Bush veut confier les retraites au privé

Après la santé la semaine dernière, l'« Argus » analyse le programme des candidats à la présidence américaine sur un autre sujet sensible : les retraites.
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Faut-il réformer les retraites ? George W. Bush vous répondrait par l'affirmative et John F. Kerry par la négative. Contrairement aux idées reçues, le système américain repose en partie sur un régime général depuis la création de la Social Security en 1935. Il fournit actuellement une moyenne de 926 $ (756 E) par mois à une majorité des personnes âgées (lire l'encadré à droite). Malgré une croissance démographique enviable, le vieillissement de la population menacera l'équilibre du système à partir de 2019. Selon un rapport du Congrès (lire l'encadré ci-dessous), les prestations commenceront alors à dépasser les cotisations perçues jusqu'à l'épuisement des réserves en 2052.

Déficit public aggravé ou responsabilité fiscale

Les républicains, partisans du « moins d'État », ont agité le chiffon rouge afin de favoriser une privatisation partielle de la Social Security, donc la fin du système par répartition. Les démocrates veulent prendre leur temps avant de procéder à des réajustements mineurs. En 2001, une commission nommée par George W. Bush n'était pas parvenue à fournir des solutions satisfaisantes. Le président se représente devant les électeurs en promettant à nouveau une transformation radicale de la Social Security. Il veut réduire le rôle (déjà maigre) de l'État dans le financement des retraites au profit des assureurs et des fonds de pension, jugés plus compétents pour gérer l'argent des contribuables. « Les jeunes Américains devraient pouvoir utiliser leurs impôts afin d'ouvrir un compte épargne personnel », affirme George W. Bush. Concrètement, un salarié pourrait confier à un établissement privé la gestion de 40 % des cotisations (ou 2,5 % de sa rémunération) alimentant actuellement la Social Security.

La réforme voulue par George W. Bush en 2001 est restée bloquée, faute de financement. Priver le régime par répartition d'une partie de ses recettes créerait un trou de 2 000 Md$ (1 600 MdE) au cours des dix premières années, car la Social Security continuerait à verser des prestations à des retraités de plus en plus nombreux, tandis que les cotisations des actifs échapperaient de plus en plus au régime obligatoire. L'Université de Chicago a identifié un déficit supplémentaire de 940 Md$ (767,5 MdE) sur soixante-quinze ans : les frais de gestion des fonds de pension privés sont 36 % plus élevés que ceux de la Social Security. Enfin, les retraites des Américains reposeront un peu plus sur les actions et les obligations, plus risquées que les bons d'État constituant les portefeuilles du régime de base.

Selon les démocrates, George W. Bush n'essaie pas de réformer, mais de favoriser le secteur privé, comme ce fut le cas pour la remise à plat du Medicaid (le système de santé public pour les personnes âgées et les indigents). « Je ne privatiserai pas la Social Security. Je ne réduirai pas les prestations. Je ne relèverai pas l'âge de la retraite », a promis John F. Kerry. Les démocrates, qui bénéficient d'un préjugé favorable des Américains sur les retraites, estiment que le déséquilibre entre actifs et retraités peut être géré sans chamboulement majeur. « La chose la plus importante que nous puissions faire est de restaurer la responsabilité fiscale », explique Sarah Bianchi, directrice politique de la campagne Kerry- Edwards. Le sénateur du Massachusetts plaide pour l'affectation d'une partie des surplus budgétaires au renforcement de la Social Security. Difficile à court terme, car le budget public est passé d'un excédent de 236 Md$ (193 MdE) en 2000 à un trou béant de 375 Md$ (306 MdE) en 2003.

Les retraités ont voté, les assureurs aussi

Le point de vue de John F. Kerry est défendu par l'association américaine des retraités. « Les comptes privés détérioreraient la santé financière de la Social Security, à moins de réduire drastiquement les prestations », critique John Rother, directeur politique de l'association. Les experts préfèrent aussi des ajustements mineurs du système, en particulier la suppression du plafonnement des prélèvements sur les hauts revenus. George W. Bush peut néanmoins compter sur le soutien des assureurs et des fonds de pension. Ces derniers ont d'ailleurs accordé les deux tiers de leurs contributions électorales à des candidats républicains.

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