AG2R La Mondiale et Matmut, unis pour la taille critique

AG2R La Mondiale et Matmut, unis pour la taille critique
Xavier Renauld André Renaudin (à gauche), DG du groupe de protection sociale AG2R La Mondiale, et Nicolas Gomart (à droite), dg de la Sgam Groupe Matmut.

Le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale et le mutualiste Matmut entendent créer un groupe diversifié pesant plus de 12 Md€.

«Premier groupe de protec­tion sociale des personnes et de leurs biens », « premier groupe paritaire et mutualiste à entrer dans le Top 10 en France toutes familles confondues », « troisième assureur de personnes hors groupes bancai­res » : à entendre André Renaudin, directeur général d’AG2R La Mondiale, s’exprimer le 18 janvier dernier lors de la présentation à la presse du projet de rapprochement avec Matmut, on ne pouvait s’empêcher de penser que le but de l’opération était d’abord la recherche de la taille critique.

Plus forts ensemble

De toute évidence, le « big is beautiful » connaît une vogue sans précédent dans le monde paritaire et mutualiste. Le discours des deux dirigeants le montre sans ambages. « Ce qui nous a poussés à ce rapprochement, ce sont les synergies de revenus qui sont potentiellement très impor­tantes », a affirmé Nicolas Gomart, directeur général de la Matmut. Des synergies qui permet­tront, selon lui, d’affronter les « quatre cavaliers de l’Apocalypse » que sont « la baisse des taux d’intérêt, l’avalanche réglementaire, la concurrence accrue des bancassureurs sur l’assurance dommages et la digitalisation ». Côté calendrier, les deux dirigeants lancent d’ailleurs la caval­cade. Habitués à se côtoyer dans les instances professionnelles, ils n’auraient commencé à discuter qu’en septembre dernier, cultivant le plus grand secret avant de dévoiler leur projet quelques semai­nes plus tard, le 28 novembre. Et le timing des mois à venir s’inscrit dans cette lancée (lire infographies ci-contre).

Après la consultation des instan­ces représentatives du personnel et les premiers travaux sur les sujets réglementaires, le projet devrait être présenté aux conseils d’administration des entités des deux groupes en mars et avril, pour être soumis aux assemblées générales en mai et juin prochains. Sous réserve de la validation de l’Autorité de contrôle pruden­tiel et de résolution (ACPR), un nouveau groupe prudentiel serait constitué au 1er janvier 2019. Mais les travaux de rapprochement proprement dits devraient être lancés dès le second semestre 2018 avec la mise en place d’une gouvernance opérationnelle en « mode projet ».

Les deux dirigeants s’évertuent à afficher une belle unité. « Nous nous sommes entendus sur l’essentiel », a affirmé André Renaudin à propos de la structure et de la gouvernance. Pour aboutir rapidement au schéma cible (voir infographies), Matmut SAM adhé­rera à l’association sommitale d’AG2R La Mondiale.

Une Sgam au sommet

La Mondiale (ndlr : et ses filiales) rejoindra la Sgam (société de groupe d’assurance mutuelle) Groupe Matmut, qui sera rebaptisée Sgam La Mondiale Matmut. Ainsi, la Sgam AG2R La Mondiale deviendra la faîtière du nouvel ensemble et accueillera deux administrateurs issus de la Matmut. La solidarité financière entre les membres de cette nouvelle structure sera « totale », a précisé André Renaudin. Celui-ci devrait être candidat à la direction générale du futur ensemble, appuyé par Nicolas Gomart au poste de directeur général délégué, titre qui fait de lui le dauphin du patron d’AG2R La Mondiale…

Une transition en douceur

Ce n’est toutefois pas au printemps 2019 que les agences Matmut vendront les produits de santé, retraite ou prévoyance d’AG2R La Mondiale, ni que les agences du groupe paritaire et mutualiste distribueront de l’assu­rance auto ou MRH sous marque Matmut. Le cross-selling a beau être important, « il demandera beaucoup de travail techni­que, de formation et d’organisation », a fait remarquer André Renaudin. Il n’y aura donc « pas de grand soir » et les deux marques devraient continuer de cohabiter. Les quelque 660 agences du futur groupe (voire infographies) conserveront, au moins temporairement, leur champ d’action respectif. D’autant plus qu’il n’y a pratiquement pas de risque de concurrence interne. Cela vaut notamment pour les principales mutuelles santé : côté AG2R La Mondiale, Viasanté bénéficie d’un fort ancrage en Midi-Pyrénées tandis que, côté Matmut, Ociane est en position de force dans le Sud-Ouest et que Solimut – qui doit rejoindre Matmut – est bien implanté dans le Sud-Est. Par ailleurs, s’il est prévu que les mutuelles gardent leurs attaches actuelles par rapport aux deux groupes, ces derniers pourraient constituer une union de représentation commune pour gagner en poids au sein des instances de la Mutualité française (FNMF).

Les partenariats respectifs resteront aussi « inchangés ». Matmut ne coupera pas les ponts avec la Macif et continuera de distribuer les produits de sa filiale Mutavie, jusqu’à échéance de ces accords de distri­bution. Le mutualiste conservera également son partenariat avec le bancassureur BNP Paribas Cardif en matière d’IARD.

Reste une question à laquelle les deux dirigeants n’ont pas apporté de réponse : qui a le plus intérêt à ce rapprochement ? Le seul besoin de diversification, dans une perspective de multiéquipement et de fidélisation des clients, n’expli­que pas tout. En intégrant la mutuelle santé Ociane, la mutuelle Mutlog spécia­lisée en emprunteur ainsi que le groupe Solimut, Matmut avait déjà entrepris d’élargir son activité au-delà de son cœur de métier historique, l’auto et l’habita­tion des parti­culiers. De son côté, même s’il n’en faisait pas son cheval de bataille, le groupe paritaire proposait déjà à ses clients d’assurer leur logement, leur voitu­re et même leur animal de compagnie… La réponse serait-elle plutôt à chercher du côté des indicateurs écono­miques, financiers et prudentiels ? Le rapprochement ne fera pas que renforcer les deux partenaires vis-à-vis de leurs concurrents classiques. Il leur procurera aussi des capacités d’investissement et d’expertises accrues face aux enjeux de digitalisation décisifs pour l’ensemble du marché.

Un ressort financier

Il devrait aussi consolider les fondamentaux financiers d’AG2R La Mondiale et de Matmut, qui affichaient respectivement des taux de couverture de marge de solvabilité de 213 % et 183 % – le ratio pro forma du futur ensem­ble n’a toutefois pas été calculé à ce jour. À n’en pas douter, une motivation clé pour le plus gros des deux, AG2R La Mondiale qui fait régulièrement appel au marché pour renforcer sa solidité finan­cière – le groupe paritaire a encore réalisé récemment plusieurs émissions de dette subordonnée et de certificats mutualistes. Savoir qui a fait le premier pas donnerait un indice sur les motivations de ce mariage. Mais si l’on en croit André Renaudin, « chacun a fait un demi-pas ».

Ce qui nous a poussés à ce rapprochement, ce sont les synergies de revenus [...] potentiellement très importantes.

Nicolas Gomart, DG de la Matmut

Nous nous sommes entendus sur l’essentiel.

André Renaudin, DG d’AG2R La Mondiale

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