Classement institutions de prévoyance et groupes de protection sociale 2016 : des leaders à la peine

Classement institutions de prévoyance et groupes de protection sociale 2016 : des leaders à la peine

Tendances contrastées pour les institutions de prévoyance et les groupes de protection sociale : si les leaders affichent des performances moins florissantes que leurs poursuivants, l’environnement reste marqué par une forte instabilité... et une concentration des acteurs qui perdure.

La généralisation de la complémentaire santé au 1er janvier 2016 n’a pas encore livré tous ses enseignements, mais contre toute attente, les assureurs paritaires ne semblent pas avoir tiré avantage de ce bascu­lement du marché vers le collec­tif impulsé par l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013. C’est l’un des premiers constats de l’édition 2016 du classement des institutions de prévoyance (IP) et des groupes de protection socia­le (GPS) de L’Argus de l’Assu­rance.

Pris dans sa globalité, le chiffre d’affaires des institutions de prévoyance est quasi… stable : le volume des cotisations est sensi­blement le même d’une année sur l’autre, à 12,6 Md€. Cette stabi­lité, toutefois, cache des réalités fort contrastées entre, d’une part, des leaders soumis à des difficultés multifactorielles, et d’autre part des acteurs de taille plus modeste qui parviennent, sur cette année 2015, à tirer leur épingle du jeu.

Vers l’équilibre technique

La plus forte progression de notre classement des IP est à mettre à l’actif d’AG2R La Mondiale. Mais derrière cette hausse de 19 % des cotisations, se traduit surtout l’effet mécanique de l’intégration de Réunica Prévoyance, seule IP présente dans le classement 2015 (en 8e position) à disparaître cette année. En neutralisant celui-ci, la progression se mue en une baisse de 7,21 % : ce retournement s’opère tout autant pour la santé (de +21,62 % à -10,71 %) que la prévoyance (de +18,51 % à -0,58 %). Le groupe paritaire invo­que un redressement de son portefeuille en santé et prévoyan­ce, ayant pu conduire dans certains cas jusqu’à des résilia­tions. «Priorité a été donnée à l’amélioration des équilibres techniques», expliquait le directeur général délégué du groupe, Philippe Dabat, lors de la présentation des résultats 2016.

Cette politique plus sélective de souscription est également invoquée par Humanis, dont le décrochage annule la forte progression rencontrée en 2014 : sur deux ans, le volume des cotisations de l’IP a diminué de 7,1 %. Humanis prévoyance perd ainsi la première place du classement acquise l’année dernière, BTP Prévoyance lui passe devant alors même qu’elle connaît également un recul de son encaissement (-1,99 %). L’IP souffre notamment de la situation économique du bâtiment et du phénomène des travailleurs détachés.

«Le chiffre d’affaires des organismes assureurs dans leur ensemble est sous pression en collective depuis plusieurs années de manière structurel­le», tempè­re toutefois Alix Pradère, fondatrice et directrice associée du cabinet de conseil OpusLine. Pour autant, Malakoff Médéric arrive à tirer son épingle du jeu, avec une réelle croissance sur le périmètre IP (+1,99 %). Un résultat qui tiendrait notamment aux efforts enga­gés depuis plusieurs années pour maintenir un équilibre technique sur les grands comptes et à une bonne campa­gne ANI. Mais il est intéressant de noter que Malakoff Médéric se distin­gue également concernant la croissance globale du groupe (+3,36 %).

Une réalité nuancée

De fait, si les IP leaders souffrent, le total des cotisations des groupes de protection sociale recule encore davantage, de près de 4 % à 22,8 Md€. Humanis, qui a connu plusieurs évolutions de périmètre – transfert du porte­feuille du GNP, sortie des mutuel­les Latécoère et MBA… – subit ainsi la plus forte baisse de notre classement (-10,11 %) et Pro BTP est également en recul (-1,44 %). Malgré l’intégration de Réunica, AG2R La Mondiale voit, aussi, ses encaissements diminuer de 3,5 %. Bref, les autres familles des grands groupes paritaires (mutuelles, mutuelles d’assurance…) n’auraient pas compen­sé la méforme des IP. La réalité est un peu plus complexe. En regardant de plus près les chiffres, les pôles mutualistes sont plutôt en croissance – à l’excep­tion notable d’Humanis du fait du départ de mutuelles – et c’est, en fait, le recul de près de 1 Md€ d’AG2R La Mondiale en assurance vie qui pèse fortement sur l’ensemble. Comme la plupart des assureurs vie, le groupe d’André Renaudin a volontairement freiné la collec­te sur les fonds euros, compte tenu de la persistance de taux d’intérêt au plus bas. En notant au passage qu’Humanis comme AG2R La Mondiale affichent un redres­sement de leur résultat net et de leurs fonds propres.

