Assurance vie : les bancassureurs assument la segmentation des rendements 2015

Assurance vie : les bancassureurs assument la segmentation des rendements 2015
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Avec des taux de rendements des fonds en euros compris en moyenne entre 1,4 % et 2,5 %, la clientèle des bancassureurs sera, cette année encore, moins bien lotie que celle des assureurs dits traditionnels.

L’Association française de l’assurance (AFA) l’a annoncé fin janvier : les fonds en euros devraient rapporter en moyenne 2,3 % en 2015. Mais c’est parfois bien moins pour certains contrats des réseaux bancaires, qui représentent le plus gros des encours de l’assurance vie en France. La Caisse d’épargne affiche des taux entre 1,80 % et 2,15 %, ACMN Vie entre 1,60 % et 1,90 %. Et les baisses de rendement sont parmi les plus fortes du marché, allant parfois jusqu’à 0,55 point. De quoi décevoir les clients ? Pas sûr. Comme le relève Benoît Gommard, responsable de la stratégie client de BNP Paribas Cardif France, « Les taux servis restent bons par rapport aux taux des livrets bancaires donc le fonds général reste un place­ment très intéressant, même pour une clientèle patrimoniale. C’est encore plus vrai cette année où l’écart s’est encore creusé entre ces différents placements ». Certes, avec un livret A qui se maintient sous la barre des 1 % et le plan épargne logement qui tombe à 1,5 %, l’assurance vie reste attractive. En outre, la clientèle des bancassureurs est peu volatile. Ce qui n’a pas empêché certains acteurs de creuser leur sillon en servant des taux différenciés (voir ci-contre) pour sécuriser la clientèle haut de gamme. Crédit agricole Assurances affiche ainsi des taux net 2015 entre 1,60 % et 2,40 % quand ils se situent entre 2,20 % et 3,63 % pour les contrats Spirica et Prédica distribués par la plateforme UAF Life Patrimoine dédiée aux CGPI. De même pour BNP Paribas Cardif qui sert un rendement de 2,56 % pour son contrat Multiplacements privilège dédiée au réseau banque privée, contre 2,19 % pour le contrat desti­né à la clientèle retail.

Différenciation et diversification

Compte tenu de l’environnement de taux bas et des contraintes liées à Solvabilité 2, la différenciation des rendements joue aussi en fonction de la proportion d’unités de comptes (UC). Certains ont introduit des taux bonifiés en fonction de l’encours du contrat et de la part investie en UC comme ACMN Vie avec un bonus Euro Plus. Quoi qu’il en soit, tout est affaire de conversion : « Il faut continuer de proposer à nos clients des solutions de diversification. Pour la clientèle des agences bancaires, encore très fidèle au fonds euros, il faut l’inciter à aller sur des fonds eurocroissance. Quant à la clientèle patrimoniale, qui reste attachée à la sécurité, il faut l’inciter à se diversifier vers de l’immobilier ou à prendre des garanties dans leur poche UC. C’est tout l’enjeu des années à venir », expli­que Benoît Gommard.

L’enjeu est d’autant plus important, que collecter sur les fonds en euros commence à générer un phénomène de dilution sur les portefeuilles (lire encadré ci-contre). En cause, le réinvestissement sur des supports obligataires qui, avec des taux historiquement bas, ne rémunèrent pour ainsi dire plus. Un phénomène qui explique pour partie les fortes dotations de PPB en 2015. À hauteur de 80 M€ pour Suravenir, 614 M€ pour BNP Paribas Cardif, contre 611 M€ en 2014. Chez ACMN Vie, les réser­ves représentent 2,88 % de l’encours des provisions mathématiques (contre 2 % en 2014). « L’objectif premier de la dotation de la PPB est de permettre une plus grande marge de manœuvre en termes d’investissements aux gestionnaires d’actifs, ce qui permet­tra de générer un meilleur rendement dans le futur », expli­que Benoît Gommard. Connus pour leurs rendements parcimonieux, les bancassureurs conservent une poire pour la soif.

Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir : «Nous respectons une logique de gamme»

« Plus que l’année précédente, nous avons constaté une baisse effective du rendement brut du portefeuille. En effet, la collecte nette a été importante ; nous avons donc dû investir davantage en obligations, ce qui a entraîné un phénomène de dilution sur l’actif général d’environ 35 centimes que l’on a répercuté sur les rendements servis aux assurés. Nous avons toutefois respecté une logique de gamme : le rendement est de 2 % pour les contrats grand public des réseaux bancaires, entre 2,5 % et 2,7 % pour la clientèle patrimoniale et entre 2,90 % et 3,60 % pour les contrats Internet, qui supportent des frais de gestion plus faibles. La clientèle Internet, que nous identifions comme la partie haute de la clientèle grand public, avec des encours moyens de 35 000 € par contrat reste notre cœur de cible pour 2016. »


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