Baisse des taux, un frein pour les rendements

Les taux d'intérêt des obligations ont atteint un niveau extrêmement bas, pesant ainsi sur les rendements de l'assurance vie. Mais cette dernière n'en reste pas moins un produit encore concurrentiel. Pour le moment...

Du quasiment jamais-vu : 2,2 % en Allemagne, 2,5 % en France, c'est la rémunération accordée au début du mois de septembre par les deux principaux États de la zone euro pour leurs emprunts à dix ans. Du côté des entreprises privées, ce n'est guère mieux, avec un taux qui est tombé au même moment à 2,85 % sur le marché secondaire, selon la Banque de France.

Mauvaise nouvelle pour les fonds en euros

Pour le rendement des fonds en euros, qui sont investis majoritairement en obligations, ce niveau historiquement bas n'est pas une bonne nouvelle. En effet, la faiblesse des taux risque d'entraîner encore à la baisse le placement préféré des Français. La collecte restant très soutenue sur ce compartiment sans risque et étant supérieure aux sorties, elle oblige les assureurs à investir les sommes qui leur sont confiées sur les marchés financiers.

Ainsi, 38,8 milliards d'euros d'argent « frais » ont été placés depuis le début de l'année en majeure partie dans les obligations en raison de leur sécurité et de leur bonne adéquation avec le passif. Sans compter les sommes provenant du réinvestissement d'obligations anciennes arrivées à échéance. « Mécaniquement, explique Daniel Haguet, professeur de finance à l'Edhec, ces nouvelles obligations à faible rendement diluent la rémunération moyenne des actifs des assureurs. La baisse des taux va donc se traduire naturellement par une baisse des rendements servis aux assurés. »

Une baisse du rendement néanmoins différée

Pour autant, la réaction n'est pas immédiate, car le fonds en euros joue un effet amortisseur : il bénéficie toujours des coupons délivrés par des obligations plus anciennes, à des taux supérieurs à ceux d'aujourd'hui. « De plus, précise Daniel Haguet, les assureurs n'ont pas attendu cette évolution pour modifier leurs investissements : ils ont diminué depuis plusieurs années la part investie dans les emprunts d'État et augmenté celle consacrée aux entreprises .» D'abord en misant sur les actions, avec une contre-performance en raison de la crise qui s'est abattue sur les Bourses depuis 2008, puis en allant massivement vers les obligations privées, qui délivraient des rendements supérieurs à ceux des emprunts d'État (des spreads dans le jargon financier).

Les obligations privées touchées par la baisse

Selon les chiffres de la FFSA à fin 2009, 69,9 % des placements des assureurs vie sont en obligations et titres assimilés, mais les emprunts d'État en représentent désormais moins de la moitié. Reste que, si l'écart en faveur des obligations privées existe toujours, il s'est fortement réduit et ces titres n'ont pas échappé non plus à la baisse des taux.

Paradoxalement, et bien que les performances des fonds en euros soient attendues en nette baisse, cette situation n'est pas défavorable à l'assurance vie. Grâce à l'ancienneté des portefeuilles, cette dernière continuera à sortir un rendement supérieur à celui des obligations sans risques (de nombreux professionnels évoquent un taux de 3 % en 2010) et fera mieux que ses concurrents. Au moins à court terme...

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