Assurance dommages : le marché des pros, miroir aux alouettes ?

Assurance dommages : le marché des pros, miroir aux alouettes ?

Le 7e baromètre de l’assurance dommages présenté par Facts & Figures met les assureurs en garde contre leur propension à privilégier le marché des professionnels et des entreprises, à gonfler certains tarifs et à sous-estimer l’offensive des bancassureurs sur le marché des particuliers.

« Ce qu’il nous faut, c’est de la croissance économique. Sans cela, pas de hausse de la matière assurable et pas de hausse de l’activité pour nous sur le marché des entreprises. » Ces propos, prononcés par un dirigeant d’un grand cabinet de courtage croisé lors des Journées du courtage, trouvent leur écho dans la 7e édition du baromètre de l’assurance domma­ges présenté par Facts & Figu­res au début du mois de septembre. Car si le marché de l’assurance dommages des profes­sionnels aiguise les appétits de tous, du fait d’une forte rentabilité technique (12,4 % en 2015 contre 5,1 % pour celui des particuliers), cette cible est loin de constituer, pour l’instant, une source intarissable de revenus.

Dommages en hausse…

Les chiffres de Facts & Figures sont éloquents : globalement, l’activité dommages a crû de 8 % entre 2011 et 2015 (la dernière année pour laquelle le cabinet dispo­sait de données techniques et compta­­­bles arrêtées), soit en moyenne +1,9 % par an. Mais dans le détail, c’est le segment des particuliers qui a tiré l’activité. Pas celui des pros. « Sur un marché en stagnation, les parts de mar­ché se gagnent forcément sur la concurrence. On peut donc s’attendre à une érosion des marges », estime Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.

… avec des nuances

La construction (dommages-ouvrage et responsabilité civile décennale) connaît ainsi un repli de sa rentabilité (7,3 %) depuis le pic observé il y a cinq ans. Le résul­tat de deux facteurs, selon le cabinet de conseil : « La forte concurrence sur ce marché, qui est apparu comme un Eldorado pour certains, et la baisse des taux subséquente qui a fait diminuer la contribution financière. » Sans parler du recul des mises en chantier. À l’inverse, les multirisques professionnelles et les multirisques entreprise-industrie jouissent à la fois d’une grande rentabilité (14,1 %) et d’une grande stabilité de leur résultat dans le temps. Raison pour ­laquelle tout le monde veut s’y développer. À commencer par les bancassureurs, dont les parts de marché, globalement, progres­sent en dommages.

De fait, Crédit agricole pointe à la 8e place du classement des prin­ci­paux acteurs du marché en dom­mages entreprises avec un chiffre d’affaires en progression de 1 % entre 2014 et 2015. Sur l’ensemble du marché domma­ges (particuliers + professionnels), la filiale assurance de la banque verte grimpe même à la 6e place, devant Generali, rétrogradé en 7e position. Même chose pour BPCE qui, sur l’ensemble du marché, prend la 10e place à la Matmut. Mieux, sur le segment des pros, le groupe bancaire, qui a signé en début d’année un accord de distribution nationale de l’offre assurance-crédit de Cofa­ce, se classe au 5e rang. « C’est toutefois un cas de figure assez spécifique, car cette activité s’apparente davantage à du courtage », relève M. Chartier-Kastler.

Des commissions disparates

Côté distribution, le courtage, qui réalise près de la moitié de son activité sur les risques professionnels (46,3 %) ne connaît pas de hausse d’activité en dommages (12,7 Md€ en 2015 contre 12,83 Md€ en 2011). Les vecteurs de croissance, pour le courtage sont désormais la santé, la ­prévoyance et l’épargne. Les agents généraux sont en progression, tant sur le marché des particuliers (avec +11 % en cinq ans) que sur celui des pros (+8,8 % sur la même période). Néanmoins la transformation du mix d’activité est très lente puisque le marché des particuliers représen­te encore près de 66 % de leur activité. Surtout, le business opéré auprès des professionnels ayant été nul depuis cinq ans, cela veut dire que les parts de marché gagnées sur ce segment par les compagnies l’ont été au prix de fortes réductions tarifaires. Deuxième écueil : le montant des commissions. En moyenne, un agent touche 16,5 % pour un client particulier et de 20 à 22 % pour un professionnel. « Il n’est pas viable de rémunérer autant un intermédiaire de manière récurrente », alerte Cyrille Chartier-Kastler selon qui, plus généralement, « la question du coût des agents généraux va finir par se poser ».

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