Allemagne : une réforme des retraites qui vise à rendre plus attractives les retraites d’entreprise

Allemagne : une réforme des retraites qui vise à rendre plus attractives les retraites d’entreprise
Andrea Nahles, ministre allemande des Affaires sociales et du Travail

La « grande coalition » d’Angela Merkel, constituée de conservateurs (CSU/CDU) et de sociaux-démocrates (SPD), a présenté vendredi 25 novembre les grandes lignes de sa réforme des retraites pour lutter contre la pauvreté des personnes âgées.

L’objectif de la ministre des Affaires sociales et du Travail, Andrea Nahles (SPD), est de stabiliser d’ici à 2045 le niveau des pensions à 46% des revenus nets (contre 48% aujourd’hui) et le niveau des cotisations de l'assurance retraite à un maximum de 25% (12,5% pour les salariés, et 12,5% pour les employeurs). Les déficits des caisses seront compensées pas un impôt supporté par les contribuables (estimés à 4,5 milliards d’euros à compter de 2030 et à 8 milliards à partir de 2040).

Pas de refonte du système

Cette réforme vise aussi à ajuster d’ici 2025 le niveau des retraites de l’ex-RDA sur celui de l’Ouest du pays. Elle ne prévoit pas de refonte du système qui s’appuie toujours sur trois piliers : la répartition, les retraites d’entreprise et celles par capitalisation (dites « Riester »). L’âge légal de la retraite en Allemagne va passer progressivement de 65 à 67 ans. Une réforme adoptée en 2014 permet aux salariés ayant cotisé 45 ans de partir dès 63 ans.

En réalité, cette réforme vise surtout à renforcer et à rendre plus attractives les retraites d’entreprise au sein des PME (qui concernent actuellement 57% des salariés). Les organisations patronales et syndicales pourront négocier des retraites d’entreprise qui vont désengager les employeurs de l’obligation de fixer des versements minimum. Cette clause dissuadait de nombreuses entreprises de signer des accords.

Les salariés pourront se tourner vers les fonds de pension

A la place, les partenaires sociaux fixeront ensemble des « objectifs de retraites » avec des variables qui dépendront des conditions du marché. Les risques sont donc transférés sur les salariés qui pourront toujours s’opposer expressément à ces cotisations (Opt out). En contrepartie, les représentants des salariés participeront à la mise en place de ces retraites d’entreprise. Ils pourront notamment les négocier dans le cadre des accords collectifs par branche.

Les salariés – ou plutôt leurs représentants – pourront se tourner vers les fonds de pension, les caisses de pension ou les assureurs. Les deux leaders du secteur, Allianz et R+V, devraient largement profiter de cette réforme si elle était votée telle quelle à l’assemblée fédérale (Bundestag). Mais les experts estiment que seuls les gros assureurs seront en mesure de répondre à des solutions négociées dans le cadre des accords collectifs de branche.

Par ailleurs, le gouvernement a prévu une subvention pour les entreprises qui proposeront des retraites d’entreprise aux salariés touchant moins de 2000 euros par mois. Enfin, la réforme prévoit une assurance retraite obligatoire pour les travailleurs indépendants. Les retraites en Allemagne, un pays qui vieillit à grande vitesse, sera vraisemblablement le thème de la campagne électorale pour les législatives de l’automne 2017.


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