« On ne régule pas 11 % de la richesse nationale avec des expédients »

Lors d'une entrevue réalisée à la veille du congrès, le président de la FNMF revient sur l'évolution du système de santé et la concurrence avec les autres opérateurs complémentaires.

Pourquoi la Mutualité est-elle si critique envers la loi Hôpital, patients, santé et territoires ?

À l'origine, la Mutualité ne portait pas un regard négatif sur la loi HPST, si ce n'est son manque d'ambition. Mais, si elle est adoptée en l'état, ce sera une occasion manquée de plus. Les mesures en faveur d'une meilleure répartition des médecins ont été abandonnées, idem pour l'encadrement des tarifs. Qui peut aujourd'hui affirmer qu'il convient de ne rien changer dans la gestion de l'hôpital, hormis ceux qui veulent préserver leur pré carré au détriment de l'intérêt général ? Arriver à faire défiler les mandarins les plus conservateurs avec les médecins libéraux et certaines organisations de salariés, c'est indécent ! Pas un mot sur l'augmentation des dépassements d'honoraires à l'hôpital public ! On marche sur la tête, et tout cela conduit à un système de santé qui se dégrade et bascule dans la médiocrité.

Craignez-vous une hausse de la taxe CMU ou de nouveaux transferts de l'assurance maladie ?

Je redoute toujours les solutions de facilité. J'espère que le gouvernement comprendra que ce ne sont pas des expédients qui permettront de réguler les 11 % de la richesse nationale consacrés à la santé. Il a décidé de prélever 1 MdE chez les complémentaires santé, alors que le déficit devrait atteindre 20 MdE ! Les solutions sont plus difficiles à trouver en période de crise, mais il est impossible de ne rien faire car la situation rend justement la modernisation du système de santé encore plus impérieuse. Nous n'avons pas besoin de grandes réformes, mais d'une évolution permanente. Seulement, on reste toujours bloqué sur des schémas extrêmement conservateurs.

Où en est votre projet Priorité santé mutualiste ?

Les deux premiers mois de généralisation montrent que Priorité santé mutualiste répond à de véritables besoins. Le congrès va marquer le véritable basculement du service sur l'ensemble du territoire, avec le lancement de la première grande campagne de communication vers nos adhérents. Une autre page du PSM est en train de s'écrire et notre préoccupation est de savoir si nous pourrons répondre aux sollicitations avec une seule plate-forme.

Votre programme sur les maladies chroniques s'inscrit-il dans le PSM ?

Nous proposons aux pouvoirs publics d'instaurer un meilleur suivi des maladies chroniques, généralement prises en charge dans le cadre des ALD. Il s'agit de gérer autrement ces pathologies dans le cadre de filières et de réseaux, sur la base du volontariat et en accord avec les professionnels de santé, afin de rémunérer différemment leur travail. Nous disposons de la logistique et PSM est effectivement un outil pour gérer au mieux un réseau.

Les derniers chiffres du fonds CMU montrent un nouveau recul des mutuelles : comment résister à la concurrence ?

Nous payons en quelque sorte le prix de notre vertu, en étant plus regardants que nos concurrents sur des prises en charge qui favorisent la dérive actuelle. Dire « stop » aux dépassements d'honoraires, c'est perdre des parts de marché. Cette légère érosion tient surtout aux banques et à de nouveaux intervenants comme la Poste. Seulement, je dis aux Français : attention, vous n'achetez pas votre voiture chez un fabricant de machines à laver ! La Mutualité n'est pas seulement un assureur complémentaire, c'est également un grand mouvement de santé : nous possédons 2 300 services de soins et d'accompagnement mutualistes, le premier groupe hospitalier à capitaux français, le troisième réseau de centres optiques, etc. Ces entreprises qui se servent de la santé comme produits d'appels concourent aussi à la dérégulation du système de santé.

Les organismes mutualistes ne souffrent-ils pas encore d'un trop grand éparpillement ?

Le paysage mutualiste a profondément changé en quinze ans. Le mouvement de concentration, qui n'est pas terminé, a été rapide, mais sans préjudice pour les valeurs mutualistes. Nous pouvons faire mieux dans la mutualisation des outils de gestion. PSM est une réponse assez significative et, après la constitution du Groupement hospitalier de la Mutualité française en 2006 pour favoriser les mises en commun de moyens, nous avons le projet de franchir une nouvelle marche, en créant un véritable groupe hospitalier avec une tête de réseau et des départements sur l'ensemble de la métropole.

Certaines petites mutuelles critiquent la réforme des statuts. Enregistrez-vous des départs ?

Une seule mutuelle nous a quittés. Mais, dans le même temps, d'autres nous ont rejoints. La FNMF n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Il est plus facile de diviser que de rassembler. Et pourtant, plus que jamais, nous rassemblons.

Où en est le sauvetage de la Fédération de la Mutualité parisienne ?

La Mutualité a fait preuve de responsabilité en présentant, avec les plus importantes mutuelles, un plan de reprise des activités d'assurances, mais également - ce qui est plus complexe - des structures sanitaires et sociales. Ce plan a été déposé à l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles - qui nous a dit l'avoir transmis favorablement à l'administrateur provisoire. Au moment où je vous parle, nous négocions la signature d'un protocole d'accord avec celui-ci. Il faut aller vite, faute de quoi ce dossier deviendrait irrécupérable.

Votre succession est-elle une question taboue ?

Absolument pas. J'en suis à mon troisième mandat et ma succession est programmée pour l'assemblée générale de décembre 2010, durant laquelle le nouveau président sera élu à bulletin secret par plus de 1 000 représentants mutualistes. J'ai fait voter les règles qui vont s'appliquer et, contrairement à ce que j'ai pu lire, il n'est nullement question de les changer.

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