Interview de Michel Estimbre, DGA à la DRH de Generali : « Generali est prête à reprendre les anciens salariés en grève de la faim »

Interview de Michel Estimbre, DGA à la DRH de Generali : « Generali est prête à reprendre les anciens salariés en grève de la faim »
HERVÉ THOUROUDE/GENERALI Michel Estimbre, DGA chargé des relations humaines chez Generali, s'engage à « aider les ex-salariés en situation précaire ».

Michel Estimbre, DGA en charge des relations humaines à la DRH de Generali, répond aux accusations lancées par d'anciens salariés licenciés en 2007, dont certains ont entamé une grève de la faim depuis février. Il explique notamment que si la compagnie d'assurances refuse de leur verser des compensations financières, elle est prête à aider ou à réintégrer les personnes en difficulté qui n'auraient pas retrouvé d'emploi.

Quel est votre sentiment face à ce mouvement de grève de la faim qui prend de l'ampleur semaine après semaine ?

Bien évidemment, la situation ne nous laisse pas insensibles. Toutefois, le geste nous paraît disproportionné. Nous pouvons comprendre l'amertume de nos anciens collaborateurs à la suite de la récente décision du conseil de prud'hommes de Paris, qui a reconnu le caractère régulier de leur licenciement. En revanche, nous déplorons que cette amertume conduise certains à recourir à la grève de la faim pour dénoncer l'injustice qui leur serait faite, alors même qu'ils ont fait appel de la décision. Mais si certains des ex-salariés sont dans une situation de précarité, nous sommes prêts à les aider.

Quatre ans après leur licenciement, vous proposez aujourd'hui à vos anciens salariés de réaliser un bilan professionnel avec un cabinet spécialisé. Pensez-vous qu'il s'agit là de la meilleure des solutions ?

Nous avons fait appel à Sodie (Groupe Alpha) pour proposer aux grévistes de la faim, comme à tous les autres anciens salariés inclus dans le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de 2007, de les rencontrer. Nous nous engageons à apporter une aide à ceux qui sont en réelle difficulté, en prenant des mesures susceptibles de conforter leur situation professionnelle ou de leur permettre de retrouver un emploi, y compris en leur proposant de revenir travailler dans le réseau commercial. En effet, nous tenons à rappeler que l'évolution du système de rémunération du réseau, qui est à l'origine du PSE, n'a jamais eu pour objectif de faire partir qui que ce soit.

Pès de quatre ans et demi de conflit...

  • Juillet 2006 : une vaste réforme sur la rémunération des commerciaux de Generali proximité assurances (GPA, l'ancienne filiale vie de Generali) est engagée.
  • Janvier 2007 : 222 commerciaux sont licenciés pour avoir refusé de signer un avenant à leur contrat de travail modifiant leur mode de rémunération.
  • Septembre 2009 : le conseil de prud'hommes ne peut rendre de jugement, faute de majorité.
  • Décembre 2010 : un juge dit « départiteur » déboute les ex-salariés de Generali de toutes leurs demandes.
  • 10 février 2011 : Éric Pilot entame une grève de la faim pour protester contre son licenciement économique de 2007 qu'il juge « abusif ». Il sera suivi par - à ce jour - treize autres collaborateurs de GPA.
  • Octobre 2012 : date à laquelle une audience en appel est programmée aux prud'hommes de Paris.

Toutefois, cette solution ne semble pas convenir à une majorité d'entre eux. Pourquoi ne pas entrer en négociation directe ?

Parce que leur demande de négociation porte sur le contenu même de la décision de justice : la reconnaissance du caractère abusif du licenciement et le versement d'indemnités compensatrices. Peut-on sérieusement demander à l'entreprise de déjuger la justice ? Les anciens collaborateurs ont fait appel de la décision des prud'hommes. Il me paraît sage de laisser la justice suivre son cours avec sérénité.

Les grévistes de la faim réclament une conciliation sous l'égide d'un médiateur. Pensez-vous que cette solution soit envisageable ?

Une médiation est une procédure juridique qui a pour objet de trouver une solution à un contentieux pour éviter de saisir la justice. Dans le cas présent, la justice s'est prononcée en première instance, et la cour d'appel a été saisie par les anciens collaborateurs. Mais, je le répète, nous ne refusons pas le dialogue : le cabinet Sodie est prêt à discuter avec chacun d'entre eux.

L'un des anciens salariés, Éric Pilot, est en grève de la faim depuis bientôt deux mois et a perdu plus de 25 kg. Que vous inspire son cas ?

Il faut savoir qu'Éric Pilot a fait une grève de la faim il y a quatre ans, pour les mêmes raisons. En juillet 2007, par souci strictement humanitaire, nous avions signé une transaction avec lui. Nous ne sommes donc plus en contentieux avec lui. Alors, pourquoi recommence-t-il ?

Comment réagiriez-vous si l'état de santé d'un des grévistes de la faim empirait ?

Nous sommes convaincus que le sens des responsabilités et la raison finiront par l'emporter.

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