Un environnement toujours difficile

Les comptes des vingt principaux assureurs européens ont reflété en 2008 et 2009 les effets des crises financières puis économiques qui ont suivi la faillite de Lehman Brothers. L'année 2010 a débuté sur une reprise limitée de l'économie, avant que des inquiétudes n'apparaissent sur la capacité de certains États à rembourser leurs dettes.

Même si la crise de la dette souveraine, en particulier grecque, a pris corps essentiellement au cours de l'exercice 2011, les risques de déclassement de certains pays européens comme l'Espagne, la Grèce, ou l'Italie ont inquiété les économistes dès 2010. Il y a donc lieu d'analyser l'évolution de la situation financière des assureurs en 2010 à la lumière de ces événements et de s'interroger sur les bénéfices que le secteur a pu tirer de cette relative reprise.

L'évolution du volume global de primes reflète une reprise plutôt faible

Le PDG du groupe Axa, Henri de Castries, a qualifié les résultats de son groupe comme le reflet d'une année « satisfaisante dans un environnement toujours difficile ».Pour les groupes qui ont rendu publiques leurs données comptables, les primes émises progressent de 3,3% en 2010, après une quasi-stagnation de 1,3% en 2009. Cette évolution d'ensemble recouvre néanmoins des situations particulières contrastées, compte tenu, notamment, des tailles et des situations des marchés domestiques.

Parmi les principales variations, Aegon et Aviva enregistrent une croissance supérieure à 8%, alors que leur chiffre d'affaires avait baissé de plus de 13% en 2009. À l'opposé, les primes émises par ING ont de nouveau diminué de 8% en 2010, après une baisse de 30% en 2009. Enfin, le Crédit agricole et Swiss Life font observer, comme en 2010, une forte progression de plus de 15%. Les situations individuelles évoluent faiblement par rapport au classement de 2009, établi en fonction des primes. Ainsi, les groupes placés aux six premières places en 2009 conservent leur rang en 2010, et les huit premiers groupes en 2009 sont les mêmes. La principale évolution concerne BNP Paribas-Cardif, qui passe du quatorzième au douzième rang, avec des primes en hausse de 9%.

La répartition entre vie et non-vie met en évidence la spécialisation de certains acteurs

La ventilation des provisions techniques entre les activités vie et non-vie souligne la spécialisation importante de certains acteurs, comme CNP assurances ou ING en vie (classés respectivement troisième et cinquième dans cette branche, contre sixième et huitième dans le classement global et dix-huitième et dix-septième en non-vie), ou Covéa, Eureko, Groupama et Talanx en non-vie. Covéa, par exemple, est classé au neuvième rang pour les primes émises en non-vie et au seizième dans le classement global.

À l'opposé, certains groupes, comme Ageas, AG2R-La Mondiale, Axa et Generali, ont des rangs proches dans les deux branches. Il convient néanmoins de noter que, selon les groupes, l'assurance santé peut-être rattachée soit à l'assurance vie, soit à l'assurance non-vie. Au sein des provisions techniques vie, la part des unités de compte (UC) reste minoritaire dans la plupart des groupes, à l'exception d'Aegon, Axa, ING et Zurich. Les contrats en euros sont toujours le choix privilégié de placement pour les Européens, avec 74% des provisions totales, à un niveau équivalent à celui de 2009. À l'image de l'an dernier, cela traduit l'aversion pour les supports en UC, alors que ces derniers constituent pour les assureurs une prise de risque plus faible et un coût d'immobilisation des fonds propres nettement inférieur par rapport aux supports en euros.

Une amélioration des résultats, avec une contribution positive des revenus des placements

Les produits des placements ont augmenté de plus de 7,1 % au global par rapport à 2009, et ils ont contribué à la progression moyenne de 8,9 % du résultat net. Si la plupart des groupes réalisent des bénéfices, son évolution par rapport à 2009 diffère notablement de l'un à l'autre.

En 2010, seuls deux groupes ont enregistré des pertes. L'activité assurances d'ING a ainsi vu son déficit presque doubler depuis 2009, pour atteindre 429 ME. Old Mutual a réduit ses pertes par rapport à 2009 pour parvenir à un résultat proche de l'équilibre. Les autres groupes ont réussi à maintenir une activité bénéficiaire en 2010. Des hausses sensibles sont constatées par Aegon (résultat multiplié par 8), BNP Paribas-Cardif (+ 155 %, résultat établi selon les normes françaises) et Swiss Life (+ 140 %), alors que les résultats d'Ageas, d'Axa, de Talanx et de Groupama ont baissé de plus de 25 %. A noter que dans le cas d'Axa, la baisse du résultat net est imputable à une opération exceptionnelle de cession d'activité au Royaume Uni, le résultat courant progressant quant à lui de 20%.

