Assurance vie : les bancassureurs veulent leur part d'unités de compte

Assurance vie : les bancassureurs veulent leur part d'unités de compte
Reptile8488/Getty Images/iStockphoto

Avec 50 % de l’encours de l’assurance vie en France, les bancassureurs, grands fournisseurs de produits en euros, veulent convertir leurs épargnants aux unités de compte (UC). Et ils rencontrent un certain succès.

Fin janvier 2018, les versements sur les supports en unités de compte se sont élevés à 4 Md€ soit 30 % des cotisations, selon les dernières estimations de la Fédération française de l’assurance (FFA). Une bonne nouvelle pour le marché qui tente depuis plusieurs mois de convertir les épargnants adeptes des fonds en euros à ces supports risqués. À l’heure de la communication des résultats 2017, tous les acteurs se félicitent de cette progression collective, mais aussi individuelle.

Une marge de progression

Et même les bancassureurs, principaux fournisseurs d’assurance vie en euros, suivent le mouvement. « La réorientation de la collecte vers davantage d’unités de compte (UC) à 25,9 % en 2017, soit plus du double de 2016, a permis d’atteindre un niveau comparable à celui du marché (27,9 %) », s’est ainsi félicité le groupe des Assurances du Crédit mutuel (ACM), lors de l’annonce de ses résultats annuels.

En effet, si la conversion est plus lente dans les encours, les principaux bancassureurs affichent de belles progressions du taux d’UC dans leur collecte brute. Elle est de +13,2 points pour Crédit mutuel, +6,2 points pour Socié­té générale Insurance, à 34,2 %, soit un taux supérieur à celui du marché, ou encore +5,7 points pour CNP Assurances. Certes, avec des taux d’UC plus faibles à la base, que les assureurs traditionnels, les marges de progression sont forcément plus impressionnantes. Il n’empêche que ces acteurs parviennent à convaincre leurs clients et à freiner – voire à réduire – leur collecte en euros.

Ils sont aidés en cela par un contexte favorable en 2017 grâce à une bonne tenue des marchés boursiers, mais pas seulement. « Les bancassureurs ont mené des campagnes de souscription avec des taux de frais d’entrée fortement baissés si l’épargnant prend une part significative en unités de compte. Ils ont également beaucoup développé des gestions profilées, tant sur leurs stocks que sur leurs flux », explique Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts& Figu­res.

Gestion profilée, gestion libre conseillée comme dans le produit Easyvie que viennent de lancer La Banque postale et CNP Assurances, et gestion sous mandat, largement développée chez Socié­té générale Insurance ou encore Suravenir, dopent la croissance du taux d’UC.

Surtout, plusieurs d’entre eux capitalisent sur des filiales spécialisées dans des clientèles averties aux placements à risque. Pour CNP Assurances, il s’agit de CNP Patrimoine, dédié à la clientèle haut de gamme, qui développe des produits fortement orientés vers les supports risqués comme les UC « bonifiées ». Pour Société générale Insurance, c’est Oradéa Vie, la filiale de Sogécap dédiée aux partenariats et à la clientè­le patrimoniale qui affiche un taux d’UC de près de 50 %.

  • CNP Assurances
    - CA épargne 2017
    - 18,1 Md€, -9,5 %
    - Part des UC dans le CA 20,7 %, +5,7 pts
  • Société Générale Insurance
    - CA épargne 2017
    - 10,3 Md€, +2 %
    - Part des UC dans le CA 34,2 %, +6,2 pts
  • Crédit mutuel (groupe des assurances du Crédit mutuel)
    - CA épargne 5,5 Md€, -12,6 %
    - Part des UC dans le CA 25,9 %, +13,2 pts
  • Crédit agricole assurances
    - CA épargne 23,2 Md€, -3,5 %
    - Part des UC 29,7 %, +2,9 points

 

Un retard à combler

Encore en retard sur les taux d’UC par rapport aux assureurs traditionnels, les bancassureurs demeurent ambitieux. Laurent Dunet, directeur général de Soges­sur et directeur général adjoint de Sogécap en charge du développement de la bancassurance, déclarait lors de la présentation des résultats 2017, vouloir « continuer à progresser sur les unités de compte pour arriver à 31 % fin 2020 ». CNP Patrimoine affiche l’objectif d’arriver à une part de 40 à 45 %. Dans cette quête d’UC, Cyrille Chartier-Kastler constate ainsi que « les bancassureurs affi­chent de belles performances en matière d’unités de compte mais à marche forcée. Les chargés de clientèle incitent fortement à des investissements avec un minimum d’unités de compte ».

Des pratiques qui s’avéreront plus complexes dès octobre 2018, avec la mise en place de la directi­ve intermédiation en assuran­ces qui doit renforcer les règles en matière de devoir de conseil.

Les bancassureurs ont mené des campagnes de souscription avec des taux de frais d’entrée fortement baissés si l’épargnant prend une part significative en unités de compte.

Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts&Figures

 

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