Agrica réfléchit à son avenir et à son indépendance

Taille critique, réforme des retraites, généralisation de la complémentaire santé, évolutions de la protection sociale : après un bon exercice 2012, tous ces facteurs incitent le groupe à s'interroger sur son avenir.

Objectif tenu pour Agrica qui, avec un chiffre d'affaires de 504,8 M€ en 2012, a franchi la barre du demi-milliard d'euros. La santé, son axe prioritaire de développement, fait preuve de dynamisme avec 16 nouveaux accords collectifs, de branche et d'entreprise, en particulier auprès des coopératives - InVivo, premier groupe coopératif agricole français, représente pas moins de 5 600 bénéficiaires. La prévoyance est dopée par la réforme des retraites de 2010, dont l'impact sur les comptes de 2012 s'élève à 35,6 M€.

Tout est au vert

  • Chiffre d'affaires 2012
    • prévoyance : 219,6 M€ (+ 10,7%)
    • santé : 141,9 M€ (+ 7,5%)
    • épargne : 143,3 M€ (stable)
  • Résultat financier : 156,1 M€ Résultat net : 22,9 M€
  • Solvabilité : 3,3 fois la marge réglementaire (hors plus-values latentes)
  • Capitaux propres : 653 M€ (+ 3,6%)

Par ailleurs, la bonne tenue des marchés permet un triplement du résultat financier. Pourtant, même si tous les indicateurs sont au vert, le groupe s'interroge sur son avenir : dans un secteur des groupes de protection sociale en concentration, Agrica apparaît relativement petit. Son indépendance va donc faire l'objet d'une réflexion stratégique en 2013.

Des inconnues structurelles

Au lendemain de l'adoption de la loi sur la sécurisation de l'emploi, Agrica s'estime bien positionné dans le monde agricole. Toutefois, de nombreux points sont renvoyés aux décrets et sont susceptibles de bousculer les équilibres. « Gérer les droits au premier jour ou la portabilité pour les saisonniers posent des questions auxquelles nous n'avons pas de réponse », indique le directeur général adjoint, Hervé Bachellerie. Autre interrogation : les modalités de révision des accords de branche signés récemment. Le groupe attend aussi d'éventuelles évolutions structurelles de la protection sociale avant d'arrêter ses conclusions. En santé, plusieurs instances (Haut Conseil pour l'avenir de la maladie, « comité des sages » instauré par le Premier ministre dans le cadre de la stratégie nationale de santé, etc.) doivent délivrer des réflexions qui pourraient influer sur le partage des rôles entre assurances maladie obligatoire et complémentaire.

La même question se pose avec la retraite. « On connaît la situation des comptes publics, et il faut savoir que, selon les critères de Maastricht, la retraite complémentaire fait partie de la dette et du déficit », note le directeur général d'Agrica, François Gin.

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