Vers des rendements stables en 2012

Si le placement préféré des épargnants français affronte un contexte difficile, le rendement moyen servi pour 2012 ne devrait pas être sensiblement inférieur à celui de l'année dernière. Explications.

Président du cabinet d'actuaires Optimind, Christophe Eberlé l'affirme : « Je suis plus optimiste qu'en début d'année. A priori, les assureurs vont pouvoir délivrer le même taux que l'année dernière », tout en précisant qu'il est trop tôt pour s'exprimer de manière définitive. Stabilité des taux, telle est d'ailleurs l'analyse délivrée par l'un des ténors du marché fin juillet. Lors de la présentation des résultats semestriels, les dirigeants de CNP assurances ont indiqué que le taux de rémunération versé aux adhérents sur les fonds en euros serait de 2,7% fin 2012, en ligne avec celui servi en 2011.

Une situation paradoxale

Cyrille Chartier-Kastler est encore plus optimiste, et table sur une participation aux bénéfices en hausse, comprise entre 3,10 et 3,15%. Selon le fondateur du cabinet d'études Facts et Figures, « le vrai rendement aurait été de 3,30% en 2011 s'il n'y avait pas eu 0,30 € d'érosion causés par les dépréciations sur la dette grecque ».

Le pronostic peut surprendre dans le contexte financier actuel. Alors même que la crise des dettes souveraines a conduit les assureurs à recentrer leur portefeuille sur les obligations hexagonales selon le principe de « congruence », les taux d'emprunt à 10 ans de l'État français n'ont jamais été aussi bas : en effet, ils sont passés de 3,17% au mois de janvier à 2,27% au mois de juillet (moyenne mensuelle de l'obligation assimilable du Trésor à 10 ans). Et cette tendance à la baisse s'observe également du côté des obligations d'entreprise.

Pour autant, la Bourse a été beaucoup moins chahutée que prévu. Le CAC 40 s'affichait aux environs de 3 430 points le 27 août, en hausse de près de 9% depuis le début de l'année, ce qui a fourni aux assureurs l'opportunité de reprendre leurs provisions ou de dégager des plus-values sur cette catégorie d'actifs. L'impact est difficile à quantifier, parce que très variable d'une compagnie à l'autre et fonction de la valeur d'achat des titres. « Les actions représentent en moyenne 7% pour des assureurs cotés, mais d'autres en détiennent entre 12 et 15% », indique Cyrille Chartier-Kastler. Conséquence : sauf nouvelle crise sur les marchés d'ici à fin 2012, les actifs généraux des compagnies devraient conserver, voire améliorer leur rentabilité.

En outre, la fixation des rendements ne peut pas ignorer la concurrence du livret A, qui délivre 2,5 % net de toutes taxes et dont le plafond sera relevé de 15 300 à 19 125 € à la mi-septembre et à 22 950 € en fin d'année.

Faiblesse de la collecte

« Les assureurs vie ne peuvent pas se permettre d'avoir des rendements à la baisse en 2012. Ils devraient piocher dans leur pro-vision pour participation aux bénéfices (PPE) pour délivrer le même rendement que le marché et offrir mieux que livret A », estime ainsi Cyrille Chartier-Kastler. À condition qu'ils n'aient pas déjà trop sollicité cette PPE l'année dernière.

L'actuelle attractivité de l'épargne réglementée figure en bonne position parmi les explications avancées concernant le recul de l'assurance vie. À fin juin, d'après la FFSA, la collecte brute sur le premier semestre atteint 58,5 Md€ et les retraits 63 Md€, ce qui aboutit à une décollecte cumulée de 4,8 Md€. Paradoxalement, la faiblesse de la collecte est plutôt une bonne nouvelle pour les équipes chargées des placements. « Cela les empêche de devoir placer des sommes importantes à des taux très bas », indique Jean Berthon, président de la Fédération des associations indépendantes de défense des épargnants pour la retraite (Faider), donc d'hypothéquer les rendements à venir. À condition, toutefois, que la situation ne perdure pas et que la reprise à la hausse des taux d'intérêts, envisagée par certains observateurs, se confirme.

LA COLLECTE REDEVIENT POSITIVE EN JUILLET

  • Le phénomène de décollecte, sans interruption depuis mars, connaît un répit : au mois de juillet, la collecte de l'assurance vie a été positive de 400 M€, selon les derniers chiffres FFSA-Gema. Cette performance résulte à la fois de la nette hausse des cotisations (versements), qui passent de 9,5 Md€ en juin à 10,7 Md€ en juillet, et de la baisse des prestations (rachats partiels et totaux, décès), de 10,6 Md€ à 10,3 Md€ en un mois.
  • Reste que ce résultat ne bouleverse guère la tendance générale : depuis le début de l'année, l'assurance vie enregistre une décollecte de 4,2 Md€.

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