[DOSSIER] Dans les coulisses du Lloyd's of London 2/4

Un tour du monde en 300 ans

Un tour du monde en 300 ans
Créé il y a plus de trois cent vingt ans, le Lloyd's of London a su conserver une place à part dans le secteur de l'assurance mondiale, grâce à sa capacité d'adaptation aux nouvelles contraintes du secteur, tout en préservant sa spécificité. La « vieille dame » de l'assurance n'a pas pris une ride. En lady soucieuse de ne jamais déroger aux traditions, elle s'est aussi modernisée pour conquérir la planète.

C'est en plein coeur du quartier d'affaires londonien de la City, au 1, Lime street, que se situe le marché de l'assurance londonienne. Vu de l'extérieur, le bâtiment en impose par son architecture originale, imaginée par Richard Rogers, également architecte du Centre Pompidou à Paris. Cette touche de modernité s'accommode très bien des traces du passé de ce marché, dont l'origine tricentenaire remonte au café d'Edward Lloyd, autrefois fréquenté par les armateurs en recherche de capitaux. À commencer par le portier en habit traditionnel, ou ces waiters, véritables mémoires humaines du Lloyd's, qui ont pour mission d'assister les principaux acteurs du marché et de faire respecter l'étiquette vestimentaire.

Une fois franchie la porte du Lloyd's, le visiteur est happé par l'incroyable fourmillement de la principale salle de souscription, concentrée sur les risques maritimes (un autre étage est consacré aux risques non maritimes) où se rencontrent tous les jours en face-à-face courtiers et syndicats (lire lexique) - 85 au total. Dans ce sanctuaire imposant, spécialisé dans l'assurance de dommages et de responsabilités, l'admission reste sélective : « Vous devez produire une analyse de rentabilisation très stricte, qui peut demander plusieurs années, et beaucoup de syndicats essuient des refus », explique ainsi Robert Cage, souscripteur au sein de Chubb 1882.

Les multiples maillons d'une chaîne incassable

Spécialisé dans la couverture de risques parfois complexes, voire uniques, le Lloyd's n'a rien perdu de sa popularité au fil des ans : « notre présence au sein du Lloyd's nous a permis de combler un manque dans notre stratégie de distribution en nous donnant un accès à une plate-forme globale » poursuit Robert Cage. « Le Lloyd's vous permet d'avoir un très large accès à un grand nombre d'assureurs, et cette diversification est tout à fait essentielle à ce secteur », renchérit de son côté William Pitt, responsable du marketing au sein du syndicat Beazley. « C'est aussi un marché qui a la capacité de créer de nouvelles lignes de couverture : par exemple, nous souscrivons des risques de violation des données sur Internet », poursuit-il.

Le fonctionnement du Lloyd's, partiellement mutualisé, est aussi un élément d'attrait important : ses membres s'y regroupent en syndicats pour assurer les risques, et la plupart des affaires du Lloyd's sont conclues sur la base de la souscription avec plusieurs syndicats prenant une quote-part de ce risque. Son canal de distribution repose ensuite sur 178 coverholders, des courtiers auxquels certains syndicats du Lloyd's ont accordé une délégation de souscription, ou encore sur des service companies.

Désignée sous le nom de « chaîne de sécurité », sa structure financière assure aussi une véritable pérennité au marché : le syndicate level assets (les actifs de niveau syndical) concentre ainsi toutes les primes reçues par un syndicat et constitue la première ressource pour payer les assurés en cas de dommages. Le deuxième niveau, members' funds at Lloyd's (les fonds apportés par les membres), est un modèle fondé sur le risque et détermine le capital que chaque membre doit apporter pour soutenir les activités de souscription des syndicats. Enfin, quand ces deux sources sont épuisées, les syndicats du Lloyd's peuvent accéder au Central Fund, littéralement fonds central, en cas d'impossibilité de remboursement des sinistres. L'ensemble constitue un vrai matelas de confort, qui a contribué à assurer la résistance du Lloyd's durant ses années difficiles, à l'image des attentats de 2001 aux États-Unis ou encore des ouragans Katrina et Wilma en 2005.

Politique prudente et outils high-tech

« La force du Lloyd's repose aussi sur sa capacité à prendre la mesure de ses erreurs », souligne William Pitt, évoquant les années noires du Lloyd's frappé par les scandales de l'amiante, qui l'ont poussé au bord de la faillite dans les années 90. L'introduction, en 2003, d'un système de franchises a aussi été saluée comme l'une des innovations les plus importantes pour le marché de l'assurance. Destiné à veiller sur une bonne gestion du capital en fonction du risque, ce dispositif permet au marché de l'assurance de fixer des indicateurs de performances pour ses membres et vérifie qu'ils sont respectés. Une politique d'investissement conservatrice a aussi permis au marché de résister à la crise financière de 2008, tandis que son exposition négligeable aux économies périphériques européennes lui a permis jusqu'à présent de surmonter la crise de l'euro. Un temps évoqué, la concurrence du marché des Bermudes apparaît aujourd'hui maîtrisée.

Depuis l'arrivée de Richard Ward au poste de directeur général, le Lloyd's a également entrepris un vaste programme de modernisation, qui a notamment permis une gestion électronique des primes, ainsi que l'adoption des fichiers électroniques d'indemnisation. « La modernisation du marché a permis de partager équitablement le temps passé en négociations de face-à-face et celui dédié aux transactions électroniques, estime Robert Read, expert en arts au sein de l'assureur Hiscox. L'introduction des Blackberry il y a six ans a également facilité la finalisation de contrats dans le cas de risques simples. » Récemment, le marché de l'assurance a également généralisé l'utilisation du iPad, pour le stockage de données, mais aussi comme outil dans le processus de souscription. C'est le signe d'une révolution continue pour le plus vieux marché de l'assurance mondiale.

Le Lloyd's en 7 mots clés

  • Syndicates (syndicats) : les syndicats du Lloyd's (85 au total) sont constitués d'un ou plusieurs membres qui forment un groupe et acceptent des risques d'assurance.
  • Members (membres) : ce sont de très grands noms de l'assurance mondiale et certaines sociétés cotées sur le marché boursier londonien Financial Times Stock Exchange (FTSE). Ils injectent du capital afin de soutenir l'activité de souscription.
  • Managing agents (mandataires) : ils emploient une équipe de souscripteurs et prennent en charge la gestion quotidienne des opérations et de l'infrastructure d'un syndicat.
  • Managing agencies (agences de mandataires) : elles peuvent gérer un ou plusieurs syndicats.
  • Coverholders (courtiers mandataires) : sociétés autorisées par un managing agent (mandataire) à conclure des contrats d'assurance ou à émettre des documents d'assurance au nom des membres d'un syndicat.
  • Brokers (courtiers) : la plupart des contrats du Lloyd's sont réalisés avec l'assistance d'un courtier. La majorité des opérations se tient dans la salle de souscription du Lloyd's, où ont lieu les négociations en face-à-face entre courtiers et syndicats.
  • Service companies : courtiers mandataires approuvés par le Lloyd's. Ce sont des filiales à part entière d'un mandataire ou d'une société holding.

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