[DOSSIER] Blockchain 3/3

Claire Balva, cofondatrice de Blockchain France : « L’économie de la blockchain est une page blanche à écrire »

Claire Balva, cofondatrice de Blockchain France : « L’économie de la blockchain est une page blanche à écrire »
Claire Balva, cofondatrice de Blockchain France

Créée à l’été 2015, la start-up Blockchain France s’est fixée comme ambition d’accompagner le développement et de penser les applications qui utiliseront cette technologie demain, y compris dans l’assurance. Claire Balva, cofondatrice, en dévoile les opportunités comme les limites.

Argus de l'Assurance : Dans quels champs, autre que le bitcoin, la blockchain peut-elle être innovante ?

Claire Balva : Je classerais la blockchain en trois grands domaines d’application. En premier lieu, le transfert d’actifs dans le domaine financier (banque, marchés, gestion d’actifs…). Ensuite celui de la traçabilité pour permettre, par exemple, l’authentification des diplômes, du cadastre immobilier ou pour suivre la supply chain. Enfin,le troisième, qui va plus loin, concerne les smart contracts. Ce sont des programmes qui exécutent automatiquement les termes d’un contrat sans intervention humaine. Par exemple, fin 2015, à l’occasion d’un « hackathon » (ndlr : marathon de l’innovation), une équipe a conçu un démonstrateur d’assurance de voyages qui indemniserait automatiquement les assurés dès lors que leur vol est en retard. Ils ont constaté que 60 % des individus couverts contre cet événement n’entamaient jamais la démarche de remboursement. Dans ce cas, la technologie peut ainsi contribuer à fiabiliser la relation avec les clients.

Dans quelle mesure la blockchain peut intervenir sur la chaîne de valeur de l’assurance ?
En assurance auto, il existe des possibilités intéressantes à concevoir en associant la blockchain et l’Internet des objets. Dans le cadre d’un accident, on peut imaginer une voiture partiellement autonome qui enverrait des données directement à l’assureur pour l’indemnisation. Autre application révolutionnaire : l’émancipation des phases déclaratives, du formulaire à remplir au moment du sinistre à la phase d’indemnisation. Sur certains types de produits assurantiels, comme, par exemple, pour l’assurance indicielle, toute cette séquence peut être automatisée au moyen d’un oracle. Il s’agit d’une entité extérieure à la blockchain qui va puiser des informations dans des bases de données afin de déclencher le paiement. Reste à éclaircir la question de la fiabilité de ces sources d’informations externes. Il existe toujours des moyens de frauder : la blockchain ne pourra pas tout résoudre.

En l’absence de personne physique ou morale identifiée à qui imputer un défaut de service, le droit français n’est pas en capacité de résoudre la question de la responsabilité.

Alors que l’assurance est un secteur ultraréglementé, la blockchain évolue dans un vide juridique. Plaidez-vous en faveur d’un encadrement ?
La réglementation entourant la blockchain se posera tôt ou tard, notamment vis-à-vis de l’assurance peer-to-peer caractérisée par l’absence d’intermédiaire et de structure juridique, et où la contractualisation s’opèrerait uniquement via une interface Web. En l’absence de personne physique ou morale identifiée à qui imputer un défaut de service, le droit français n’est pas en capacité de résoudre la question de la responsabilité. Ceci étant, nous invitons à ne pas chercher, dans cette phase exploratoire, à limiter par la loi les applications possibles de la blockchain, mais privilégier, a contrario, un bac à sable numérique. Sans quoi nous serons distancés par les États-Unis et le Royaume-Uni.

À l’instar du big data, ne risque-t-on pas d’enfermer la blockchain dans le flou ?
À la différence du big data, je ne considère pas que la blockchain soit un mot fourre-tout même s’il faut admettre un phénomène de mode sous l’effet de la prise de conscience d’un potentiel technologique. Soyons réalistes, la construction de services concrets et puissants n’arrivera pas avant quelques années. Toute l’économie de la blockchain n’est, pour l’instant, qu’une page blanche à écrire. À l’instar des protocoles Internet, la blockchain sera un succès lorsque chacun l’utilisera quotidiennement sans le savoir.

Qui est Blockchain France ?

  • L’histoire. Blockchain France est née en 2015 pour pallier l’absence d’informations en français sur la blockchain. Pour démocratiser le sujet, la start-up a notamment publié cet été « La Blockchain décryptée ».
  • La mission. S’impliquer dans l’élaboration d’applications concrètes. Pour cela la start-up accompagne les organisations dans la découverte et le déploiement des technologies en proposant formations, ateliers et développements sous forme de proof of concept (POC).

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