« Assurer notre pérennité en conservant nos valeurs »

« Assurer notre pérennité en conservant nos valeurs »
© Photos Bernard Martinez
Aprionis entend bien figurer parmi les cinq ou six groupes de protection sociale qui sortiront de l'actuel mouvement de concentration. Et cela, en s'appuyant notamment sur une organisation humaine et technique compétitive ainsi que sur de nouveaux rapprochements dans la sphère de l'économie sociale.

Quel bilan tirez-vous de la fusion entre les groupes Apri et Ionis ?

Tous les objectifs fixés pour cette fusion effective depuis le 8 janvier 2009, qui pouvaient susciter un certain scepticisme, ont été atteints. En moins d'un an, les fusions de structure qui devaient être faites l'ont été. Le groupe comprend une seule caisse Arrco, une seule caisse Agirc et une seule institution de prévoyance interprofessionnelle - Aprionis prévoyance. Nous avons institué en juillet 2009 une nouvelle organisation opérationnelle, selon le modèle original de centres de résultats (retraite, assurance de personnes, épargne salariale...), qui a concordé avec l'emménagement dans notre nouveau siège social. Il était important de rassembler les équipes pour forger une nouvelle culture. Mission également accomplie pour le statut unique des personnels, effectif au 1er janvier 2010. Il était fondamental de réussir le premier étage de la fusion avant d'envisager la suite.

Cet important chantier vous a-t-il conduits à en retarder d'autres ?

Non, il n'était pas question de stopper les machines. Nous avons, par exemple, poursuivi le déploiement de notre système Pléiade sur l'ensemble de l'assurance de personnes. Gérer 1,3 Md€ sur un seul système d'information constitue un réel avantage concurrentiel. Et il est amené à se développer sur tous les rapprochements en cours, notamment avec Vauban-Humanis.

Justement où en êtes-vous sur ce dossier, notamment sur le pôle mutualiste ?

Nous respectons pleinement la feuille de route qui prévoit la création début 2011 de ce nouveau groupe qui représentera 12 % à 13 % de l'ensemble Agirc-Arrco et affichera, en assurance de personnes, un chiffre d'affaires proche de 1,8 Md€. La constitution du pôle mutualiste fait aujourd'hui partie des questions non totalement résolues, mais ce n'est pas un point bloquant. Une solution sera trouvée.

Qu'en est-il du rapprochement des plates-formes informatiques retraite Aramice et Alcire, dans laquelle vous êtes impliqués ?

Le projet de fusion a été jugé recevable par les sept groupes de protection sociale concernés. La phase d'études préalables dite « d'éclairage » a été validée fin février et il est prévu d'entrer dans une phase de cadrage à la fin du premier semestre. Si la décision est prise, nous nous sommes donné l'obligation d'aboutir avec une mise en oeuvre du projet début 2011. La logique est clairement de réduire les coûts et de gagner en productivité, dans le cadre de l'usine retraite. La plate-forme envisagée couvrirait 40 % de l'Agirc-Arrco et permettrait ainsi des économies d'échelle importantes.

Ce projet ne préfigure-t-il pas d'autres regroupements ?

Bien sûr, qu'il y a des discussions, mais rien n'est scellé. La logique n'est pas de grossir pour grossir, mais d'être suffisamment compétitifs pour rester maîtres de notre avenir. Nous n'excluons aucun partenariat, à condition qu'il ne remette pas en cause nos valeurs. Nous devons assurer notre pérennité, tout en conservant nos valeurs paritaires et mutualistes, qui justifient notre existence.

Votre croissance s'est-elle ressentie de ces multiples travaux ?

L'année 2009 a été positive, avec une croissance honorable de notre activité à hauteur de 120 M€, et de meilleurs résultats financiers que 2008. Nous n'avons pas enregistré de dégradations de nos paramètres techniques. Et notre logique paritaire « pure et dure » a été efficace sur les appels d'offres conventionnels, puisque nous avons été notamment retenus pour la prévoyance des associations de services à la personne et sur le secteur agricole. Autre signe de notre compétitivité, la décision prise par Thélem assurances de nous confier la gestion de ses contrats santé.

Partagez-vous l'engouement actuel pour la constitution d'énormes plates-formes santé ?

Notre plate-forme couvre quelque 3 millions d'assurés, compte tenu de notre importante activité de gestion pour compte. Et nous travaillons à son développement. Cet outil doit permettre de rompre avec la logique de payeur aveugle, d'instituer un véritable pilotage du risque et de pouvoir peser sur les coûts. Autant d'objectifs qui se heurtent encore à de nombreux obstacles dans le contexte actuel.

A contrario d'autres acteurs, vous paraissez en retrait sur la dépendance. Pourquoi ?

Notre développement en individuel reste effectivement timide. Mais il nous paraît prématuré d'engager une démarche industrielle tant que les intentions du gouvernement ne seront pas précisées. Pour autant, nous sommes prêts. Nous détenons une expertise sur la gestion de sinistres, puisque nous réalisons la gestion pour compte de Predica, et nous sommes bien placés pour développer la dépendance collective en étant l'un des premiers opérateurs en prévoyance et santé sur les conventions collectives nationales. Enfin, le groupe est impliqué dans le médico-social, puisqu'il gère l'hôpital Les Magnolias, à l'initiative d'une des rares filières gériatriques existantes en France.

Comment abordez-vous Solvabilité 2 ?

Comme beaucoup, je ne souhaite pas que cette directive aille trop loin sur la santé et conduise à un retrait du marché actions. Mais Aprionis dispose d'une structure importante dédiée au pilotage du risque, ce qui nous positionne bien au plan qualitatif. Simplement, il faut revoir les conditions d'accès des sociétés de personnes aux marchés de capitaux : nous ne pouvons pas en rester aux TSDI [titres subordonnés à durée indéterminée] ou titres participatifs, partiellement intégrés dans la marge de solvabilité. Cette problématique est aussi une des raisons qui poussent aux regroupements.

Début 2011, le futur groupe (formé avec Vauban-Humanis) réalisera près de 1,8 € de chiffre d'affaires en assurance de personnes

La logique n'est pas de grossir pour grossir, mais d'être suffisamment compétitifs pour rester maîtres de notre avenir

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