[DOSSIER] L'assurance au Maghreb 2/6

Algérie : Les projets étatiques tirent le marché

Le marché algérien de l’assurance connaît une baisse de croissance. Le secteur possède néanmoins de riches potentialités. Il n'est malheureusement tiré que par l'automobile, les entreprises publiques et les grands projets économiques initiés par l'État.

Le marché des assurances en Algérie, qui pèse environ 0,7 Md€, a de fortes potentialités, mais l'évolution de sa croissance est tributaire des investissements de l'État. S'il a enregistré une croissance de 14% en 2009, celle de l'année 2010 a été pénalisée par l'arrêt des chantiers économiques inscrits dans le plan quinquennal 2005-2009 du gouvernement. Résultat : le taux de croissance de 2010 n'a atteint que 4%. Paradoxalement, le chiffre d'affaires du secteur est passé de 780 M€ en 2009 à 900 M€ en 2010.

Certains experts estiment que si l'on ne comptabilisait plus les entreprises publiques et les grands projets économiques initiés par l'État, le marché algérien des assurances serait à la traîne. Les assureurs peinent à convaincre les Algériens de s'assurer, mais aussi à établir une relation de confiance dans ce domaine. En effet, seules les assurances obligatoires sont souscrites et le nombre de contrevenants est énorme.

Au premier trimestre 2011, les sociétés d'assurances du marché algérien ont réalisé un chiffre d'affaires de 24,1 milliards de dinars algériens (241 M€), en baisse de 2,1% par rapport à la même période de 2010. Cette contre-performance s'explique essentiellement par la baisse de 14% du chiffre d'affaires de la branche IARD, ainsi que par celle de la branche transport, en repli de 27%. En revanche, l'automobile poursuit sa hausse (8%). Toutefois, les résultats du premier trimestre ne sont pas forcément significatifs, il arrive souvent qu'il y ait des reports d'échéance et ce n'est qu'en fin d'exercice que l'on peut parler de baisse ou de hausse.

Ces dernières années, le secteur a procédé à un « toilettage réglementaire » qui n'a pas été du goût de toutes les compagnies. En novembre 2009, la loi a décrété l'augmentation du capital des sociétés d'assurances de personnes. Ce capital est passé de 200 millions de dinars algériens (2 M€) à 1 milliard (10 M€), et celui des sociétés dommages a été élevé à 2 milliards de dinars algériens (20 M€) contre 500 millions (5 M€) auparavant.

Du capital (beaucoup) pour l'assurance vie

Les compagnies privées se sont senties menacées, car il est difficile de réunir un tel capital. Alliance assurance s'est introduite en Bourse, opération réussie au demeurant, pour pouvoir se mettre en conformité avec la nouvelle loi.

Depuis juillet 2011, l'assurance vie est séparée de l'assurance dommages, et les compagnies d'assurances qui veulent commercialiser des produits d'assurance vie doivent créer une filiale. Interrogé par le quotidien El Moudjahid, le secrétaire permanent du Conseil national des assurances (CNA), Abdelhakim Benbouabdellah, a déclaré : « Si les autorités agissent de cette façon, c'est-à-dire filialiser l'assurance vie et augmenter le capital social, il est certain qu'il s'agit là de la meilleure option pour booster l'assurance de personnes dans notre pays. Ce volet important des assurances a trop longtemps été délaissé et est resté quasiment insignifiant dans le chiffre d'affaires du secteur, en dépit du potentiel énorme qu'il représente. »

La séparation comme vecteur de développement

Aujourd'hui, seules les sociétés spécialisées agréées sont autorisées à souscrire et à commercialiser des assurances de personnes. Il s'agit de la SAPS issue d'un partenariat entre la SAA et la compagnie française Macif, de Taamine Life Algérie, filiale de la CAAT, de Macir vie, filiale de la Ciar, et de Caarama assurance, filiale de la CAAR. D'autres filiales spécialisées en assurance de personnes sont en voie de constitution. Les sociétés qui ne pourront pas filialiser l'activité continueront de pratiquer l'assurance de dommages jusqu'à expiration des contrats et céderont leurs portefeuilles d'assurances de personnes à une société agréée.

Les assurances de personnes restent le parent pauvre et ne représentent que 10% du marché algérien, contre six fois plus dans les pays développés. Toutefois, certains observateurs estiment que cette branche va progresser de manière substantielle, maintenant que des sociétés dédiées à ce segment sont opérationnelles.

ALGÉRIE
  • 5,5 millions d'habitants Taux de pénétration de l'assurance : 0,73%

CA : 900 M€

Croissance du secteur : 4% en 2010

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