CNP Assurances, la réorientation avance lentement, mais sûrement

CNP Assurances, la réorientation avance lentement, mais sûrement
Laetitia DUARTE Frédéric Lavenir, directeur général de CNP Assurances.

CNP Assurances a engagé un virage à 180° de son modèle d’affaires traditionnel vers les produits d’épargne en unités de compte et la prévoyance. Si ce mouvement commence à porter ses fruits, les chiffres 2016 du groupe sont encore très marqués par son métier historique, l’épargne en euros.

C’est le credo de Frédéric Lavenir depuis qu’il a pris les rênes de CNP Assurances en 2012 : engager le groupe dans une véritable mue de son modèle. Une réorientation du mix produit du premier assureur vie français vers les produits d’épargne en unités de compte et les activités dites de protection. Initiée dès 2013, cette évolution de l’activité se montre encourageante, même si les comptes 2016 du bancassureur restent très imprégnés par ses métiers historiques.

En 2016, l’épargne retraite pèse encore 82,5% du chiffre d’affaires France. Mais, à l’instar de plusieurs acteurs du marché français, la part en unités de compte progresse. En 2016, elle représente 15,1% du chiffre d’affaires pour la France. En intégrant l’Amérique latine et l’Europe, hors France, elle se monte à 26,7%. La réorientation du mix business est d’ailleurs plus visible dans la collecte nette, puisque l’année dernière, CNP Assurances a poursuivi un mouvement de décollecte en euros à -2,1 Md€ au profit d’une collecte en unités de compte de 1,9 Md€. Mais, au global, «la part en unités de compte de CNP reste inférieure à la moyenne du marché. Le processus est en marche, mais il y a encore une résistance des clients, qui préfèrent les produits garantis», constate Taos Fudji, directeur du secteur assurance et analyste crédit chez S&P Global Ratings.

Raison pour laquelle, en interne, CNP pousse les feux sur CNP Patrimoine, sa structure dédiée à la clientèle haut de gamme, avec un certain succès, puisqu’en 2016, CNP Patrimoine enregistre un chiffre d’affaires de 958 M€ en hausse de 121% avec une part d’unités de compte de 33%. Mais sans négliger, bien évidemment, ses deux puissants réseaux de distribution. «Le changement du mix produit est un travail de longue haleine qui nécessite une adaptation des distributeurs pour vendre des unités de compte. Le fait que le groupe BPCE réinternalise la production des affaires nouvelles en épargne va contribuer à faire baisser la vente d’épargne en euros de CNP», ajoute Taos Fudji. Depuis le 1er janvier 2016, les contours du partenariat avec le groupe BPCE, qui chapeaute les réseaux Banque populaire et Caisse d’épargne, ont été revus, tout comme ceux avec La Banque postale.

Des chiffres 2016 « au-delà des objectifs »

  • CNP Assurances a annoncé fin février 2017 des résultats « au-delà des objectifs », selon les termes de Frédéric Lavenir, directeur général du groupe.
  • À 31,5 Md€, le chiffre d’affaires du groupe est stable à - 0,2 % (+ 1,4 % à périmètre et change constants). En France, pays qui représente plus des trois quarts du chiffre du groupe, il ressort en baisse de 2,1 %, à 24,3 Md€.
  • En termes de rentabilité, le résultat brut d’exploitation (RBE) est de 2,6 Md€ en hausse de 8,7 % (+12,8 % à périmètre et change constants). Le résultat net part du groupe s’établit à 1,2 Md€, en hausse de 6,2 %.
  • Le taux de couverture Solvabilité 2, calculé en formule standard et sans mesures transitoires, atteint 177 %, alors que le supplément de capital disponible (operating free cash-flow) est de 1 Md€.

 

« Agile et flexible »

Un partenariat avec BPCE réorienté vers l’assurance emprunteur, la prévoyance collective, la dépendance et la garantie locative. Des activités de protection, moins consommatrices en fonds propres dans le cadre de Solvabilité 2, qui constituent l’autre axe stratégique de CNP. Si elles restent encore faibles dans les chiffres du bancassureur sur son marché domestique (1,2 Md€ en prévoyance, 2,7 Md€ en couverture de prêts et 326,1 M€ en santé), elles se développent plus vite dans le reste de l’Europe (+16,2%, à 847 M€ à périmètre et change constant) et en Amérique latine (+13,5%, à 1,5 Md€ à périmètre et change constants). «Sur les activités de protection, la réorien­tation de la stratégie de CNP est bien engagée en France et au Brésil. Il reste des marges de progression liées à la hausse de demande de crédit des clients. Cela n’est donc pas totalement dans les mains de CNP», relève Taos Fudji.

Ce qui est dans ses mains, en revanche, ce sont les partenariats lancés en 2016 avec les groupes de protection sociale AG2R La Mondiale et Klésia, qui doi­vent faire progresser les parts de marché du bancassureur respectivement sur la retraite professionnelle et la protection sociale des TNS. «Chaque partenariat de CNP correspond à un objectif précis, comme avec AG2R La Mondiale, où il s’agit de mieux défendre les marges sur les affaires nouvelles en retraite supplémentaire. C’est un signe de flexibilité dans le management de la stratégie».

Comme se plaît à le dire Frédéric Lavenir, CNP Assurances est une entreprise «agile et flexible», «capable de se plugger sur des univers différents, ce qui est parfaitement adapté à la configuration actuelle du marché». Une force et une faiblesse à la fois, car le bancassureur reste aussi sensible aux éventuelles renégociations de ces partenariats. En attendant que le paquebot CNP parvienne à mener à bien son virage à 180°, il prépare déjà le coup d’après en faisant de la transformation digitale son nouveau cheval de bataille.

CNP Assurances et La Banque Postale ont renouvelé leur partenariat

  • Le 25 mars 2016, CNP Assurances et La Banque postale, partenaire historique et capitalistique (La Banque postale est actionnaire de CNP via la holding Sopassure), ont renouvelé leur partenariat jusqu’à fin 2025. Aux termes de cet accord, CNP restera l’assureur de La Banque postale en assurance vie et capitalisation, sur un périmètre élargi à la BPE, la banque patrimoniale du groupe bancaire.
  • Dans le domaine de la prévoyance/protection, CNP Assurances est devenu assureur en direct de La Banque postale en assurance collective des emprunteurs, alors que La Banque postale a repris la main sur leur coentreprise, la Banque postale Prévoyance, en rachetant les 50 % de CNP Assurances.

Des objectifs à 5 % par an

Pari gagné au Brésil avec le lancement, mi-2016, de Youse, une compagnie d’assurance nativement digitale. Pour 2017, Frédéric Lavenir, directeur général du groupe, a indiqué vouloir «accélérer la transformation digitale en France» en s’inspirant du succès de Youse et des entreprises partenaires dans le cadre du programme Open CNP. Un moyen surtout de se rapprocher de ces clients. Jusqu’à devenir B to C, comme le montre le renforcement de son réseau de distribution Amétis, formé depuis plusieurs mois aux activités de protection sociale complémentaire. CNP Assurances montre de l’ambition sur tous les fronts. Et même si la réorientation complète du modèle n’est pas encore achevée, le bancassureur est confiant. Il se fixait même, pour la première fois en 2016, des objectifs de croissance du résultat brut d’exploitation d’au moins 5% par an en moyenne sur trois ans. Objectif réhaussé cette année à au moins 5% sur 2017-2018, à partir du niveau atteint en 2016.

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