Axa-Winterthur, la fusion à l'épreuve du terrain

Six mois après, « l'Argus » revient sur la fusion Axa-Winterthur. Le géant français entre dans le vif du sujet en entamant la phase d'intégration de la compagnie suisse. Sa marque devrait s'imposer presque partout, tandis que les premières mesures sociales sont annoncées.

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Quelques mois après avoir annoncé le rachat, pour près de 9 MdE, de la compagnie suisse Winterthur - opération qui doit être finalisée à la fin de l'année -, l'assureur français a pris le taureau par les cornes. Il a commencé la restructuration de ses entités. Payée chère selon certains observateurs, la compagnie suisse doit faire des efforts sur ses coûts, mais Axa va au-delà, puisque toutes les entités sont passées au crible pour préserver la rentabilité, voire l'accroître. Les premières mesures prévoient des suppressions de postes dans diverses unités, mais les pertes d'emplois semblent globalement limitées, et des mesures d'accompagnement sont prévues. Tour d'horizon des principaux marchés européens et de l'état d'avancement des travaux.

La Suisse donne le ton

La pilule n'a pas été aussi facile à avaler que cela... L'assureur zurichois a en effet annoncé en septembre son intention de supprimer 350 postes en Suisse l'an prochain, dont 250 salariés sur les 1 300 qui travaillent au siège du groupe devraient être remerciés. La nouvelle organisation issue de l'intégration dans Axa, qui compte 60 agences et 210 collaborateurs dans la Confédération, pourrait encore réduire son effectif d'une centaine de personnes sur les 5 800 salariés travaillant actuellement en Suisse.

Les employés licenciés seront libérés de leur activité durant quatre mois tout en restant payés par l'assureur, a expliqué Christian Pfister, le porte-parole de Winterthur. Ils pourront ainsi se consacrer à leur recherche d'un nouveau travail en disposant de l'aide de professionnels. Cette mesure fait grincer des dents dans la Confédération. Mais les spécialistes estiment que le bilan de cette fusion reste largement positif. « Cette opération ne devrait entraîner que peu de changements pour le personnel et pourrait même lui offrir de nouvelles perspectives de développement », assure Jérôme Schupp, le responsable de la recherche à la Banque Syz à Genève.

Le Benelux emboîte le pas

En Belgique, le processus d'intégration va entraîner la perte de 334 emplois sur un total de 6 200. « Il va s'agir d'un processus d'intégration graduel, qui s'achèvera par une fusion juridique courant 2008 », précise le porte-parole d'Axa Belgium. Les réductions d'effectif concerneront en priorité les activités dommages, où l'entité fusionnée va se tailler la part du lion avec 25 % du marché IARD belge. En revanche, dans la branche vie, où Winterthur ne captait pas plus de 1 % du marché, la restructuration n'aura quasiment aucun effet. « L'opération de rapprochement se fera tout au long de 2007 et de 2008 », indique-t-on au siège d'Axa Belgium.

« Ce sera facile aux Pays-Bas », affirme le porte-parole d'Axa Nederland, parce qu'aucun licenciement n'est prévu dans ce pays, où les 180 salariés de Winterthur retrouveront un poste au sein de l'entité fusionnée. « Et il n'existe aucun doublon », estime-t-on au siège néerlandais d'Axa, où l'on précise que les marques des produits Winterthur disparaîtront purement et simplement.

Autre simplification dans cette opération, la filiale néerlandaise de DBV restera en dehors de la fusion pour des raisons tenant aux particularités de son portefeuille d'assurance vie. En fait, aux Pays-Bas, le gros des travaux portera sur l'avenir des implantations de Winterthur.

L'Allemagne prépare sa mutation

Jusqu'à présent lanterne rouge du groupe en Europe, Axa Allemagne est prise en mains depuis octobre par Frank Keuper, en remplacement d'Eugène Teysen, de retour en Belgique. Frank Keuper est un ancien d'Axa et était devenu le patron de la filiale allemande de Winterthur, la DBV-Winterthur.

