BPCE : une fusion, une ambition ... et des questions

Dans la nouvelle feuille de route de BPCE pour 2014-2017, l'assurance devient une priorité stratégique. Le groupe bancaire prévoit de fusionner ses activités vie et dommages au sein de Natixis et de faire sans CNP assurances pour ses nouvelles activités vie qu'il développerait désormais en interne.

Pourquoi BPCE veut-il créer un grand pôle assurance ?

Le groupe Banque populaire Caisse d'épargne (BPCE) se rêve désormais en grand bancassureur. « L'assurance est un métier stratégique pour BPCE, a affirmé François Pérol, président du directoire, à quelques jours de la présentation du plan stratégique du groupe pour 2014-2017. Nous souhaitons qu'il soit aussi important que la banque, aussi bien en matière d'épargne que d'assurances dommage. Ce sont des activités synergiques avec nos autres activités. »

18% Part indirectement détenue dans CNP par BPCE qui affirme vouloir rester « un actionnaire stable et de long terme ».

Car même si BPCE affiche pour ses deux réseaux un bon dynamisme commercial et a engrangé un bénéfice de 2,3 Md€ sur les 9 premiers mois de 2013 (+ 12% sur un an), globalement le métier bancaire est à la peine : réduction des commissions cartes, production de crédits en berne ou encore Bâle 3 qui vient contraindre l'activité. D'une simple diversification d'appoint, l'assurance fait figure aujourd'hui d'activité centrale. Le groupe ne découvre pas la bancassurance pour autant : son projet « Ambition Banquier Assureur » qui visait à former quelque 23 000 collaborateurs à l'assurance, était déjà l'un de ses grands chantiers en 2011.

Quel rôle pour Natixis ?

Pour mener à bien cette ambition, BPCE veut loger toutes ses activités d'assurances au sein de Natixis. « C'est un projet industriel de long terme et stratégique », selon Laurent Mignon, son directeur général. Aujourd'hui, les activités d'assurances sont en effet éclatées au sein de différentes entités du groupe (graphique). BPCE Assurances fournit les assurances auto et habitation aux Caisses d'épargne. Côté Banque populaire, c'est aux Assurances Banque populaire, filiales de Natixis, qu'est dévolu ce rôle. Depuis peu, à la faveur d'investissements informatiques conséquents, l'assurance vie s'est installée au premier rang comme l'atteste le niveau de services du nouveau contrat Horizéo destiné aux réseaux Banque populaire et Crédit maritime.

Avec cette « usine » toute neuve, Natixis parait donc en ordre de marche dans l'assurance vie, mais la période est-elle propice ? Alors que les fonds en euros sont omniprésents en France et que les taux des obligations sont au plus bas, vouloir se développer aujourd'hui sur le marché de l'assurance vie serait une équation compliquée à résoudre.

Quels liens BPCE et CNP peuvent-ils conserver ?

L'intention affichée de BPCE de mettre fin à son partenariat de distribution avec CNP fin 2015, partenariat déjà renouvelé en 2006, a surpris. D'autant qu'elle se double d'une volonté de rester « un actionnaire stable et de long terme de CNP Assurances », selon François Pérol. Actuellement, les deux groupes sont en effet fortement imbriqués : actionnaire à hauteur de 18% de CNP, BPCE est aussi un partenaire distributeur qui a perçu 833 M€ de commissions en 2012.

CNP gère quelque 100 Md€ des contrats d'assurance vie des Caisses d'épargne comme Nuances 3 D, Nuances Privilège ou encore Initiatives Transmission, parmi les contrats les plus diffusés au sein des foyers français. Le nouvel accord, dans lequel BPCE s'envisage comme « client » de CNP, laisserait à ce dernier la gestion de tous les encours des contrats souscrits jusqu'à fin 2015 ainsi que les flux futurs. Une façon pour BPCE, qui reprendrait la main sur toute la production nouvelle d'assurance vie, de préserver la valeur de CNP.

NATIXIS, D'AUTRES MÉTIERS PROCHES DE L'ASSURANCE

  • Issue de la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne en 2006, Natixis est la banque de financement, de gestion et propose des services financiers pour le compte du groupe BPCE. Les activités en synergie avec l'assurance sont nombreuses
  • Gestion d'actifs avec Natixis Global Asset Management (591 Md€ d'actifs gérés fin 2012)
  • Epargne salariale et retraite : numéro un en France avec Natixis Interépargne (37 millions de clients)
  • Banque privée avec notamment la Banque 1818 (20,8 Md€ d'actifs gérés fin 2012)

Quel avenir pour CNP sans BPCE ?

Même si François Pérol s'en défend, arguant que « les Caisses d'épargne sont loin de réaliser l'essentiel de l'activité de CNP », la fin de cet accord de distribution constituerait une perte significative pour CNP. Certes, le premier assureur de personnes français s'est orienté avec succès vers d'autres axes comme l'Amérique latine (2,3 Md€ des 21 Md€ de chiffre d'affaires réalisé sur les 9 premiers mois de 2013) ou l'Europe en modèle ouvert sur l'assurance emprunteur, l'épargne haut de gamme et la prévoyance : il vient d'ailleurs de signer un important contrat de retraite collective au Danemark.

En France, la Banque postale reste le deuxième grand partenaire-actionnaire de CNP. Et à l'instar de BPCE, son accord de distribution entre CNP vient à échéance dans deux ans. Pour l'heure, la filiale de la Poste est restée muette sur le sujet.

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