Thomas Saunier (Malakoff Médéric Humanis) : « Nous avons des choix à faire, autant les faire rapidement »

Thomas Saunier (Malakoff Médéric Humanis) : « Nous avons des choix à faire, autant les faire rapidement »
photos : SYLVIE HUMBERT Thomas Saunier, directeur général de Malakoff Médéric Humanis.

Depuis le 1er janvier 2019, Malakoff Médéric et Humanis ne font qu’un. Un rapprochement entériné voilà un peu plus de six mois par les administrateurs des deux groupes paritaires. Le directeur général du nouvel ensemble, Thomas Saunier, détaille les futures étapes de ce chantier mené au pas de charge auprès de François Limoge et Gwendal Perrin.

Argus de l'Assurance : Le rapprochement des structures des ex-groupes Humanis et Malakoff Médéric est-il achevé ?

Thomas Saunier (Malakoff Médéric Humanis) : Le groupe Malakoff Médéric Humanis dispose depuis le 1er janvier d’une seule association sommitale et d’une Sgam faîtière. Nous disposons d’une unique association de moyens (structure employeuse) pour la retraite complémentaire comme pour l’assurance de personnes. Un comité exécutif unique a été mis en place au 1er janvier et chacun de ses membres a la mission de définir l’organisation des directions dont il a la charge au cours de ce premier semestre. Nous commencerons par la direction du développement et du marketing d’ici à la fin janvier. Sur le plan opérationnel, la fusion est donc fortement engagée : nous proposerons un certain nombre de simplifications lors de notre assemblée générale de juin. Faut-il fusionner la Sgam faîtière avec la Sgam Malakoff Médéric et la Sgaps Humanis développement solidaire ? Ce n’est pas exclu. Se posera également la question du rapprochement des institutions de retraite complémentaire ainsi que des institutions de prévoyance.

Comment se positionne ce nouveau groupe dans l’univers très concurrentiel de l’assurance ? Est-ce que vous entendez mettre en avant son positionnement en collective ?

Le groupe définira son projet d’entreprise et ses orientations stratégiques d’ici à la fin mars. Malakoff Médéric réalisait effectivement 85% de son activité en santé et prévoyance collectives et c’était également le cas pour Humanis. Donc, oui, le nouveau groupe MMH est un acteur spécialisé en assurance collective. Je me méfie toujours de la dispersion d’énergie. Nous n’excluons pas la santé et la prévoyance individuelles mais, sur cette activité, nous n’avons pas les réseaux de distribution nécessaires pour en faire une priorité. Notre approche est donc plutôt opportuniste dans ce domaine. Concernant la retraite supplémentaire et l’épargne salariale, nous attendons la publication des décrets d’application de la loi Pacte pour y voir plus clair et nous positionner sur cette activité.

Quelle sera la politique produit du nouveau groupe ?

Le groupe proposera une offre unique en santé et en prévoyance pour les affaires nouvelles dès le 1er avril. Nous avons des choix à faire, autant les faire le plus rapidement possible. L’activité est très saisonnière et plus vite nous serons en ordre de marche, mieux nous aborderons la campagne 2019. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons mis en place un guichet unique pour le courtage dès le 1er janvier. Cette offre unique concerne tant les contrats d’assurance que les services qui les accompagnent. Ce travail d’harmonisation demandera un peu plus de temps pour le stock. Au 1er janvier 2020, le groupe proposera un seul réseau de soins et un seul opérateur de tiers payant. Concernant le volet prévention, Malakoff Médéric disposait, avec sa démarche Entreprise Territoire de Santé, d’une réelle avance sur la concurrence. Les services restent notre axe de différenciation majeur et nous allons continuer à investir dans leur développement. Nous travaillons également sur notre politique de partenariats : son optimisation devrait être bouclée d’ici à la fin du premier semestre 2019.

Vous avez évoqué le courtage, un mode de distribution très présent chez Malakoff Médéric. Est-ce que le taux de 50 % d’affaires courtées est un objectif pour le nouveau groupe ?

J’observe, comme l’ensemble du secteur, que le marché de l’assurance de personnes dans son ensemble est de plus en plus courté : aucune raison, par conséquent, de faire machine arrière ! Notre objectif est de faire partie, à terme, des deux marques préférées des courtiers. Les pratiques sur le courtage n’étaient effectivement pas identiques chez Malakoff Médéric et Humanis, mais la définition de notre projet d’entreprise a aussi pour but d’harmoniser nos approches sur ce sujet.

Est-ce que cette volonté d’harmonisation concernera également les branches professionnelles ?

Le groupe doit-il conserver une marque dédiée aux couvertures de branche, comme Humanis en a fait le choix avec Adéis, ou faut-il aborder ce marché sous sa propre marque comme le font les autres groupes paritaires ? La décision est en cours. (NDLR : Humanis Prévoyance et l'Ipsec ont démissionné d'Adéis fin 2018 : le prochain conseil d'administration du groupement assurantiel de protection sociale devrait être l'occasion d'y mettre un terme.)

Allez-vous conserver ce nom de Malakoff Médéric Humanis ?

