Baromètre IT Accenture / Argus : le digital annexe près d'un quart des budgets informatiques

Baromètre IT Accenture / Argus : le digital annexe près d'un quart des budgets informatiques

La majorité des directeurs des systèmes d’information estime que leurs investissements informatiques vont croître en 2017, tirés par la transformation digitale. Cependant, une partie des budgets quitte leur direction...

Quasiment un directeur des systèmes d’information (DSI) sur deux, parmi ceux interrogés par le baromètre ­Accenture/L’Argus de l’assurance, table sur une hausse de ses investissements en 2017 contre 41 % dans l’édition précédente. Et le digital commence à se frayer une place de choix : «Les investissements dans le numérique pèseront 22 % des budgets en 2017, contre 17 % un an plus tôt», certifie Nicolas Maincent, directeur au sein du secteur des services financiers d’Accenture en France. Ainsi, la transformation digitale représente 20 M€ sur trois ans chez AG2R La Mondiale, soit au moins 30 % des projets. «Beaucoup ont des aspects ­digitaux, ­notamment autour des données, de la dématérialisation, de l’interface avec les clients et les prospects. Entre 2015 et 2017, nous sommes dans la phase haute de nos investissements», explique Jean-Christophe Combey, mem­bre du comité exécutif en charge des systèmes ­d’information.

Pour sa part, la Maif a travaillé sur un schéma directeur informatique qui, mi-2015, a abouti à dix orientations. «Elles ont toutes le même objectif : être digital ready en 2018. Nous ­devons donc adopter les codes du digital dans notre SI. Cela passe par son ouverture via la mise en place d’une interface de programmation applicative (API), d’un puits de données, le renforcement de la sécurité, la remise à plat de la gouvernance des données...», résume Nicolas Siegler, DSI de Maif. Les investissements sont donc toujours d’actualité.

Pour le digital, les DSI interrogés citent le développement d’applications mobiles (à 57 %) et les services omnicanaux (50 %) comme étant leur priorité. Côté marketing digital, ce sont l’amélioration de l’interactivité (44 %) et de l’expérience client (41 %) qui restent en tête. Mais le perfectionnement de la segmentation de la clientèle, qui fait son entrée dans le Top 3, n’est cité que par un tiers des répondants.

Méthodologie

29 directeurs des systèmes d’information ont été interrogés par téléphone de septembre à novembre 2016. L’échantillon est constitué de 13 assureurs traditionnels, 3 bancassureurs, 10 mutuelles et 3 instituts de prévoyance. 14 ont une activité en assurance vie, 20 en assurance dommages (dont santé), 19 en prévoyance, 18 en responsabilité civile, 17 en assurance de biens, 5 en assurance de personne. Tous appartenaient aux 200 plus importantes sociétés d’assurance en dommages et en vie en France.

Travailler sur les données

Le digital met, pourtant, en exer­gue l’importance des ­données. «Les assureurs ont commen­­cé par investir sur les canaux de distribution. Maintenant ils veulent segmenter au mieux leurs clients avec des solutions analytiques. 70 % des répondants ont ainsi prévu d’accroître leurs investissements sur cette thématique», souligne Cyrille Robinet, directeur au sein d’Accenture Technology pour le secteur des services financiers en France. Cependant, beaucoup d’assureurs en sont encore à orga­niser la gouvernance de leurs data et à travailler sur leur qualité. Ils mettent en place des infrastructures permettant de centraliser toutes les données client collectées dans les outils métier. «Beaucoup de DSI se demandent comment exploiter ces données. À tel point, que seuls 14 % des répondants font du big data et 17 % prévoient de le mettre en œuvre dans les 24 prochains mois», confirme Cyrille Robinet.

3 chiffres à retenir

  • 20 % des nouveaux budgets informatiques seront consacrés au digital contre 17 % en 2016.
  • 70 % des DSI vont augmenter leurs investissements sur l’analytics.
  • 31 % des DSI estiment le développement les méthodes agiles comme prioritaire.

En parallèle, les DSI travaillent à renforcer la sécurité de leurs SI, car la transformation digitale ­impose de les ouvrir plus largement à l’extérieur. «Il est devenu indispensable de mettre en œuvre des mécanismes évolués de sécurité que nous n’avions pas auparavant. Nous avons notamment déployé des pare-feux applicatifs qui permettent d’autoriser ou non un utilisateur ou une application à accéder à notre SI», témoigne Éric Chevallereau, DSI d’Adrea Mutuelle.

Plan de reprise d’activité et sécurité sont d’ailleurs cités par respecti­vement 48 et 41 % des répondants comme leurs deux premières priorités en termes d’investissement en infrastructures.

