[DOSSIER] Organisation du travail : ces entreprises qui parient [...] 3/3

Axa France teste un nouveau mode de travail

Axa France teste  un nouveau mode de travail

Modification des fonctionnements en équipe, développement du télétravail, évolution des espaces de travail : l’accord sur les nouvelles formes d’organisations conclu en avril dernier au sein d’Axa France doit profondément transformer le quotidien des salariés de la compagnie d’assurances.

«The future is NWOW ». Ce jeu de mots, entendu dans les couloirs d’Axa France, fait référence à l’accord sur le « développement de nouvelles formes d’organisations du travail » conclu le 15?avril dernier entre la direction de la compagnie d’assurance et trois organisations syndicales représentatives (CFDT, CFE-CGC, Unsa). Son nom de code : NWOW, pour New Way of working ou New World of Work (1), selon les interlocuteurs.

« Tout est parti d’une visite que nous avons faite avec les partenaires sociaux chez Axa Belgium. Cette entité du groupe a développé un nouveau mode de travail basé sur l’autonomie et la responsabilité des collaborateurs », explique Sibylle Quéré-Becker, directeur du développement social d’Axa France. « Convaincus que cette organisation pouvait être un facteur d’amélioration de la performance collective de l’entreprise, mais aussi des attentes des salariés en termes de qualité de vie au travail (QVT), nous avons décidé de nous en inspirer au niveau d’Axa France », ajoute-elle.

La liberté de s’organiser selon ses besoins

Applicable à tous les salariés administratifs cadres et non cadres, l’accord d’avril ambitionne, entre autres, de revoir les principes du travail collectif. « Les équipes établissent des règles de bon fonctionnement pour favoriser l’efficacité, la prise d’initiative, la bonne répartition de la charge de travail au sein de l’équipe et l’équilibre de vie des collaborateurs qui la constituent », peut-on lire dans cet accord, dont L’Argus de l’assurance s’est procuré une copie. Autrement dit, chaque service définit sa propre organisation. Sans planification préalable du manager. « En fait, nous voulons évoluer vers une culture de confiance favorisant l’autonomie et la responsabilité, avec plus de liberté dans la façon d’atteindre les objectifs, mais aussi avec des échanges réguliers entre le manager et le collaborateur », précise Sibylle Quéré-Becker.

Axa France

  • Première entité du groupe Axa (22 % du chiffre d’affaires).
  • 23,8 Md€ de chiffre d’affaires en 2015.
  • 14 200 salariés en CDD et CDI (sans compter les agents généraux)

Dans ce sens, l’accord sur les nouveaux modes d’organisation entend également développer le travail à distance. Un accord sur le télétravail existe déjà au sein de la compagnie d’assurance depuis le 19 février 2013. Prorogé jusqu’à la fin 2016, il s’applique aujourd’hui à 700 collaborateurs. Mais l’objectif est d’aller encore plus loin. « Ce mode de travail sera, à présent, ouvert à tous les salariés autonomes désireux de télétravailler », indique un représentant syndical d’Axa France. Selon lui, alors que les modalités actuelles reposent sur le principe de double volontariat (de l’employeur et du salarié), la renégociation du texte pourrait prévoir que la décision de télétravailler revienne uniquement aux collaborateurs.

NWOW prévoit également « la mise en place d’un environnement digital de travail » et cela afin « d’accompagner la transformation digitale d’Axa France ». Avec Wifi à tous les étages et équipement progressif des salariés concernés par le numérique en ordinateur portable et téléphonie spécifique. Par ailleurs, les salles de réunions seront équipées afin de pouvoir tenir des vidéoconférences, alors que des bureaux partagés seront progressivement mis en place, en remplacement des postes de travail dédiés à chaque salarié. « L’idée est de créer des espaces qui soient plus collaboratifs et adaptés aux besoins immédiats des collaborateurs », précise une source syndicale.

Afin d’intégrer tous ces changements, un plan d’accompagnement pour l’ensemble des salariés et des managers touchés par ces nouvelles organisations du travail sera progressivement déployé. Car précision importante, tous ne seront pas immédiatement concernés par ces nouvelles formes d’organisation. « Après avoir signé cet accord, nous sommes désormais dans un processus de consultation vis-à-vis de nos instances sur le déploiement de ces nouveaux modes du travail », précise le directeur du développement social d’Axa France. Selon nos informations, deux entités devraient déjà servir de pilote à partir de septembre prochain : la direction des services informatiques, ainsi qu’un nouveau site basé à Isneauville, près de Rouen, qui devrait employer 400 personnes en 2017.

« Nous sommes rentrés dans une phase test and learn. Si ces nouvelles formes d’organisation fonctionnent dans les deux entités, alors elles seront le cas échéant étendues plus largement » précise une autre source en interne, qui indique que cet accord est à durée déterminée et applicable pour une période de 3 ans allant jusqu’au 31?mars 2019.

Recentrer le manager sur l’animation d’équipe

C’est a priori le grand perdant des nouvelles organisations du travail. En responsabilisant davantage les collaborateurs, le manager de proximité risque inévitablement de voir ses prérogatives diminuer. « Pour cette fonction, ces évolutions sont significatives et constituent une vraie opportunité », tempère Sibylle Quéré-Becker. « Au cours des dernières années, le manager s’est beaucoup investi dans les tâches de reporting, de contrôle quotidien et de distribution du travail. Avec ces nouveaux modes de travail, il va enfin pouvoir se recentrer sur son premier rôle, à savoir celui d’animateur d’équipe capable d’accompagner et de faire grandir ses équipes », explique le directeur du développement d’Axa France.

Un droit à la déconnexion

En 2012, Axa France crée une charte intitulée Pour mieux travailler ensemble, afin de sensibiliser notamment ses collaborateurs au bon usage des mails. Quatre ans plus tard, l’accord du 16?avril sur les nouvelles formes d’organisations du travail va plus loin, puisque tout un chapitre de ce nouveau texte insiste sur la régulation des usages digitaux. « Il y a lieu de tenir compte des plages horaires durant lesquelles le salarié peut être contacté lorsqu’il exerce son activité à distance. Les sollicitations des collaborateurs par mail/SMS/contacts téléphoniques sont à éviter hors des heures de bureau, le week-end et pendant les congés. Les salariés ne sont pas tenus de répondre aux mails en dehors des heures habituelles de travail et disposent ainsi d’un droit à la déconnexion », précise l’accord.

Emploi

BNP PARIBAS

Architecte IT H/F

Postuler

CIBLEXPERTS

Expert RC construction ou mécanique H/F

Postuler

ADECCO GS

Gestionnaire Sinistres (H/F)

Postuler
Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Prestations de services d'assurances

Ville de Broons

21 août

22 - Broons

Réalisation d'une mission de commissariat aux comptes - relance

Laval Agglomération

21 août

53 - LAVAL AGGLOMERATION

Prestations de Contrôle du service fait (CSF) des bilans des opérations programmées...

FPSPP Fonds Paritaire de Securisation des Parcours Proféssionnels

21 août

75 - FPSPP

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Axa France teste un nouveau mode de travail

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié