[DOSSIER] Rendez-vous de septembre 2016 : la réassurance en [...] 2/9

Baisse des tarifs : pourquoi les réassureurs ne seront pas tous concernés

Baisse des tarifs : pourquoi les réassureurs ne seront pas tous concernés
Entrée du casino de Monaco, l'un des espaces dédié aux Rendez-vous de septembre (RVS).

Depuis 5 ans, agences de notation et courtiers dépeignent un marché de la réassurance dommages difficile, marqué par une pression concurrentielle, un excès de capacités et une dégradation des tarifs. Pourtant, tous les réassureurs ne seront pas confrontés à une baisse des tarifs en 2017. Explications.

A quelques jours du coup d’envoi des 60e Rendez-vous de septembre (RVS) de Monte-Carlo, qui marquent traditionnellement le coup d’envoi des négociations tarifaires entre assureurs (cédantes), courtiers et réassureurs dommages, les perspectives livrées par les agences de notations n’incitent guère à l’optimisme. Dernière en date, celle de Standard & Poor’s : « les conditions opérationnelles défavorables du secteur demeurent inchangées : une offre supérieure à la demande du fait de grosses capacités à la fois dans le bilan des réassureurs et dans les capitaux alternatifs, des cédantes qui conservent plus de rétention, une pression tarifaire de l’assurance directe, des rendements financiers faibles… », souligne Lotfi Elbarhdadi, directeur senior groupe assurances chez Standard & Poor's.

Cinq ans de baisse continue

Conséquence de ce constat, la baisse des tarifs en réassurance dommages devrait persister au 1er janvier 2017, date des prochains renouvellements de traités, dans une fourchette comprise entre 0 et -5%, selon les projections de l’agence de notation. Une tendance amorcée depuis maintenant cinq ans (voir ci-dessous).

Evolution des tarifs des couvertures catastrophes entre 1990 et 2016, mesurée par le ROL (rate on line) :

Source : Standard & Poor's

Les « multiliners » versus les « monoliners »

Voilà pour l’observation générale. Or, dans les faits, tous les acteurs de l’industrie ne devraient pas être affectés dans les mêmes proportions par ce cycle baissier. Et pour cause : les réassureurs dits « globaux », à la fois multi-lignes et multi-zones, peuvent recourir plus largement à la diversification de leurs portefeuilles, quitte à se montrer plus sélectifs. « Il existe également un écart significatif entre des réassureurs globaux qui tirent parti de la diversification avec un management des risques très abouti et d’autres plus largement exposés compte-tenu de leur portefeuille monoliner plus concentré en particulier sur les lignes catastrophes », note Lotfi Elbarhdadi.

Une analyse que partage le PDG de Scor, Denis Kessler : « J’insiste sur le fait que chaque société de réassurance a un portefeuille de risques spécifique, une présence géographique particulière et un mix original entre protection proportionnelle et non proportionnelle. Attention aux commentaires généraux sur les évolutions tarifaires. L’analyse des renouvellements montre clairement que la situation varie d’une société à l’autre. » Entre 2013 et 2016, le cinquième réassureur mondial a dégagé un ratio combiné moyen de 92,5% et une croissance annuelle moyenne des primes de 5,9% en dommages.

Une baisse inégale selon la ligne d’affaires

Le reflux tarifaire amorcé depuis 2012 ne concerne pas non plus toutes les lignes d’affaires de biens et de responsabilités (property & casualty). Dans le détail, on s’aperçoit que les traités catastrophes (Etats-Unis, Asie et Europe) enregistrent les baisses les plus soutenues, dans une fourchette comprise entre -4% et -20%. Cette tendance s’explique notamment par la concurrence des « cat bonds » (obligations catastrophes), une forme de titrisation du risque, en particulier aux Etats-Unis.

Les autres lignes d’affaires résistent en revanche à l’hémorragie tarifaire à l’instar des lignes casualty (prix stables) ou encore des programmes de réassurance auto en Europe où les prix ressortent « légèrement positifs », selon S&P.

Evolution des tarifs selon les lignes d'affaires en 2016 :

Source : Standard & Poor's

Les réassureurs révisent leurs stratégies

Les réassureurs, enfin, n’ont pas attendu cinq ans avant de réviser leur positionnement de marché et la structuration de leur programme. « Nous observons déjà des réassureurs réorienter leur collecte vers de la réassurance proportionnelle dans la mesure où le non proportionnel est beaucoup plus affecté par le contexte tarifaire », indique S&P.

Un passage du non-proportionnel au proportionnel qui s’est notamment traduit dans les comptes semestriels de quelques réassureurs par une baisse des primes nettes émises. « Les frais généraux (acquisition et administration) augmentent plus vite que les primes notamment en raison des frais liés à la conformité et des versements de commissions aux cédantes liés à la hausse de la réassurance proportionnelle. », constate Lotfi Elbarhdadi.

Les prévisions 2016-2017 de S&P pour la réassurance :

- Dégradation du ratio combiné : entre 97 et 102% à fin 2016 et entre 100 et 104% à fin 2017.

- Rendement annualisé des fonds propres (ROE) : entre 7 et 9% en 2016-2017.

- Baisse des tarifs de réassurance property and casualty de 0 à -5%.

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