Spécial Top 30 de la santé : à la veille de grands bouleversements

Spécial Top 30 de la santé : à la veille de grands bouleversements

Pas de changements majeurs dans l’édition 2015 du classement des organismes complémentaires santé. Toutes les entreprises sont loin de couvrir leurs salariés, et les grands bouleversements dans le monde mutualiste ne se feront sentir qu’en 2016.

Du mouvement, mais pas de grand bouleversement aux premières places de l’édition 2015 du top 30 de la santé : à part les groupes paritaires Malakoff-Médéric et Humanis, tous les dix premiers gagnent ou perdent quelques places. La palme de la progression revient à AG2R-La Mondiale, qui gagne trois places grâce à l’intégration dans le groupe de deux mutuelles, ViaSanté, une interprofessionnelle ancrée dans un grand quart Sud-Ouest de la France, et la Mutuelle du ministère de la Justice (MMJ).

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Une année 2014 plutôt stable

Hors du top 10, l’autre progression la plus notable est celle de la Macif, qui gagne cinq places, au seizième rang. La complémentaire santé reste certes modeste dans son activité, puisqu’elle ne contribue qu’à hauteur de 13% de son chiffres d’affaires et à 25 M€ de son résultat net de 182 M€. Mais c’est l’un des moteurs de son dynamisme commercial. Et sa progression en 2014 est essentiellement liée à l’intégration de la Mutuelle nationale des personnels d’Air France (MNPAF).

Globalement, le classement dégage plutôt une image de stabilité, avec une surperformance de quelques acteurs. Chez Crédit agricole Assurances, on explique la croissance supérieure de plus de deux fois à celle du marché (3% selon le Fonds CMU) par « une anticipation de l’arrivée de l’accord national interprofessionnel » [ANI de janvier 2011]. « Nous avons concentré nos efforts sur les seniors, qui ne sont pas concernés par la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés au 1er janvier 2016 », indique le directeur des assurances collectives, Pierre Guillocheau.

En attendant les réformes

En fait, 2014 apparaît comme une année de transition pour le marché. Plusieurs assureurs complémentaires présents dans le top 30 évoquent un « environnement déstabilisé par la préparation des réformes, dans lequel il a fallu préparer l’adaptation des offres tout en veillant à la satisfaction des clients ». Une référence à la réforme des contrats complémentaires santé responsables engagée par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2014, dont les textes d’application se sont fait attendre – le dernier, une circulaire de la Direction de la sécurité sociale, étant sorti au début de 2015.

L’année 2014 a aussi fait figure de veillée d’armes, dans la perspective de la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés au 1er janvier 2016. Tous les répondants au classement évoquent cette bascule annoncée du marché de l’individuel vers le collectif comme leur priorité. À l’attente des textes réglementaires s’est ajoutée l’ouverture tardive des négociations de branche, comme le montrait le dossier de L’Argus du 3 juillet, tant et si bien qu’il n’y a pas d’effet ANI visible dans les chiffres de 2014. « La clientèle des TPEPME qui n’est pas encore équipée en complémentaire santé perçoit l’ANI comme une contrainte. J’ai rencontré des clients professionnels et entreprises en agence qui disent clairement qu’ils se décideront à la dernière minute », explique Pierre Guillocheau, qui évoque une certaine « effervescence » du marché.

Ce n’est qu’un début…

Dans ce contexte d’attentisme, il faut prendre un peu de recul pour mesurer la recomposition du marché. Depuis cinq ans, le ticket d’entrée dans le top 10 a grimpé en flèche (+50%). Et ce n’est pas terminé. Dans le classement 2010, seuls huit opérateurs dépassaient le milliard d’euros. Cette année, ils sont onze. Et si l’on projette les opérations annoncées, leur nombre va s’accroître. Leur poids aussi : en 2010, les dix premiers du classement totalisaient 13,1 Md€ de cotisations. En 2015, ils pèsent 17,7 Md€. Et les vingt premiers pèsent 24,7 Md€, soit 87% du chiffre d’affaires des trente premiers (28,3 Md€). Si l’on prend les statistiques du Fonds CMU, qui chiffre le marché à 33,9 Md€, les vingt premiers pèsent 73% du marché global.