Des fonds propres qui demeurent à un niveau convenable

Le ratio de solvabilité, dont le mode de calcul (lire la méthodologie à la page suivante) constitue, bien sûr, une approximation, devrait dépasser 4%. Néanmoins, et selon ce critère, la situation est contrastée parmi les vingt premiers acteurs. En dessous de 10% pour AG2R-La Mondiale, Aviva, BNP Paribas, CNP, Crédit agricole assurances, Ergo, Generali et Swiss Life, ce ratio dépasse 15% pour Axa, Aegon, Covéa, ING, Old Mutual et Talanx. Il dépend, notamment, des richesses accumulées par le passé, du type d'activité exercé - l'assurance vie est particulièrement consommatrice de capitaux - et du niveau des dettes subordonnées. Ces dernières excèdent 20% des fonds propres intrinsèques dans le cas d'Aviva, Generali, ING, Old Mutual et Talanx.

Des taux de rémunération en baisse

À l'inverse de 2009, les principaux groupes ont revu à la baisse les taux de rémunération des contrats. Si la presse anticipait en 2010 des rendements moyens des fonds en euros autour de 3,5%, contre 3,7% en 2009 et 4% en 2008, la moyenne des taux de rémunération atteindra en fin de compte environ 3,3%. Dans un contexte de faibles rendements des actions et obligataires, la plupart des acteurs ont mis en oeuvre des politiques de taux servis aux assurés plus prudentes, compte tenu notamment de la baisse marquée des provisions pour participation aux excédents en 2009, qui auraient permis de soutenir artificiellement des taux élevés, comme en 2008 et en 2009.

À ce titre et un an plus tard, dans un contexte devenu plus incertain, les autorités de contrôle ont souligné le devoir de circonspection que devraient avoir les assureurs quant à l'annonce des taux de revalorisation.

MÉTHODOLOGIE ET LIMITES

Cette année, afin d'améliorer la comparabilité des activités des différents assureurs, l'Argus de l'assurance a retenu les méthodes suivantes : - Les données utilisées sont tirées des comptes consolidés ou combinés établis par les groupes, en normes françaises ou IFRS. Pour les groupes qui publient des comptes dans le référentiel IFRS, il convient de noter l'importante hétérogénéité qui existe dans la présentation de l'information financière d'un groupe à l'autre. Des retraitements plus ou moins significatifs ont ainsi dû être réalisés, lorsque cela était possible, afin de parvenir à des données comparables. - Le classement des vingt premiers groupes européens a retenu comme chiffre d'affaires, le total des primes émises pour les activités d'assurance. Pour les groupes établissant leurs comptes en normes IFRS, ce montant correspond uniquement aux contrats entrant dans le champ de la norme IFRS 4. Les primes des contrats d'investissement relevant de la norme IAS 39 n'ont pas été réintégrées dans le chiffre d'affaires. - Les placements : les montants reportés correspondent à la juste valeur (valeur de marché) et non la valeur comptable. Ils intègrent : - placements financiers ; - prêts (lorsqu'ils sont assimilables à des immobilisations financières) ; - trésorerie et équivalent de trésorerie (lorsque le détail du cash proprement relatif à l'activité d'assurance était remonté dans les états financiers consolidés) ; - placements en unités de compte (UC) ; - investissements immobiliers. - Provisions techniques : les montants de provisions techniques reportés sont bruts de réassurance. - Ratio de solvabilité : cet indicateur effectue le ratio entre, d'une part, les fonds propres totaux (intérêts minoritaires inclus) augmentés des dettes subordonnées à la base composite, d'autre part. La base composite correspond aux provisions techniques brutes vie diminuées des trois quarts des provisions en unités de compte, augmentées du quadruple des primes acquises nettes non-vie. Elle est déterminée de manière à ce qu'un taux normatif de 4 % puisse être appliqué pour déterminer l'exigence de marge relative aux activités « vie euros », « vie UC » et « non-vie ». L'effet de la réassurance sur la solvabilité n'est pas pris en compte, ce qui se traduit par une appréciation plus prudente.

" LES RÉSULTATS D'AXA SONT LE REFLET D'UNE ANNÉE SATISFAISANTE DANS UN ENVIRONNEMENT TOUJOURS DIFFICILE. " 

Henri de Castries, PDG du groupe Axa

Emploi

SOLUSEARCH.

Animateur commercial H/F

Postuler

Aubéane Mutuelle de France

Responsable Contrôle Interne, Gestion des Risques et Conformité (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Un environnement toujours difficile

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié