Christian Carrega, directeur général de la caisse nationale de prévoyance de la fonction publique (Préfon): "Il est regrettable que le débat sur les retraites ait peu porté sur le niveau des pensions"

La Préfon propose un régime de retraite facultatif de la fonction publique. Son dirigeant revient sur la réforme des retraites et l'objectif affiché par cette association de séduire plus d'assurés.

Que pensez-vous de la réforme des retraites ?

Elle concerne avant tout les régimes de retraite obligatoires, contrairement à la loi Fillon de 2003, qui s'adressait également aux régimes complémentaires facultatifs, comme Préfon Retraite. Ce texte a donc peu d'impact sur notre activité. Ce qui ne nous a pas empêché d'intervenir auprès des sénateurs pour que la possibilité de sortir en capital à hauteur de 20 % du Perp (1) lors du départ en retraite, introduite dans le projet de loi, soit étendue au contrat Préfon Retraite. Cela dit, la sortie en rente, comme le propose Préfon, constitue, selon nous, la seule formule adaptée pour préparer sa retraite. La capacité de gérer un capital, une fois à la retraite, sur une durée qui ne cesse de s'accroître avec l'allongement de l'espérance de vie, nous paraît discutable. À l'inverse, la rente permet aux personnes de se protéger contre elles-mêmes en quelque sorte.

Y a-t-il dans cette réforme des oublis que vous regrettez ?

Il est regrettable que le débat se soit focalisé sur l'âge de départ à la retraite et peu sur le montant des pensions. Le taux de remplacement n'a même pas été évoqué. Cela aurait mérité une discussion. À titre d'exemple, un agent de la fonction publique qui gagne 1 600 E par mois va se retrouver avec une pension moyenne mensuelle de seulement 1 200 €. On aurait pu également harmoniser les différents dispositifs d'épargne retraite. Il est dommage que certains puissent être abondés par les employeurs et pas d'autres.

La défiscalisation des rentes à l'entrée pose-t-elle un problème.

Oui, parce que ce n'est pas juste que la fiscalité pèse sur les rentes à la sortie, au moment justement où les bénéficiaires subissent une perte de revenus à la suite de leur départ en retraite. Ensuite parce que la défiscalisation ne profite pas aux personnes ne payant pas d'impôts, soit la moitié des foyers français. Il faudrait lui substituer un crédit d'impôt, sur le modèle de la prime à l'emploi. Toutefois, l'une des vertus de cette réforme a été d'aider les Français à prendre conscience de l'importance de préparer en amont leur retraite alors que, généralement, on commence à y penser seulement dix ans avant l'échéance. D'ailleurs, à Préfon, nous avons senti un regain d'intérêt pour notre complémentaire retraite.

Justement, vous vous êtes fixé comme objectif de gagner entre 10 000 et 12 000 affiliés en 2010. Où en êtes-vous ?

Nous devrions finir l'année avec un gain de 10 000 affiliés, sachant que nous réalisons le quart de notre chiffre d'affaires en novembre et décembre. Les cotisations versées sur un contrat Préfon Retraite sont déductibles des revenus à hauteur de 10 %. Et les particuliers pensent le plus souvent à leur déclaration d'impôts en fin d'année. Nous devrions très vite atteindre 15 000 assurés supplémentaires par an pour parvenir à terme à un rythme de 20 000 à 25 000 nouveaux contrats chaque année. Actuellement, nous comptabilisons 370 000 affiliés. Or, en prenant en compte les 6,5 millions d'agents des trois fonctions publiques (NDLR : d'État, territoriale et hospitalière), leurs conjoints et les anciens fonctionnaires (NDLR : il suffit d'avoir travaillé un mois dans une administration pour pouvoir souscrire au contrat Préfon Retraite), on arrive à 10 millions de personnes. C'est dire notre potentiel de développement !

Comment atteindrez-vous ces objectifs ?

Nous nous sommes dotés, en début d'année, d'un logo plus moderne. Nous avons remodelé notre site Internet et adopté un discours plus pédagogique. Il est compliqué de parler de rente et de système de points, qui sont des notions complexes et qui peuvent faire peur. Il faut dédramatiser. C'est pourquoi nous avons décidé de réduire nos campagnes de publicité, notamment à la radio, pour réallouer les budgets ainsi dégagés vers l'achat de mots-clés sur Internet et dans la formation des téléconseillers de notre numéro vert (NDLR : le 3025). Nous pouvons aussi nous appuyer sur notre réseau de 2 000 fonctionnaires prescripteurs bénévoles qui, je tiens à le souligner, ne touchent aucune commission.

La disparition fin 2012 de la possibilité dans vos contrats de racheter deux années de cotisation en les déduisant de son revenu imposable va-t-elle freiner l'adhésion de nouveaux affiliés ?

Il y a toujours la déduction de 10 % des cotisations sur les revenus. Surtout, plus que la défiscalisation, les assurés potentiels sont intéressés par le niveau garanti de la rente. C'est le premier engagement de Préfon Retraite. Cela dit, la suppression de la déduction des deux années de cotisation va engendrer une disparité vis-à-vis des avantages consentis aux dispositifs d'épargne retraite collective du secteur privé, comme le Perco (2). Cette inégalité de traitement a été bien comprise par des parlementaires et même par des cabinets ministériels. Et nous caressons l'espoir que la suppression soit abrogée. Après tout, il reste encore trois ans avant que la mesure ne soit appliquée.

Que répondez-vous à ceux qui, comme l'Arcaf (3), estiment que la gestion de Préfon manque de transparence ?

Je rappelle que la Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique est une association à but non lucratif, créée en mai 1964 par quatre syndicats (NDLR : CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO) afin de pallier la chute brutale des revenus des fonctionnaires au moment de leur départ à la retraite, les primes - qui peuvent constituer jusqu'à 50 % de leurs salaires - n'étant prises en compte dans le calcul des pensions qu'à hauteur de 20 %. Des représentants de ces quatre organisations syndicales siègent toujours au conseil d'administration de Préfon aux côtés de personnalités qualifiées. Or, quoi de mieux que des syndicats pour représenter les affiliés ?

Et concernant l'information des adhérents ?

Si les assurés n'ont pas la possibilité d'assister à l'assemblée générale de l'association, ils peuvent envoyer leurs questions par courrier ou par e-mail. Je remarque que nous en avons reçu 60 en 2009 et 25 en 2010. Par ailleurs, nous organisons dans les métropoles régionales six à sept réunions par an auxquelles sont conviés nos affiliés. Cette année, 2 000 d'entre eux y ont participé et nous ont fait part de leurs souhaits, remarques et attentes. Je réponds personnellement aux courriers de nos affiliés. Enfin, un magazine leur est envoyé qui présente le détail des comptes du régime ainsi que des conseils d'experts et des chiffres clés sur leurs retraites. Ils ont également à disposition un espace Internet pour effectuer toutes les simulations et consulter leur contrat.

1. Plan d'épargne retraite populaire.

2. Plan pour l'épargne retraite collectif.

3. Association nationale des fonctionnaires épargnant pour la retraite.

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Christian Carrega, directeur général de la caisse nationale de prévoyance de la fonction publique (Préfon): "Il est regrettable que le débat sur les retraites ait peu porté sur le niveau des pensions"

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