Actuaires, la fin de l'âge d'or

Actuaires, la fin de l'âge d'or

Après avoir bénéficié pendant longtemps de fortes augmentations, les actuaires voient leurs salaires se stabiliser. Mais ces professionnels conservent une place à part dans les entreprises.

Dans l'assurance, les rémunérations ne devraient pas progresser significativement en 2014, et « même les métiers qui avaient connu de fortes hausses jusque-là, comme les actuaires, stagnent désormais », indique Charlotte Molina, senior consultante de la division assurance de Robert Walters. Après Altedia, qui annonçait le 6 février que les enveloppes budgétaires des acteurs du secteur seraient inférieures à celles de l'an dernier (lire l'Argus de l'assurance du 31 janvier), le cabinet Robert Walters établit le même constat, lors de la publication de son enquête sur les évolutions de rémunérations.

Comment expliquer que cette profession des actuaires, habituée plutôt à voir sa rémunération progresser de 10 à 15% par an, rentre dans le rang ? Le contexte économique incertain, qui touche le secteur, semble l'une des réponses. « Jusqu'à récemment, les entreprises n'avaient pas le choix, elles devaient accorder des augmentations totalement démesurées pour attirer ces métiers dans leurs filets. Désormais, elles ont la possibilité de ne pas s'aligner sur les demandes des candidats et de recruter à la place un chargé d'études actuarielle, avec un salaire moins élevé mais un niveau de compétence et d'expérience équivalent », observe Charlotte Molina.

Jouer sur la part variable

QUI SONT-ILS ?

  • 3 200 Le nombre d'actuaires en France.
  • 160 Le nombre approximatif de nouveaux actuaires diplômés chaque année.
  • 40 000 € Le salaire annuel moyen pour un actuaire débutant.
Considérés pendant longtemps comme des denrées rares, les actuaires diplômés seraient désormais plus nombreux sur le marché. Les formations labellisées par l'Institut des actuaires diplômeraient notamment davantage d'étudiants, entre 150 et 160 par an. « Du coup, si les candidats au poste d'actuaire sont moins rares, ils sont moins chers sur le marché », explique la consultante de Robert Walters.

Une autre question se pose : si les entreprises ne sont plus en capacité d'offrir des augmentations conséquentes à leurs actuaires, comment faire pour conserver cette population réputée volatile ? « Lorsque les budgets d'augmentations générales sont serrés, les entreprises tentent de récompenser leurs actuaires, via la part variable et d'autres avantages », indique Louise Enescaux, consultante en assurance chez Hudson France.

Selon le cabinet de conseil en ressources humaines, qui a réalisé un zoom à la fin de l'année 2013 sur la rémunération des candidats à ces postes d'« ingénieurs de la gestion du risque », 79% des actuaires bénéficient d'une part variable aujourd'hui. Et l'étude révèle qu'en moyenne 15% des actuaires ont des stock-options, tous secteurs de l'assurance confondus.

Le package de rémunération n'est pas le seul moyen de fidélisation. « Au-delà du salaire, l'actuaire est motivé par le fait de progresser intellectuellement. La profession étant confrontée à des évolutions, le diplôme initial ne suffit plus. Pour mettre à jour leurs connaissances, afin d'obtenir leur certification ou des titres tels qu'actuaire expert ERM ou la qualification in-ternationale en gestion des risques baptisée " Cera " (Chartered Enterprise Risk Actuary), les actuaires cherchent en permanence à développer leurs compétences », remarque Louise Enescaux.

Encore loin de la crise

La consultante en assurance de Hudson France ajoute : « De plus en plus d'entreprises doivent être en mesure de donner les moyens à leurs salariés d'obtenir un maximum de points à leur " plan de perfectionnement professionnel continu " créé par l'Institut des actuaires. »

Pour autant, malgré cette stabilisation de son salaire, l'actuaire conserve une place à part dans l'entreprise. « Comme il évalue l'impact financier du risque, il occupe toujours un rôle central. Il y a même aujourd'hui une démultiplication de l'utilisation de ses compétences au sein des compagnies d'assurances. Si bien qu'au final sa rémunération reste bien supérieure aux autres métiers », observe Thierry Mageux, business development director de Robert Half Financial Services. Selon l'enquête Robert Walters, un jeune actuaire n'ayant que trois ans d'expérience peut ainsi espérer gagner jusqu'à 70 000 € par an. La crise est donc encore loin de toucher cette profession.

COMBIEN GAGNENT-ILS?

Fourchette de salaire annuel moyen d’un actuaire ayant 3 à 6 d’expérience

le contexte économique incertain et le plus grand nombre d’actuaires diplômés ont notamment pour conséquence de freiner l’évolution des salaires.

CHRISTOPHE EBERLÉ, VICE-PRÉSIDENT DE L'INSTITUT DES ACTUAIRES

« La normalisation des salaires est positive, cela signifie que le marché se rationalise »

Avez-vous constaté un ralentissement de la hausse des salaires pour les actuaires diplômés ?

En effet, il y a une stabilisation de leur rémunération. Il faut signaler que l'environnement a évolué. Avec la crise, les compagnies d'assurances ne disposent pas forcément des mêmes moyens financiers pour leurs projets qu'il y a quelques années, et elles s'estiment désormais pourvues en actuaires. Les assureurs ne sont donc plus disposés à surpayer les candidats à l'emploi. Au final, cette normalisation des salaires est positive pour la profession. Cela signifie que le marché se rationalise, et donc se pérennise. De plus en plus d'acteurs de l'assurance font appel à des non-diplômés.

Qu'en est-il de cette concurrence ?

Même s'il s'est accru, ce phénomène a toujours existé. Nous sommes partisans de cette concurrence, qui est plutôt une complémentarité. Un temps, les compagnies avaient tendance à recruter des actuaires pour qu'ils traitent tous les maillons de la chaîne des risques de l'entreprise. Or, même s'il possède des compétences étendues et pointues, l'actuaire ne peut pas, et ne doit pas, s'occuper de tout. Il doit être entouré d'autres intervenants techniques, moins qualifiés éventuellement. C'est pourquoi nous encourageons cette articulation.

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