[DOSSIER] Enass - Ifpass 2/2

Ça bouge dans les rangs de l'Enass et l'Ifpass

Ça bouge dans les rangs de l'Enass et l'Ifpass

À peine engagée, 2014 s'annonce déjà comme une année majeure pour l'Enass et l'Ifpass. Sous la pression de la profession, les lignes bougent entre les deux acteurs, avec pour chacun d'entre eux des évolutions fortes au regard notamment des besoins des entreprises et des réformes de la formation professionnelle.

Enass - Ifpass. Ces deux sigles - inscrits en toutes lettres sur l'établissement qui accueille chaque jour, au coeur de la Défense, les étudiants formés par ces organismes de référence de la profession de l'assurance - risquent de ne plus être accolés dans les prochains mois. En effet, trois des quatre formations de l'École nationale d'assurances (Enass), dispensés jusqu'à présent dans les locaux de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass), ont déménagé au 1er janvier.

 

Moderniser l'offre pédagogique

 

Le Centre des hautes études d'assurances (CHEA) a rejoint l'université Paris-Dauphine (l'Argus de l'assurance du 6 décembre 2013), tandis que le MBA et le master sont désormais enseignés rue Gay-Lussac, dans le Ve arrondissement à Paris. Si bien qu'aujourd'hui, concernant l'Enass, seule la licence reste à la Défense.

Même si personne n'ose officiellement le reconnaître, les liens entre l'Enass et l'Ifpass semblent donc s'être distendus. Et la distance devrait s'accroître. Car, outre le déménagement, le Conservatoire national des arts et métiers, propriétaire de la marque Enass, entend procéder à d'autres évolutions en 2014. « Nous allons développer l'offre pédagogique de l'Enass avec l'appui de nos partenaires du pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) heSam (hautes études Sorbonne arts et métiers), en particulier l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP) et l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne », précise Alexis Collomb, directeur du département économie, finance, assurance, banque (Efab) du Cnam. Provisoirement à la tête de l'Enass, il ajoute : « Nous sommes également en train de repenser la gouvernance de l'Enass. L'idée est notamment de recruter un directeur opérationnel et un professeur titulaire de chaire, chargés d'assurer le nouveau pilotage de l'école. »

Si le Cnam a soudainement décidé d'effectuer autant de changements, c'est parce que les organisations professionnelles l'ont fortement encouragé en amont. « Compte tenu des évolutions économiques et technologiques dans nos entreprises, il nous est apparu nécessaire de faire évoluer l'offre de l'Enass pour qu'elle réponde pleinement aux nouveaux besoins. C'est pourquoi nous avons impulsé auprès du Cnam une modernisation de l'offre de formations », explique José Milano, directeur des affaires sociales de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).

 

Répondre plus rapidement aux évolutions du métier

 

Davantage de formations courtes, une part accrue accordée à l'international, l'ouverture d'un programme doctoral, et des formations relookées en fonction de l'évolution des métiers de l'assurance, voilà donc à quoi pourrait ressembler le nouveau visage de l'Enass dans les prochains mois, en tenant compte des recommandations de la FFSA.

Une (r)évolution loin de déplaire à Jackie Cadain, directeur général du cabinet de conseil RH Auvial : « L'Enass, c'est un gage de qualité. C'est l'une des seules écoles dédiées aux métiers de l'assurance en France. Si je ne devais formuler qu'une critique sur cet organisme, c'est son manque de réactivité par rapport aux changements réglementaires et législatifs qui touchent la profession. » Exemple : comme nombre de ses confrères, suite à l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 qui introduit la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés à compter du 1er janvier 2016, Jackie Cadain cherche depuis plusieurs mois à enrôler des commerciaux spécialisés en assurance collective, capables d'aller à la conquête des TPE et PM€. En vain. « Nous avons du mal à trouver les bons candidats, car peu ont jusqu'alors suivi la formation adéquate », indique le chasseur de têtes.

Autant dire que si l'Enass ne veut pas céder de terrain face à ses concurrents, l'établissement doit revoir sa copie aujourd'hui.

 

Inquiétudes sur la réforme de la taxe d'apprentissage...

 

Il faut bien comprendre que, dans un environnement de plus en plus compétitif, l'argent est devenu le nerf de la guerre - un constat dressé par tous les organismes de formations. « Les entreprises sont les financeurs de la formation. Naturellement, elles attendent un retour sur investissement », constate Pascal Lévêque, directeur général de l'Ifpass.

Pour cet institut, la réforme de la taxe d'apprentissage votée le 6 décembre 2013 par les députés lors de l'examen du projet de loi de Finances rectificative 2013 pourrait remettre en cause son équilibre financier. « La réforme prévoit l'affectation d'une part plus importante de la taxe d'apprentissage aux régions, ce qui reviendrait à modifier considérablement le circuit de financement de cette taxe et à abaisser significativement le financement des CFA », observe Gilles Duval, directeur administratif et financier de l'Ifpass.

Jusqu'à présent, 57% de la taxe d'apprentissage, appelés le « quota », étaient versés notamment aux centres de formation d'apprentis (CFA), alors que le reste, dit « hors quota », était versé aux lycées profes-sionnels. Avec la réforme, fini ce système. « Notre crainte, c'est que comme nous sommes considérés comme un secteur " plutôt riche ", la région nous redistribue moins de subventions et pas de taxe d'apprentissage et qu'au final nous perdions une partie de nos recettes », s'inquiète Gilles Duval.

Un CFA doit présenter des comptes équilibrés en fin de chaque année. « S'il est déficitaire, il doit recevoir une subvention d'équilibre de son organisme gestionnaire, qui, pour l'assurance, se trouve être l'Ifpass », précise Pascal Lévêque. Pour ne pas terminer l'exercice dans le rouge, le CFA de l'assurance, qui accueille chaque année près de 700 étudiants, pourrait donc opter, à terme, pour une solution radicale. « On peut s'interroger si le CFA ne sera pas dans l'obligation de refuser certains jeunes, même si légalement c'est interdit », reconnaît Dominique Cauvin, directrice générale adjointe de l'Ifpass.

 

... et de la formation professionnelle

 

Ce n'est pas tout. « Le projet de loi relatif à la formation professionnelle suite à l'accord interprofessionnel du 14 décembre 2013 devrait être examiné par le Parlement fin février 2014. Or, cette réforme risque aussi d'avoir des conséquences sur les conditions d'exercice de la formation professionnelle », redoute Michel Villatte, président de l'Ifpass. Autant dire que pour les leaders de la formation de l'assurance, l'année 2014 promet d'être agitée.

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