % par rapport à l'exercice 2007, reflétant principalement la hausse de la collecte nette de l'assurance auto (+ 133 000 nouveaux contrats) et de l'assurance habitation (+ 71 000 contrats).

Groupama complète le trio de tête avec 11,1 % de part de marché et 5 534 ME de chiffre d'affaires, en légère augmentation (+ 2,2 %). L'effort d'investissement s'est porté vers une politique de marque plus forte et de grandes campagnes nationales. De nouvelles agences, notamment à Paris, avec un nouveau concept, ont été ouvertes et le site Internet des caisses régionales a été renouvelé. Enfin, la compagnie a lancé, en juillet 2008, une nouvelle marque commerciale dans le cadre d'un canal de distribution directe par Internet, Amaguiz.com. Plus de 15 000 contrats auto ont été signés en quelques mois. Ce canal va bientôt s'ouvrir à l'habitation, à la santé et à d'autres produits.

Notons que ces trois groupes campent à eux seuls sur 40 % du marché de l'assurance de biens et de responsabilité en France.

Offres ciblées, offres gagnantes

En quatrième position, le groupe Allianz reste un concurrent solide, avec un chiffre d'affaires à 4 849 ME, et approche les 10 % de part de marché. Onze ans après avoir acquis AGF, la compagnie allemande a fini par imposer sa marque. C'est ainsi que, le 14 septembre 2009, la raison sociale du groupe a changé. Tous les contrats AGF passeront sous signature Allianz. Les 2 700 agences, ainsi que les immeubles du groupe, adopteront peu à peu l'aigle stylisé du groupe munichois. Pour accompagner ce changement de marque, l'assureur a lancé une campagne publicitaire massive sur l'ensemble des médias français.

Generali est le cinquième du classement, avec 3 381 ME de chiffre d'affaires réalisé en 2008, en progression de 2,1 %, s'expliquant principalement par la branche auto (+ 2 % du parc de véhicules assurés).

Les chiffres d'affaires des deux mutuelles sans intermédiaires de référence, Macif et Maif, augmentent respectivement de 1,6 %, à 2 785 ME et de 3,3 %, à 2 236 ME. En sixième position, la Macif a privilégié le ciblage des petits véhicules « plus propres et plus sûrs ». De son côté, la Maif conforte sa septième place grâce, en partie, au lancement de l'offre Métiers de l'Éducation (82 953 sociétaires supplémentaires). Les deux groupes ont par ailleurs annoncé une initiative stratégique conjointe en 2009, qui inclut également la Matmut.

Le Crédit agricole, avec une croissance bien supérieure à la moyenne (+ 10,1 %) s'empare de la huitième place, au détriment de la Sgam BTP. Le bancassureur explique cette forte hausse par une performance très satisfaisante de sa filiale Pacifica. Ainsi, malgré un marché saturé et peu dynamique en termes d'évolution du chiffre d'affaires, Pacifica a fait progresser sa part de marché de 0,2 point en 2008 pour atteindre 2,9 % Cette croissance est particulièrement marquée en protection juridique (+ 20 %) et dans les segments des agriculteurs et des professionnels (+ 33 %).

Sgam BTP perd un rang par rapport à 2007 et occupe la neuvième place. La progression de son activité (+ 1,2 %) est légèrement inférieure à l'évolution du marché, en raison, notamment, de l'essoufflement du secteur du bâtiment due à la crise économique. Le groupe conserve néanmoins sa place de premier assureur de la construction, en responsabilité décennale comme en dommages-ouvrage.

Le Crédit mutuel, à la dixième place, voit son chiffre d'affaires augmenter de 2,5 %, en ligne avec l'évolution globale du marché. À la onzième place, et avec une évolution de son chiffre d'affaires de + 10,6 %, la Matmut continue sa progression amorcée en 2007 et conforte sa place d'acteur majeur sur le marché français de l'assurance auto et des deux-roues. À cela viennent s'ajouter les bons résultats commerciaux obtenus sur le marché de l'assurance habitation. En effet, avec plus de 200 000 souscriptions, le contrat habitation Matmut a confirmé les espoirs qui avaient été placés en lui à son lancement en 2007.

Le groupe Aviva, à la douzième place, comme en 2007, reste stable en 2008 avec 1 214 ME de chiffre d'affaires et 2,4 % de part de marché, tandis que Chartis (ex-AIG Europe), malgré un classement inchangé en treizième position, voit son chiffre d'affaires progresser de 15 %.

Avec 1 % de part de marché et une augmentation de chiffre d'affaires de 4,3 %, Aréas occupe la quatorzième place. Il continue sa progression sur les branches longues RC générale et construction, malgré des difficultés en automobile. L'évolution positive de son activité s'explique par le développement de partenariats avec des courtiers spécialisés dans la couverture des collectivités locales, des risques statutaires et du secteur de l'événementiel.

GCE assurances, anciennement Écureuil assurances IARD, occupe la quinzième place avec 0,8 % de part de marché. En 2008, la Macif et la Maif en sont devenues actionnaires, à hauteur respectivement de 25 % et 15 %, les autres actionnaires étant la CNCE pour 47 % et Muracef pour 13 %.

MACSF occupe la seizième place et voit son chiffre d'affaires progresser de 3,3 %, en ligne avec la croissance des vingt premiers acteurs. Swiss Life est dix-septième. Malgré un positionnement en assurance de personnes, le groupe figure dans ce top 20 de l'assurance de biens et de responsabilité grâce à sa filiale Swiss Life assurances de biens (SLAB).

Maf et April occupent les dix-huitième et dix-neuvième positions. Il est à noter qu'April voit son chiffre d'affaires progresser de 34 ME (de l'ordre de 14 ME à périmètre constant), le groupe ayant réalisé de nombreuses opérations de croissance externe en 2008, en grande partie à l'étranger.

Enfin, nous pouvons noter que BNP Paribas assurance, via ses filiales Cardif RD et Natio assurance (détenue à 50 % par Axa et par le bancassureur), occupe la vingtième place, talonnant le dix-neuvième, avec un chiffre d'affaires qui s'élève à 235 ME en 2008.

ERIC BONNET ET VIOLAINE CONTI
SENIOR MANAGERS, MAZARS

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