Digital, big data : Axa dans les starting-blocks

Digital, big data : Axa dans les starting-blocks
Henri de Castries, PDG d'AXA

Rarement signature institutionnelle apparaît, avec le recul, aussi appropriée. En 2008, Axa avait décidé de se doter d’une nouvelle baseline : « réinventons / notre métier » (redefining / standards, en anglais).  A entendre les dirigeants du groupe, la double révolution en cours du digital et du big data s’apparente ni plus ni moins à une rupture économico-technologique, au même titre que l’invention de l’imprimerie ou la révolution industrielle. Et c’est le modèle économique de l’assurance qui va devoir se réinventer. Pas tant sur son objet que sur ses modalités. « Nous continuerons à protéger les gens, leurs biens, leur santé, leur famille, leurs projets. Mais la façon dont nous aurons à offrir cette protection risque de changer », indique Henri de Castries, le PDG du groupe, à l’occasion d’un séminaire international destiné à la presse. Et de confesser d’ailleurs une erreur : avoir cautionné la notion de « protection financière » pour résumer le métier du groupe. « C’est le terme protection, seul, qui est juste », explique-t-il.

Transformer la compagnie

 « La technologie nous oblige à regarder différemment la façon dont nous faisons notre métier. C’est un tremblement de terre économique et technologique », confirme le PDG. « Il ne s’agit pas simplement d’un enjeu technologique ou marketing. Le sujet, c’est comment transformer la compagnie », martèle Véronique Weill, directeur général en charge des opérations (COO). Car derrière ces tendances, de profondes mutations sont à l’œuvre. « Désormais, le client décidera quand et comment il souhaite interagir avec Axa », détaille Véronique Weill, convaincue qu’il faut « simplifier les offres, penser mobile, segmenter toujours plus ». Parallèlement, les barrières à l’entrée tombent, et les Amazon, Google, ou autre LinkedIn font office de concurrents potentiels, susceptible de capter certains pans de la chaîne de valeur de l’assurance. « Voudront-ils vraiment se lancer dans une activité régulée, comprendre les risques, gérer le capital ? Je ne le pense pas, mais il ne faut jamais dire jamais », indique Véronique Weill.

800 M€ d’investissement sur 3 ans

Bref, pour Axa, « la question n’est pas de savoir si nous avons le choix, mais comment accélérer la cadence, pour tirer profit de ces évolutions ». Partenariat avec Facebook (formation ; innovation), création d’un lab dans la Silicon Valley et d’un Data Innovation Lab à Paris, lancement de l’AXA Seed Factory, financement d’une chaire dédiée au big data… le groupe ne lésine pas sur les efforts pour effectuer sa mue. Au total, ce sont quelque 800 M€ sur trois ans qui vont être consacrés aux initiatives digitales dans le monde. Mais les vrais changements sont sans doute ailleurs. Véronique Weill le confesse, l’une des clefs résidera dans la capacité à « embarquer les équipes » dans cette révolution.

Alignement d’intérêt

Un autre défi réside dans la gestion des « implications éthiques fondamentales » du big data. « Dans ce nouveau territoire, il n’y a ni carte ni route. Aussi naïf que cela puisse paraître, notre seule boussole, ce sont nos valeurs », indique Henri de Castries. Et de comparer l’époque à la Californie de la ruée vers l’or. « Nous ne serons pas les méchants sans foi ni loi », promet-il. Ce sera au client de décider s’il souhaite « faire partie de l’équation », et, très concrètement, accepter, en échange de la communication de certaines données, d’être mieux protégé, à un tarif parfaitement adapté. « Le nouveau paradigme, c’est que l’assurance va devoir cesser d’être une boite noire. Et les clients ne nous feront confiance que s’ils sont convaincus qu’il y a un alignement d’intérêt entre eux et nous », détaille Henri de Castries.

Traduction chiffrée

Pour l’heure, la grosse inconnue réside dans la traduction, en chiffres, des effets de ce big bang. Car même si Henri de Castries défend qu’« il ne faut pas envisager le futur avec une âme de comptable » quand l’enjeu porte sur « la guerre pour le client », les marchés financiers demanderont rapidement des comptes. Le groupe, qui se dit « en bonne forme » pour atteindre, en 2015, les objectifs de son plan Ambition Axa, s’estime correctement armé pour cette nouvelle étape de son histoire. « Nous avons les troupes (nos salariés et leurs compétences), les munitions (notre bilan), et le drapeau (notre marque) », défend le PDG, manifestement prêt à partir au combat.

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