Jérôme Sennelier, DSIO de Klesia
«Le cloud oblige à s’interroger»

« Le cloud pose de vraies questions de sécurité, de propriété des données et de mode de gouvernance. Actuellement nous l’utilisons assez peu, mais nous avons des projets importants qui vont être en mode Saas (NDLR : modèle d’exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l’utilisateur). Quand on utilise ce type d’outil, il faut examiner notamment le niveau de services, d’intégration avec les applications métiers, d’interdépendance avec les autres applications... On peut utiliser des outils de développement, des bases de données, des technologies innovantes, mais comme on paye à l’usage, il faut s’interroger en permanence sur la question du modèle économique que l’on va construire. »

21 % des budgets IT échappent à la DSI

La part des dépenses informatiques consacrées au lancement de nouveaux projets devrait ­rester stable pour 54 % des DSI, contre 35 % qui prévoient une augmentation. «Cette stabilité peut s’expliquer par l’accrois­sement des développements en méthodes agiles qui ne rentrent pas nécessairement dans la ­catégorie des projets, car ils font souvent moins de 200 jours hommes», explique Nicolas Maincent. Le développement des méthodes agiles et "Dev­Ops" entre, d’ailleurs, directement dans le top des priorités en matière d’industrialisation du fonctionnement de l’IT (citées par 31 % des répondants). Cette agilité associe étroitement la DSI et les utilisateurs, et réduit à quelques semaines la durée de chaque projet.

L’arrivée du digital et de l’agilité impacte les budgets informatiques : «Une part de plus en plus importante échappe aux DSI, puisque 21 % des budgets informatiques digitaux ne sont pas gérés par leur direction, mais par les équipes opérationnelles comme le marketing notamment. Une part qui augmente chez un assureur sur quatre par rapport à l’an passé», souligne Nicolas Maincent.

Les budgets informatiques digitaux n’étant plus directement et uniquement gérés par la DSI sont principalement liés aux interactions clients : la relation client (89 %), le marketing (78 %) et les ventes (78 %). «Nous sommes allés au bout de notre logique, les budgets d’investissement ne sont plus affectés aux directions, mais à un collectif de suivi de la transformation qui est garant de la cohérence globale et du partage», confirme Laurent Adouard, directeur général délégué en charge des opérations et du pilotage du projet de transformation de la Mutuelle Nationale Territoriale (MNT).

Nicolas Maincent, directeur au sein du secteur des services financiers d’Accenture en France
«Le réglementaire, premier déclencheur d’investissement»

  • Comment évolueront les investissements informatiques en 2017 ?
    En moyenne, la part des DSI qui prévoient une progression de leurs investissements en 2017 passe de 41 à 48 %. En même temps, la proportion de ceux qui envisagent une baisse augmente de 7 à 14 %. Les investissements sont, en effet, de plus en plus ciblés. Les reconductions automatiques d’une année sur l’autre des budgets ne semblent plus de mise.
  • Quels sont les déclencheurs ?
    L’amélioration de la qualité de la relation client (citée par 57 %) et la mise en œuvre de la stratégie digitale (52 %) restent des sujets importants. Cependant, l’adaptation à de nouvelles normes et règlements est le premier déclencheur, pour 66 % des répondants contre 40 % l’an passé. Cela s’explique, notamment, par la phase deux d’IFRS (NDLR : normes internationales d’informations financières), qui doit être mise en œuvre pour 2020 et va générer des investissements élevés pour pouvoir traiter des volumes de données importants. Il y a également des ajustements à faire concernant Solvabilité 2, suite aux retours de l’ACPR. Travailler sur la gouvernance des données est, enfin, un vrai enjeu pour les assureurs.

Repenser le rôle de la direction informatique

L’enjeu pour les DSI est donc de voir comment leur métier va évoluer avec le digital. Elles vont devoir développer de nouveaux métiers, notamment avec l’arrivée du cloud computing. «Sur les études, par exemple, il va leur falloir repenser l’architecture pour réussir à intégrer de plus en plus de partenaires. Une grande partie des métiers techniques va disparaître et en même temps, il faudra plus de compétences en architecture. La DSI va devoir repenser son métier pour se positionner non pas comme un centre de coût mais comme un partenaire», analyse Nicolas Maincent.

Cela signifie former les équipes et embaucher de nouveaux profils. «À la DSI, nous avons un plan de recrutement sur trois ans pour intégrer de nouveaux talents et les nouveaux profils nécessaires pour accompagner le groupe dans son développement : des architectes, des experts de la sécurité des SI, des data scientists pour gouverner les données informatiques, des directeurs de projet... À cela s’ajoute un gros volet formation pour les collaborateurs déjà en poste», confirme Corinne Dajon, DSI d’AG2R La Mondiale.

On le voit, la transformation digitale n’est plus seulement dans les discours des directions générales, mais impacte largement les DSI qui se doivent de négocier ce nouveau virage pour en faire, ou non, leur expertise métier.

Eric Sorin, DSI de la MACIF
«Renforcer la sécurité»

« Avec l’ouverture vers l’extérieur du SI, il faut se préoccuper de la gestion de la sécurité et des habilitations. Pour cela, nous utilisons une API gateaway, qui permet d’ouvrir certains services à un profil d’utilisateur bien défini. Quand un client est sur Internet, ou un gestionnaire sur le réseau de l’entreprise, ce sont les mêmes services qui sont invoqués, mais les habilitations et la sécurité sont différentes. D’ailleurs, quand une demande vient de l’extérieur, nous établissons des zones de confiance : ces zones ne peuvent pas être pillées par des personnes voulant nuire à l’entreprise, car elles ne contiennent aucune donnée. C’est un sas de sécurité. »

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