Aon Benfield et l'Ineris modélisent les risques industriels

Le courtier et l'institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) viennent de lancer Icare, un outil de modélisation des risques inhérents aux 1 133 établissements de type Seveso français.

Au mois de janvier 2013, la ville de Rouen et la ban-lieue parisienne étaient touchées par le dégazage de l'usine Lubrizol. Chaque année, l'Europe est marquée par 30 à 40 événements de cette nature, une récurrence qui a porté à 270 le nombre d'accidents mortels en l'espace de deux décennies. Or, en France, seuls 7% des sites ciblés par le plan de prévention des risques technologiques (PPRT), l'outil de maîtrise de l'urbanisme par zonage réglementaire mis en place après l'accident d'AZF à Toulouse en septembre 2001, sont aujourd'hui réalisés.

Quatre axes d'analyse

Décidés à ne pas attendre la mise en oeuvre du PPRT prévue sur trente ans, Aon Benfield et l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) viennent de présenter, à l'issue de deux années de recherches, leur propre outil de modélisa-tion des risques inhérents aux 1 133 établissements de type Seveso français. Le modèle Icare - pour Industrial Catastrophe Anticipation for a Real Estimation - permet d'appréhender chaque site sous quatre axes : les aléas, les enjeux, la vulnérabilité et l'aspect financier. Il a pour finalité de quantifier le niveau d'exposition moins par la nature des activités que par l'origine et la quantité des produits stockés.

Un algorithme créé par les ingénieurs de l'Ineris permet de comparer la quantité des produits dangereux avec le potentiel des effets d'un événement majeur à la lueur de deux scénarios d'accidents : le bleve (ébullition-explosion), et la surpression.

Chiffrer les dégâts ville par ville

« Il s'agit d'une nouvelle approche en termes de quantification des dégâts qui débouche sur des indices d'endommagement spécifique à chaque événement sur les biens assurés », précise Michael Reis, analyste chez Aon Benfield. En effet, selon cette méthodologie, la cartographie élaborée « constitue non seulement un support à l'évaluation des risques de dommages aux biens (DAB) en cas d'accidents majeurs, mais, surtout, elle permet d'en quantifier les effets en multirisque habitation (MRH), en automobile, en pro fessionnels (commerces et industrie) et prochainement en vie », définit Clément Lenoble, ingénieur chez Ineris.

Ainsi, selon Icare, au rang des villes exposées aux catastrophes de type Seveso, Brest remporterait la palme avec 725 M€ de dégâts potentiels en MRH et 35 M€ en auto, ex aequo avec Ajaccio. À titre indicatif, l'accident d'AZF avait respectivement causé 159 et 9 M€ dans ces deux branches. Quant aux dommages causés en branche pro, ils seraient les plus importants à Brive-la-Gaillarde et Saint-Avold.

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