Comment deux assureurs cultivent l'innovation digitale

Comment deux assureurs cultivent l'innovation digitale

Les acteurs de l’assurance planchent aujourd’hui sur les innovations qui pourraient redéfinir profondément leurs business models. Mais tous n’optent pas pour la même méthode, notamment vis-à-vis des start-up. Focus sur les stratégies de Malakoff Médéric et SwissLife, deux spécialistes de l’assurance de personnes aux process différents.

Quelle que soit la stratégie d’innovation mise en place par les spécialistes de l’assurance, tous ont une même conviction : la transformation doit être portée par l’ensemble des collaborateurs et ne laisser personne de côté. C’est ainsi que SwissLife a instauré un program­me de transformation des talents : « Nous sommes partis du constat suivant : les idées des collaborateurs avaient du mal à émerger car elles n’étaient pas soumises à un process. Nous avons donc mis en place une équipe transversale à même d’évaluer les innovations soumises par les différents collaborateurs, quelle que soit leur activité », expli­que Tanguy Polet. Et le directeur de la division clients et de la transformation digitale de SwissLife de préciser : « Si le projet est validé, les collaborateurs ont alors la possibilité de consacrer une journée par semaine à cette innovation. »

Une méthodologie proche de celle mise en place au sein du groupe de protection sociale Malakoff Médéric, qui s’est doté d’une direction Innovation avec à sa tête Anne-Sophie Godon. « Malakoff Médéric ne devien­dra pas une entreprise innovante si tous les salariés ne sont pas impliqués dans la démarche », expli­que cette dernière. Afin de placer « l’innovation, le digital et la data au cœur de la stratégie », le plan mm20, lancé en novembre 2016 par le groupe de protection sociale a prévu d’allouer 20 M€ par an sur cinq ans aux théma­tiques innovation. Ainsi, en interne, de nombreuses opérations sont lancées avec l’objectif d’infuser une culture de l’innovation à tous les salariés grâce à des événements mensuels, des kits méthodologiques… Le groupe a aussi nommé des "référents innovations", huit au total, répartis entre les différents métiers. Malakoff Médéric s’est, par ailleurs, lancé dans une politique active d’identification des talents à l’externe via un dispositif quasi indus­triel. « Chaque mois, entre 100 et 150 start-up nous contactent. Pour être réactifs, nous avons choisi de mettre en place un site dédié à partir duquel les entreprises innovantes ont la possibilité de nous contacter, détail­le Anne-Sophie Godon. Nous nous engageons à leur répondre dans les huit jours. En cas de réponse positive, nous nous engageons à mettre en place un rendez-vous dans un délai d’un mois. »

Encourager la créativité

Au sein du groupe SwissLife, en revanche, pas question de multiplier les partenariats avec des start-up. « Nous ne disposons pas du budget pour sourcer l’ensemble des entreprises innovantes. Nous mêlons donc l’interne et l’externe au travers d’une démarche pragmatique », souligne Tanguy Polet. Le groupe qui, contrairement à Malakoff Médéric, ne dispose pas de fonds d’investissement dédié à l’innovation, souhaite investir en fonction du potentiel et surtout de l’industrialisation des innovations.

C’est ainsi que LaFinBox, à destination des clients patrimoniaux de la compagnie, émerge d’une joint-venture avec Budget Insight, tandis que pour le développement d’Aida, appli­cation à destination des agents et des commerciaux en mobilité, le groupe s’est tourné vers Quantmetry, cabinet de conseil en data science, intelligence artificielle et big data. Objectif affiché pour ces deux partenariats : « transformer l’essai en réalité convaincante », selon Tanguy Polet. L’application Aida, lancée en juillet, sera déployée à plus grande échelle, avec pour objectif d’atteindre 800 utilisateurs (agents et chargés de mission) à la fin 2018, tandis que LaFinBox totalise 1,6 Md€ agrégés (le nombre d’utilisateurs n’a pas été dévoilé). À terme, le groupe n’exclut pas de déployer son innovation Aida en marque blanche et de la décliner dans d’autres domaines.

Malakoff Médéric, 150 M€ pour les start-up

MM Innov’, le fonds d’investissement lancé fin 2017 par Malakoff Médéric, affiche une triple vocation : mieux anticiper les évolutions de marché, suivre et accompagner les innovations et accélérer la transformation digitale du groupe. Doté de 150 M€, le fonds est dédié au financement des start-up qui développent des solutions dans la fintech, l’e-santé, les ressources humaines et plus largement le B2B. La gestion de cette ressource d’investissement est confiée à Idinvest Partners, via la création d’un fonds dédié à l’assureur ainsi qu’une prise de participation dans le fonds ouvert du spécialiste du Private Equity : Idinvist Digital Fund III. Le reste de l’investissement est réparti entre des fonds ouverts, ainsi que dans une poche gérée en direct par Malakoff Médéric.

L’innovation au sens large

Au sein de Malakoff Médéric, « l’innovation concerne tout autant les garanties, les services et la relation client – directement visibles par nos assurés – que les process internes. C’est le cas par exemple de la direction des achats, qui expérimente de nouveaux référencements avec des start-up », relève la directrice innovation, études et veille. Le groupe paritaire entend éprouver ses innovations en interne avant de les diffu­ser à un plus large public, et est actuel­lement en phase de test sur les objets connectés au sein de son Lab Innovation.

L’ensemble de ces innovations doivent servir une seule et même évolution. Selon Anne-Sophie Godon, « il y a quelques années, les clients voyaient une offre de service. Demain, ils vivront une expérience au travers d’un parcours personnalisé. » C’est dans ce cadre que s’inscrit, par exemple, la plateforme Vigisanté, un programme d’e-coaching destiné à accompagner le salarié au quotidien. Le groupe réfléchit également sur le thème de l’hospitalisation. « Demain, ComparHospit sera intégré dans un parcours santé plus large », poursuit la directrice innovation de Malakoff Médéric.

À l’heure actuelle, toutes les entreprises souhaitent se placer aux côtés des start-up.

Jérémie Harroch, fondateur et PDG de Quantmetry

Devancer la norme

La finalité de toute stratégie d’innovation est de faire émerger des solutions qui, demain seront la norme et pourront constituer de véritables relais de croissance au sein d’un secteur ultra-concurrentiel. « Notre partenariat avec SwissLife est atypique. De façon très concrète, nos équipes travaillent depuis les locaux de SwissLife dans une démarche de coconstruction. Il existe chez SwissLife une réelle culture de l’innovation », explique Jérémie Harroch, fondateur et PDG de Quantmetry, start-up qui valorise les données. Et l’entrepreneur de poursuivre : « À l’heure actuelle, toutes les entreprises souhaitent se placer aux côtés des start-up. Toutes sont à la recherche d’une licorne. Cependant, je reste convaincu que beaucoup de dépenses réalisées sont décorélées des réalités du terrain. »

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