Ce préliminaire à la fusion est lourd de symbole ! Car si DBV-Winterthur pèse moins lourd (3,8 MdE de primes, contre 6,4 MdE pour la filiale de l'assureur français), l'entité allemande de Winterthur n'en reste pas moins l'emblème d'une compagnie d'assurances à la solide implantation germanique. Assureur privilégié des fonctionnaires, lié par une convention à Ver.di, premier syndicat européen, la DBV-Winterthur lutte pour la pérennité de son identité.

Pourtant, en pleine finalisation du dossier de reprise soumis à l'autorisation des autorités de surveillance des cartels, il est difficile de préjuger de l'avenir de l'entité DBV-Winterthur au sein du groupe Axa. « Nous restons pour l'instant concurrents et ne pouvons échanger d'informations d'un groupe à l'autre », affirme Mathias Oldhaver, porte-parole de la DBV-Winterthur. Tandis que son homologue d'Axa, Ulrich Bockrath, renvoie à janvier pour davantage de détails sur la stratégie de l'intégration.

Une seule chose semble sûre : la marque DBV subsistera pour le segment de clientèle service public au moins jusqu'en 2008, tandis que les autres activités seront regroupées plus tôt sous la bannière Axa.

Le Royaume-Uni joue la synergie

Au Royaume-Uni, la fusion entre Axa et Winterthur se fait sur le mode de la complémentarité. C'est pourquoi aucune suppression de postes ne semble évoquée. « L'intégration se passe bien et nous sommes persuadés que nous allons réaliser de bonnes synergies », souligne Olivier Mariée, responsable marketing d'Axa UK. Fidèle à cette orientation, l'assureur a annoncé fin novembre une réorganisation de ses divisions en différentes unités opérationnelles.

Parmi les nouvelles initiatives, la restructuration des opérations recouvre une nouvelle unité, Corporate Business, conséquence de la fusion entre la division Axa Life's Corporate Benefits et Winterthur. Dans ce cadre, Axa UK a nommé Mike Kellard, actuellement directeur général de Winterthur UK, au poste de directeur général de la division de gestion de fortune nouvellement créée, Wealth Management.

L'Espagne prend des gants

Outre-Pyrénées, un « pourcentage réduit » des 4 200 employés sera affecté par la fusion, selon le nouveau directeur général d'Axa-Winterthur Espagne (à compter du 1er janvier), Javier de Augustin, qui promet des « solutions pacifiques » à cette question. Mais dans la pratique, les postes de la seconde ligne de direction, à quelques exceptions près, sont déjà occupés par des dirigeants d'Axa. « Il est bon que Winterthur ait enfin un actionnaire qui s'intéresse à l'assurance, mais je suis sceptique sur les réductions d'effectifs », avoue Bernard Retali, ancien de Winterthur et président d'Inov Group, cabinet de conseil et de courtage en assurances basé à Barcelone. Toutefois, Winterthur Espagne avait déjà drastiquement supprimé des emplois ces dernières années (de 25 %, pour arriver à 1 700 employés à ce jour).

Javier de Augustin a annoncé la création de cinq filiales regroupées sous le chapeau d'Axa Holding - non-vie (Axa Aurora, Winterthur Seguros), pensions (Axa Pensiones, Winterthur Pensiones), vie (Axa Aurora Vida, Winterthur Vida), santé (Winterthur Salud) et assurance directe (Direct Seguros) - totalisant 3,4 MdE de primes et 6,89 % de part de marché (chiffres 2005).

La direction estime que la fusion permettra d'économiser 80 ME, en grande partie grâce à l'intégration des systèmes informatiques. Mais la migration des systèmes informatiques entraîne souvent un surcoût économique les premières années, même si ceux d'Axa et Winterthur semblent complémentaires. Les économies devront donc être trouvées ailleurs !

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