Si les quatre leaders actuels connaissent des situations contrastées, leurs poursuivants immédiats obtiennent des résultats plus concluants. De quoi réaffirmer la viabilité de leur straté­gie d’indépendance… et repousser le fameux spectre du « 3 + 1 », à savoir une recomposition du secteur paritaire débouchant sur le maintien de seulement trois groupes inter­­­professionnels et un groupe profes­sionnel.

Mouvance des positions

De fait, Apicil et Klesia, respectivement 5e et 6e, affichent les deux plus fortes progressions du classe­ment des GPS, sur la base d’une bonne activité commerciale et d’une croissance externe. Le premier s’est renforcé en épargne avec l’acquisition des activités de Skandia en France, mais la santé et la prévoyance progressent également, respectivement de 3% et 5%. Le second ne semble pas avoir encore trop souffert de la fin des clauses de désignation et a également bénéfi­cié de l’intégration du contrat Schneider Electric en prévoyance. Plus généralement, les institutions de prévoyance du milieu et bas de tableau ont connu une bien meilleure année 2015 que les leaders. La logique professionnelle se révèle payante pour Agrica comme pour l’IRP Auto qui bénéficie visi­blement de l’accord santé dans les services de l’automobile – alors que l’Apgis paraît profiter à plein de son intégra­tion au groupe Covéa.

Ces évolutions contrastées pourraient bien se retrouver également dans les résultats 2016. Lors du dernier Réavie, certains professionnels évoquaient un marché de la santé à l’encé­pha­logramme plat. Bon indicateur de l’activité, l’assiette de la TSA n’a progressé que de 0,2 % sur le premier semestre de l’année selon les derniers chiffres publiés par le fonds CMU. «2016 devrait être une année meilleure avec l’ANI, même si une partie de l’action commerciale a été cannibalisée par la mise en conformité des portefeuilles», veut toutefois croire Alix Pradère, avant de souli­gner : «Le marché de l’assurance santé se situe actuellement dans un creux de cycle, avec des tarifs plutôt bas sur le flux».

La prévoyance collective reste par ailleurs un segment difficile, percu­té par la fin des clauses de désignation actuellement remise en question à l’Assemblée nationale. Là comme en santé, 2016 devrait livrer des premiers enseignements sur le nouveau paysage des branches professionnelles : grâce aux succès remportés, avec de nouveaux référencements, les groupes pari­taires arriveront-ils à maintenir leurs positions dominantes sur la protection sociale conventionnelle ?

Vers de nouvelles alliances ?

Dans ce contexte, les rapprochements pourraient bien tirer l’essen­tiel de la croissance. Et c’est à nouveau le milieu de tableau qui fait parler de lui. Apicil enregistre cette année l’arrivée des mutuelles MBTP Nord et MBTP Sud-Est au détriment du groupe Pro BTP, alors que Klesia devrait bénéficier à plein de la forte croissance de son pôle mutua­liste avec l’intégra­tion effecti­ve de UMC et de MCDef. Sur le haut de tableau, Malakoff Médéric a stoppé son projet avec La Mutuelle générale alors qu’AG2R La Mondiale est désormais en compé­tition avec Humanis pour le rapprochement avec l’Ircem.

«La taille va jouer un rôle de plus en plus important dans la performan­ce des acteurs de l’éco­no­mie sociale – IP et mu­tuel­les – : MGEN-Istya-Harmonie et la Sgam AG2R La Mondiale donnent déjà le ton» prévient Alix Pradère. Et de fait, si le « 3 + 1 » ne paraît plus totalement d’actualité, le monde paritaire bruisse de possi­bles nouvelles combinaisons.

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