Dans le cadre du projet d’entreprise, nous validerons une stratégie de marque et un nom définitif. Le nom de Malakoff Médéric Humanis est objectivement un peu long, et il est envisageable que le groupe change de nom en 2020. Faut-il conserver une ou deux composantes de la dénomination actuelle ou alors déterminer un nouveau nom ? Plusieurs options sont possibles…

Comment se présentent vos résultats pour l’année 2018 ?

Les résultats définitifs seront validés en avril. Mais on peut d’ores et déjà dire que le groupe a connu sur le périmètre Malakoff Médéric une année historique en production d’affaires brutes et nettes, et cela, alors même que le marché a beaucoup moins bougé qu’en 2017. Ces résultats sont clairement la démonstration de l’efficacité de notre stratégie de segmentation, de notre distribution multicanale et de notre travail de fidélisation du portefeuille. L’analyse est différente sur le périmètre Humanis, où les résultats montrent un bon travail d’indexation et de redressement dans une perspective de retour vers l’équilibre.

Le nouveau comité exécutif du groupe fait la part belle aux ex-Malakoff Médéric, incluant seulement deux anciens d’Humanis. Pourquoi ce déséquilibre ?

Sur les douze personnes en provenance de Malakoff Médéric, six ne travaillaient pas pour le groupe il y a deux ans. Il y a aussi eu un certain nombre de départs récents au sein du groupe Humanis. Ceci étant dit, tous les dirigeants que j’ai croisés en phase de post- fusion de groupes et qui avaient voulu coûte que coûte parvenir à un tel équilibre dans la représentation des deux groupes l’ont rapidement regretté… Mon choix s’est fait sur des critères de compétence et de résultats. Pour moi, ce sujet n’en sera plus un dans six mois.

Le nouveau groupe est-il prêt à intégrer de nouveaux partenaires ? Et a contrario, le rapprochement pourrait-il entraîner des départs ?

Le groupe Malakoff Médéric Humanis est prêt à accueillir de nouveaux membres qui partageraient notre projet d’entreprise, des synergies financières et commerciales, et qui pourraient participer à la solidarité financière du groupe. Le 13 juin dernier, le principe du rapprochement a été validé de façon unanime par l’ensemble des affiliés des deux groupes. Nous travaillons aujourd’hui avec ces différentes entités, qu’elles soient mutualistes ou paritaires, au développement de stratégies commerciales communes.

La constitution de ce nouveau groupe aura un impact sur l’emploi. Quel accompagnement pour vos quelque 12 000 collaborateurs actuels ?

Nous avons très tôt pris des engagements sociaux forts sur le sujet : pas de plan social, pas de départ économique contraint ni de mobilité géographique contrainte en dehors des bassins d’emploi, pas de baisse de classification pour les salariés… La pyramide des âges au sein du groupe est à notre avantage et nous aidera à trouver les synergies attendues. Nous avons d’autres leviers : l’internalisation de certaines prestations jusqu’alors externalisées, par exemple. Certains collaborateurs seront accompagnés dans une évolution de compétence ou de métier. Les synergies attendues nous permettront des gains de productivité que nous estimons à 100 M€ sur les quatre prochaines années.

Une des difficultés souvent rencontrées suite à des fusions est de créer une réelle culture commune entre entités travaillant séparément auparavant. Comment comptez-vous y parvenir ?

Les ADN de nos deux organisations ne sont, en soi, pas si différents. Mais faire évoluer une culture d’entreprise est un processus qui prend du temps, entre trois et cinq ans. Développer plus d’agilité, de transversalité et de responsabilisation fait partie des enjeux de notre projet d’entreprise. L’effort managérial sera donc important au cours des prochaines années. Les discussions sur le futur statut commun viennent de débuter mais d’ores et déjà, cinq accords collectifs sous l’appellation Malakoff Médéric Humanis ont été signés.

Une de mes premières actions après l’officialisation de la fusion a été d’aller voir les organisations syndicales locales sur le terrain, c’était l’une des premières fois que cela se faisait. Lors de ces rencontres, j’ai pu constater un fort engagement des collaborateurs.

Le champion du collectif

  • Premier assureur...
    - ... en santé collective

    2,7 Md€ (3,2 Md€ au total en santé) (1)
    - ... en prévoyance collective
    2 Md€ (2,15 Md€ au total en prévoyance) (1)
    - ... en recommandations de branches
    82 recommandations en prévoyance et
    54 en santé sur un total de 93 branches (2)
  • Deuxième groupe de protection sociale
    6,2 Md€
    de chiffre d’affaires (2)
    1. Sources : Classement 2018 de la santé ; Classement 2018 de la prévoyance et Cotisations en affaires directes, L’Argus de l’assurance.
    2. Source : Malakoff Médéric Humanis.

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 15 novembre 2019

ÉDITION DU 15 novembre 2019 Je consulte

Emploi

KAPIA RGI

Développeur Oracle PL / SQL (F/H)

Postuler

CIBLEXPERTS

Expert RC CHIMISTE H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Assurances Risques dommages aux biens et Risques Annexes.

Ville d'Epinay sous Sénart

17 novembre

91 - EPINAY SOUS SENART

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Thomas Saunier (Malakoff Médéric Humanis) : « Nous avons des choix à faire, autant les faire rapidement »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié