2015, année décisive pour Generali France

2015, année décisive pour Generali France
Stephane LAGOUTTE / Challenges-REA Éric Lombard, directeur général de Generali France.

Les mesures de redressement mises en œuvre ces dernières années commencent à porter leurs fruits. 2015 sera une année décisive pour Generali France, qui doit maintenant transformer l’essai pour contribuer au jeu plus offensif que sa maison mère entend mener.

Rémission ou guérison ? C’est à la publication des résultats 2015 que se juge­ra véritablement l’état de santé de Generali France et la pertinence des actions mises en œuvre par Éric Lombard depuis son arrivée à la tête de la filiale française du groupe italien, il y a deux ans. Remettre Generali France sur les rails d’une « croissance rentable » ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Comme le rappelle Éric Lombard, «le redressement des activités s’opère dans un contexte difficile et ce, dans tous les segments de marché».

Objectifs financiers à l’horizon 2018

  • 1,25 Md€ d’investissements.
  • 500 M€ d’économies sur les frais généraux pour la période 2017-2018, soit 1,5 Md€ depuis 2012.
  • >7 Md€ de cash flow net disponible sur la période 2015-2018.
  • >5 Md€ de dividendes cumulés pour la période 2015-2018.

L’état du marché

Les indicateurs au 30 septembre 2015 évoluent dans le bon sens (voir ci-dessous). En assurance dommages, le ratio combiné est enfin passé sous la barre des 100 %. Mais les neuf premiers mois de l’année ont été relativement calmes sur le plan des catas­trophes naturelles. Le ­dernier trimestre a en revanche déjà été perturbé, notamment par les inondations des Alpes-Maritimes. « Aujourd’hui nous ne sommes probablement pas dans une situation qui nous permette d’être en dessous des 100 % de ratio combiné à la fin de l’exercice 2015, mais les sous-jacents sont un peu meilleurs et nous devrions être en dessous de 100 % en 2016 même avec un événement naturel du même type », commente Éric Lombard. Les mesures d’assainissement du portefeuille pèsent encore sur les activités d’assurance dommages, pilotées en « privilégiant la qualité des souscriptions, pas le chiffre d’affaires ». « Sur un marché très concurrentiel, les affaires nouvelles augmentent en 2015, mais les résiliations restent importantes, tirées en grande partie par la fin du redressement technique sur des branches mineures, d’où une légère baisse de chiffre d’affaires cette année, de l’ordre de 1 % à 2 %. La situation devrait se stabiliser en 2016 », préci­se le directeur général. En assurance vie, les indicateurs sont au vert. La réorientation de l’activité, qui a débuté plus tôt qu’en domma­ges, n’est pour autant pas terminée étant donné l’environnement peu favorable. « Nous avons un actif de bonne qualité que nous ne voulons pas diluer. Aujourd’hui, nous ne prenons plus d’affaires ne comportant pas au moins 40 % d’unités de compte », explique Éric Lombard. Dans le domaine de la complémentaire santé des salariés, Generali France dit prendre des parts de marché. Mais sur ce marché très concurrentiel (et très scruté) à l’approche de l’échéance du 1er janvier 2016, certains s’interrogent sur les équilibres techniques acceptés par le groupe italien au vu des tarifs pratiqués.

"Le redressement des activités s’opère dans un contexte difficile et ce, dans tous les segments de marché."

"En 2015, nous devrions être en capacité de verser un dividende normal."

Éric Lombard, directeur général de Generali France

Retour à la normale

Globalement, à ce stade, le plus dur a été fait selon Éric Lombard : « En IARD, nous avons désormais un bon taux de couverture des provisions et en assurance vie nous avons réalimenté la provision pour participation aux excédents. Le travail de renforcement des réserves et du bilan est terminé. Nous sommes revenus à un fonctionnement normal. »

À l’issue des exercices 2013 et 2014, Generali France n’a pas versé de dividendes à sa maison mère alors même que la contribution des filiales aux performances du groupe est devenue un indicateur clé. Cette exception avait pour objectif de « permettre de retrouver un niveau de capitalisation satisfaisant par rapport aux ambitions de développement d’une croissance rentable », justifie Éric Lombard. Mais « en 2015, nous devrions être en capacité de verser un dividende normal », assure-t-il. La remise à flot de la filiale portant pavillon français est d’autant plus importante que le groupe italien, à peine sorti d’un régime drastique, affiche des objectifs ambitieux (lire ci-contre). Pour contribuer comme elle l’entend à l’atteinte des objectifs de sa maison mère, la filiale française aura à confirmer les signaux positifs et à accélérer le déploiement de son plan stratégique. Baptisé « We, demain », il consiste à mettre en place une organisation davantage tournée vers les clients et basée sur la « multidistribution ».

Un projet qui « nécessite encore une simplification de notre offre afin de ne plus avoir de produits vendus exclusivement par un réseau, cela implique aussi d’être en mesure de reconnaître un client quel que soit le canal par lequel il entre en relation avec nous », précise Éric Lombard. Le décloisonnement des réseaux a été amorcé. Generali France a par exemple mis en place une plateforme téléphonique à Montluçon, qui emploie une quarantaine de personnes formées à l’assurance vie qui interviennent en appui des agents généraux. La machine commerciale de Generali France est réenclenchée. Les chantiers ont démarré. Mais pendant ce temps, Allianz France et Axa France ne baissent pas la garde.

En assurance vie, la réorientation de l’activité démarrée assez tôt s’est traduite par une décollecte massive pendant deux exercices. Mais depuis 2011, le résultat opérationnel n’a cessé de progresser. Reste à maintenir le cap dans un contexte de taux bas.

En assurance dommages, le redressement reste à confirmer. Les mesures d’assainissement du portefeuille se répercutent encore sur le chiffre d’affaires. Le ratio combiné est revenu sous la barre des 100 % mais jusqu’au 30 septembre, 2015 a été relativement calme sur le plan des événements climatiques.

Un groupe qui a placé la barre haut, MARIO GRECO, directeur général de Generali

Les objectifs du plan 2012-2015 ayant été atteints avec un an d’avance, Mario Greco, le directeur général de Generali, affiche désormais une stratégie plus offensive. Annoncée en mai 2015, elle consiste à faire du groupe italien « the retail insurance leader in Europe ». Une formulation qui a prêté à confusion en France. Il ne s’agit pas comme l’indiquait la filiale française dans un communiqué, de devenir « le leader de l’assurance des particuliers en Europe » mais plutôt – pour filer la métaphore bancaire – de jouer dans la catégorie des BNP Paribas plutôt que des Goldman Sachs. En clair, le groupe italien veut devenir « le premier assureur généraliste distribuant par différents réseaux de vente sur tous les segments de marché », commente Éric Lombard. Autrement dit : le « lion de Trieste » (70 Md€ de chiffres d’affaires en 2014) entend se frotter plus directement aux deux ténors européens, Allianz (122 Md€) et Axa (92 Md€), qui ont creusé les écarts ces dernières années.

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