La loi de Pareto (dite aussi règle des 80/20), chère aux économistes, s’applique désormais quasiment à la complémentaire santé. Cela ne signifie pas pour autant que le secteur a atteint un degré de maturité et de concentration optimale : dans des secteurs concentrés comme le high-tech, prévalent plutôt des ratios de 90/10. Mais de quoi demain sera-t-il fait ? Il y a un an, personne n’aurait parié un centime sur le rapprochement en cours entre Harmonie Mutuelle et la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.

Alix Pradère, associée et fondatrice du cabinet Opusline « Une prime aux leaders »

  • Que retenez-vous dans l’évolution du marché ?
Les plus fortes croissances sont chez les plus grands acteurs du marché, ce qui traduit une sorte de prime aux leaders. D’ailleurs, les positions sont relativement stables, puisque seulement deux acteurs sont entrés dans les dix premiers en cinq ans. Simultanément, le poids de ces dix leaders s’est accru de près de dix points, passant de 43 à 52 % du marché global.
  • Les jeux sont-ils faits, ou la hiérarchie va-t-elle être bousculée ?
Si l’on considère les rapprochements annoncés, le marché de demain se dessine assez clairement. Cela dit, en assurances de personnes, il faudrait prendre en compte la prévoyance pour avoir une vision complète. Quant aux bancassureurs, ils devraient gagner des parts en collectif, qui pourraient manquer aux acteurs traditionnels les plus fragiles. Ils créent déjà une émulation portée par des réseaux de distribution non spécialisés.

NC : non communiqué.
1. Brut de réassurance, hors acceptations.
2. Le montant des prestations santé 2013 ne peut pas être comparé à celui de 2014, exprimé en brut de réassurance y compris les acceptations.
3. La variation s’explique notamment par l’intégration en 2014 de ViaSanté Mutuelle et de la Mutuelle du ministère de la Justice (MMJ). 4. Les montants 2013 ont été recalculés, ils ne peuvent être comparés à ceux publiés dans notre édition de 2014.
5. Y compris Apgis et SMI.
6. Les montants de 2013 ont été retraités par rapport à l’édition de 2014 à la suite d’un changement de périmètre, une partie des activités santé ayant été transférée vers une autre société du groupe.
7. Y compris Myriade, fusionnée avec Eovi MCD au 1er janvier 2014. Les montants 2013 ont été recalculés et tiennent compte de la fusion.
8. Hors ACMN IARD.
9. La variation s’explique notamment par l’intégration de la Mutuelle nationale des personnels Air France ( MNPAF) en 2014.
10. Le nombre de personnes couvertes en 2013 ne peut pas être comparé à celui publié dans notre édition de 2014, ce dernier ayant été recalculé.

Un accordéon qui s’étire

Au fil des ans et des rapprochements, les groupes de protection sociale et les mutuelles 45 prennent de plus en plus de poids dans le haut du classement en affaires directes. Le rapprochement annoncé entre Harmonie Mutuelle et la MGEN donnant naissance à une nouvelle union mutualiste de groupe (UMG) dépassant les 4 Md€, la création d’une Sgam par Malakoff-Médéric et La Mutuelle générale ainsi que la future UMG Adréa-Apreva-Eovi-MCD-Solimut devraient accentuer le phénomène, refoulant hors du podium les assureurs Axa et Groupama. À l’autre extrémité du classement, le ticket d’entrée reste stable autour de 200 M€. Et les rapprochements en cours pourraient ouvrir la porte à des acteurs aujourd’hui en dessous de ce seuil.

