Bancassureurs, les challengers de la collective

Bancassureurs,  les challengers de la collective
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Parmi les plus impactés par la généralisation de la complémentaire santé, les bancassureurs se sont réorientés sur les contrats collectifs, avec la volonté de se développer sur le segment des TPE et PME. Les premiers bilans se révèlent inégaux.

Janvier 2013, douche froide pour la bancassurance ! L’article 1 de l’accord national inter­professionnel signé par les partenaires sociaux généralise la complé­mentaire santé à tous les sala­riés à horizon 2016. Un mauvais coup pour la stratégie des bancassureurs : en pleine réorientation de leur activité, vers moins d’épargne et plus d’offres dites de protection, ces poids lourds de l’assurance vie sont alors en pleine conquête de la complé­mentaire santé… individuelle. Un marché frappé de plein fouet par l’ANI puisque l’on prévoit des résiliations importantes de salariés et ayants droit désormais couverts obligatoirement par leur entreprise.

Mais trois ans plus tard, ce que certains annonçaient comme un « tsunami » n’a visiblement pas eu lieu. « Pour l’instant, nous ne remarquons rien de sensible en termes de résiliations », constate Catherine Kerrevel, directrice générale de La Banque postale Assurance Santé. Et de fait, La Banque postale, qui affiche pour 2015 l’une des plus belles progressions en santé parmi les bancassureurs (+36 %), met en avant ce marché des particuliers. « La croissance de notre activité en santé individuelle continue d’être au rendez-vous. Nous bénéficions bien sûr de la qualité de nos offres comme l’Assurance Coups durs Santé, de notre portefeuille histo­rique de senior et de la jeunesse de notre structure qui nous permet de gagner des parts de marché », poursuit Catherine Kerrevel.

Multiéquiper les entreprises

La collective n’a donc pas tout bala­yé. « L’ANI est loin d’embarquer tous les salariés. Beaucoup de contrats sont mis en place par décision unilatérale de l’employeur, laissant ainsi le choix aux salariés de ne pas y adhérer. Ça, peu de professionnels l’avaient anticipé et on estime qu’environ 50 % des salariés n’ont pas adhéré à ces régimes », relève Pierre Guillocheau, directeur des Assurances collectives de Crédit agricole Assurances. Mais le bancassureur, comme ses confrères, n’en est pas moins parti à la conquête des entreprises. Et Crédit agricole Assurances a fait le choix d’une stratégie éprouvée, qui a déjà montré son efficacité pour le dommage, voire la santé et la prévoyance individuelles : le multiéqui­pement.

« Nous voulons créer le modèle de la bancassurance des entreprises. Nous nous appuyons, pour cela, sur trois approches. Une offre modulaire standardisée pour les TPE et les PME, des offres sur-mesure pour les entreprises de plus de 200 salariés et des offres packagées et segmentées pour les branches en intégrant la santé, la prévoyance et la retraite », confirme Pierre Guillocheau. Même approche du côté de La Banque Postale Assurance Santé. « Pour nous, le développement de l’assurance santé collective représente une opportunité. Nous avons lancé une offre en avril 2015 avec nos partenaires actionnaires la Mutuelle générale et Malakoff Médéric. Le bilan est encore modeste puisque nous avons enregistré 1 500 contrats, mais nous continuons de développer cette activité en proposant de multiéqui­per les entreprises clientes de La Banque postale », ajoute Catheri­ne Kerrevel.

Dans le cadre de la reconfiguration de notre partenariat, BPCE nous a confié la couverture santé de ses entreprises clientes de 21 salariés et plus.

Éric Demolli, directeur technique et marketing santé, prévoyance et dépendance de CNP Assurances

L’effet ANI va perdurer en 2016, voire 2017

Multiéquipement, mais aussi partenariats avec des acteurs spécialisés de la collective, les bancassureurs sont en ordre de marche pour faire face à cette mutation du marché de la complémentaire. Mais pas toujours avec la même réussite. Société générale Insurance récolte les premiers effets du lancement de son offre santé collective avec un peu plus de 9 000 entreprises clientes. Sur 2015, SGI affiche d’ailleurs une des plus belles progressions sur le segment de la santé (+30 %). En revan­che, si BNP Paribas Cardif conserve la 7e place de notre « Classement santé » en 2015 (voir tableau ci-dessous), il n’enregistre aucune croissance de son chiffre d’affaires qui stagne à 43 M€. Le bancassureur, qui a pris l’option du partenariat avec la mutuelle Mieux-Être (groupe PRO-BTP) concède une certaine déception quant aux résultats de son offre collective lancée il y a tout juste un an. De son côté, le groupe des assurances du Crédit mutuel, traditionnellement bien positionné sur l’assurance santé indi­viduelle, affiche même une baisse de son chiffre d’affaires. Certes la fin des contrats santé des frontaliers a eu un effet négatif – constaté également par CNP Assurances qui esti­me la perte causée à 20 M€ – mais difficile de ne pas voir dans ce mauvais résultat un premier effet du basculement du marché. Le groupe ACM n’a pas souhaité, pour le moment, faire un bilan de l’ANI, jugeant « prématuré de communiquer sur ce sujet au-delà des bons résultats commer­ciaux constatés en 2016 ».

Il est vrai que beaucoup d’entreprises se sont réveillées au dernier moment. Tous les assureurs santé soulignent que l’effet ANI va perdurer tout au long de l’année 2016, voire 2017. Crédit agricole Assurances a enregistré, au 1er janvier, 24 000 contrats couvrant 240 000 bénéficiaires dont 190 000 dans le cadre de contrats souscrits par des PME et des grandes entreprises. Éric Demolli, directeur technique et marketing santé, prévoyance et dépendance de CNP Assurances, confirme une stratégie de long terme : « Dans le cadre de la reconfiguration de notre partenariat, le groupe BPCE nous a confié la couverture santé de ses entreprises clientes de 21 salariés et plus. Cela représente un potentiel de près de 100 000 entreprises et nous nous sommes fixé un objectif de 10 % d’ici 4 ans ». Maintenir ses positions sur les couvertures santé individuelles, nettement plus rentables, voire conquérir de nouveaux publics comme les fonctionnaires, tout en se développant sur le monde des entreprises… les bancassureurs ne négligent aucune carte pour réussir en santé. Des efforts à la hauteur de l’enjeu, une indispensable diversification dans un contexte persistant de taux historiquement bas !

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