« Nous devons réfléchir avant de faire du bonus-malus en habitation »

Jean Azéma communique sur les résultats 2010 de Groupama, qui ont pâti d'une conjoncture économique et climatique difficile. Il s'exprime aussi sur la nécessité de disposer d'un mécanisme public de réassurance pour le risque agricole et sur les réflexions à mener en termes de segmentation du risque en MRH.

Quel bilan tirez-vous de 2010 ?

Nous avons connu une année satisfaisante dans un environnement compliqué. La croissance est restée faible dans la plupart des pays européens où nous sommes implantés. Les marchés financiers ont été mouvementés. Et l'année a été fortement marquée par les risques climatiques : la tempête Xynthia, les inondations dans le Var, des épisodes neigeux. Dans ce contexte, Groupama montre sa capacité de résistance, avec un chiffre d'affaires de 17,6 milliards d'euros, en hausse de 2,3 % à périmètre constant. Au sein du groupe, la croissance de Gan Assurances est particulièrement bonne, à + 4,2 %.

Quel est votre ratio combiné pour 2010 ?

Hors Xynthia, il se monte à 101,4 % pour Groupama SA, dans la fourchette que nous nous étions fixée. Il s'est nettement amélioré à l'international, mais en France, il est marqué par les événements climatiques. Il présente des potentiels d'amélioration, car nous avons continué à investir pour améliorer notre productivité à court et moyen terme. Nous avons, par exemple, refondu les processus de gestion avec le programme Apogée, et rationalisé nos systèmes d'information. L'ensemble des sociétés va basculer sur un seul logiciel IARD, et nous disposons d'un unique logiciel pour la santé et la vie. Mais nous n'en mesurerons les effets qu'en 2011 ou 2012.

Avez-vous utilisé votre provision pour participation aux excédents (PPE) pour servir vos taux de rendement 2010 ?

Oui, elle est faite pour ça ! C'est-à-dire pour continuer à offrir une rémunération attrayante aux clients, les années où les marchés financiers se comportent moins bien. D'autant que la part des unités de compte (UC) dans la collecte de Groupama a été faible en 2010. Nous avons l'intention de mieux promouvoir notre offre en UC en 2011.

Comment se situe votre politique tarifaire en 2010 par rapport au marché ?

Devant la dégradation des marchés automobile et habitation, tous les assureurs ont révisé leurs politiques techniques et leurs tarifs. Groupama, 2e assureur en multirisque habitation (MRH) et 3e assureur auto, a fait de même. Nos augmentations tarifaires se situent dans la fourchette du marché en MRH, à + 5 % [le marché étant entre + 3,5 et + 10 %, NDLR]. En auto, nous sommes plutôt dans le bas de la fourchette, avec une augmentation de 3 %.

Les résultats techniques en MRH se sont dégradés. Seriez-vous favorable à un minimum de segmentation pour les tarifs ?

Cette dégradation appelle un certain nombre de réflexions sur la maîtrise de ce risque et sur sa tarification. Néanmoins, sur le plan des catastrophes naturelles, Groupama n'est pas favorable à une modulation des tarifs en fonction de la situation ou de l'exposition au risque. Cela constituerait un début de démutualisation. Nous aurions pu avoir une idée de cette nature si nous partions de rien. Or, il y a une situation de fait, indépendante de la volonté des assurés, à qui l'on a permis de construire dans des zones plus exposées que les autres.

L'état des logements ne doit-il pas être pris en compte ?

Nous voyons effectivement un développement du risque incendie. Cependant, nous n'allons pas contrôler tous les appartements pour vérifier les installations électriques. C'est l'une de nos préoccupations, mais, avant de faire du bonus-malus tarifé comme dans l'assurance auto, il y a un temps de réflexion à avoir. Nous devons surtout promouvoir la prévention auprès de nos assurés.

Votre modèle de gestion de sinistres est-il amené à évoluer ?

CapsAuto travaille aujourd'hui pour toutes les marques de Groupama, de Gan, d'Amaguiz, et avec les partenaires comme La Banque postale IARD. Nous avons déployé le modèle en Grèce, et envisageons de le faire en Hongrie, et sans doute en Turquie. Demain, nous pouvons imaginer l'élargissement de la clientèle de CapsAuto à d'autres partenaires, de façon à améliorer ses performances, comme nous l'avons fait dans les réseaux de santé avec Pro BTP, par exemple.

Quels sont vos projets en matière d'offre bancaire ?

Groupama Banque compte 550 000 clients à fin 2010, pour des dépôts d'environ 1 milliard d'euros. 2011 va être une année importante : nous allons développer encore plus l'activité, à travers le crédit immobilier et une offre rénovée, appuyés par une campagne de communication au deuxième trimestre. Je pense que demain les assureurs devront aborder la question de l'épargne de manière plus globale, et ne plus se focaliser uniquement sur l'assurance vie.

Quelle visibilité avez-vous sur la mise en place du dispositif de réassurance public pour le risque agricole ?

La loi de modernisation de l'agriculture avait prévu la publication d'un rapport le 27 janvier. Mais nous sommes comme Soeur Anne, nous n'avons rien vu venir ! Nous pensons que la réassurance publique est indispensable pour faire face à des événements d'une ampleur exceptionnelle. Il y a évidemment la place pour une assurance et une réassurance privées. Mais il faut impérativement avoir la garantie qu'en cas de sinistres climatiques importants le marché aura une protection, comme cela existe, par exemple, pour le risque attentat. Maintenant, la balle est dans le camp des Pouvoirs publics.

Quels changements anticipez-vous pour l'assurance dans les vingt à trente ans ?

Sur le risque des particuliers, je pense que nous irons de plus en plus vers une offre globale entre l'assurance, la banque et les produits financiers. Il va aussi y avoir une montée en charge d'Internet. À long terme, nous pourrons avoir des systèmes d'information mutualisés entre différents pays. Nous allons passer de la juxtaposition des marchés d'assurance nationaux à un marché européen. D'ailleurs, c'est un élément de base de la réflexion stratégique de Groupama sur lequel repose notre internationalisation. Cela veut dire que demain il nous faudra avoir la capacité de gérer des plates-formes européennes, et non plus locales.

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