Les mutuelles accentuent leurs rapprochements

Jusqu’où ira la concentration des organismes mutualistes ? L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a recensé 599 mutuelles du livre II en 2013, soit moitié moins qu’en 2006, et le mouvement est loin d’être fini, comme le montrent tous les projets de rapprochement en cours. Le plus symbolique est évidemment l’annonce par Harmonie Mutuelle et la MGEN de leur projet de regroupement au sein d’une union mutualiste de groupe (UMG). Mais la future UMG entre MNH et Groupe Pasteur Mutualité ou la création d’une Sgam par La Mutuelle générale et Malakoff-Médéric sont tout autant révélatrices. Certes, les mutuelles restent le premier acteur en santé, avec 54 % du marché. Mais la concurrence est rude, et elles ont perdu six points depuis 2001 au profit des sociétés d’assurances. La généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés les fragilise et les pousse à se consolider.

La santé individuelle continue de progresser

C’est le signe clair d’une certaine inertie du marché global de la complémentaire santé : l’assurance individuelle continue de progresser malgré la perspective de l’Ani. Hormis les hausses à deux chiffres liées à des rapprochements (chez Macif et AG2R-La Mondiale), les progressions peuvent être difficiles à analyser, dans la mesure où les variations peuvent être liées à des politiques tarifaires. C’est en particulier le cas chez les mutuelles. La Mutuelle nationale territoriale (MNT, membre du groupe Istya), par exemple, avait décidé de faire un geste et de ne pas augmenter ses tarifs en 2014. Chez les mutuelles de la fonction publique, ce facteur se conjugue avec une stagnation de la population cible. À noter que l’union mutualiste de groupe Solimut, créée pour attaquer le marché du collectif, recule sur ce dernier et progresse en individuel.

Les paritaires conservent leur suprématie

Pas moins de 18 acteurs sur 25 du marché collectif affichent une progression des cotisations encaissées en 2014. Et 14 d’entre eux connaissent une croissance supérieure à celle du marché de la complémentaire santé (3 %). Sachant que le basculement du marché vers la collective ne s’est pas encore produit, on en déduit logiquement que cette croissance s’est opérée soit au détriment de plus petits opérateurs, soit du fait de redressements tarifaires. Les spécialistes de l’assurance collective que sont les groupes de protection sociale font mieux que résister et tiennent leurs rangs. De toute évidence, la décision du Conseil constitutionnel censurant les clauses de désignation n’a eu aucun impact sur leur activité commerciale. Outre les paritaires, Allianz, Axa, et Harmonie Mutuelles surperforment.

NC : non communiqué.
1. Brut de réassurance hors acceptations.

La réassurance, outil de développement d’affaires

C’est une particularité bien française. Compagnies, mutuelles et institutions de prévoyance ont tissé, parfois historiquement, des liens croisés de réassurance. Cette coréassurance horizontale, qu’il s’agisse d’acceptations et/ou de cessions, s’apparente généralement à des partages d’affaires, lesquels présentent trois avantages : opportunité de développement sur de nouvelles affaires, partage des risques sur un même portefeuille et maîtrise des coûts. Avec près de 43 % de son activité (soit 1 469 M€) réalisés au moyen d’acceptations, Axa fait figure de plus gros « preneur » de réassurance santé en France auprès des mutuelles et des institutions de prévoyance. Dans des proportions moindres, 20,5 % du chiffre d’affaires santé de Generali, soit 208 M€, proviennent d’acceptations. Un chiffre qui tombe à 13% pour Malakoff- Médéric, soit 240,8 M€. A contrario, Humanis (367 M€), AG2RLa Mondiale (340 M€) et Klesia (299 M€) constituent le podium des principales cédantes en réassurance santé.

Méthodologie

  • Le périmètre retenu est celui de l’activité complémentaire santé en 2014, en France, réalisée par tous les types d’organisme (sociétés ou mutuelles d’assurances, bancassureurs, groupes de protection sociale, mutuelles et unions de mutuelles).
  • Le classement est réalisé sur la base des cotisations de frais de soins, hors taxes (hors couverture maladie universelle et taxe spéciale sur les conventions d’assurances), brutes de réassurance et hors acceptations (« affaires directes »).

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