[DOSSIER] Observatoire des agents généraux 2013 6/12

Elles assurent

Elles assurent
DR PASCALE BELLOT, PRÉSIDENTE DE LA CHAMBRE DÉPARTEMENTALE DES DEUX-SÈVRES ET MEMBRE DU BUREAU POITOU-CHARENTES D'AGÉA

Agent général. Elles exercent l'un de ces métiers pour lesquels il n'existe pas de féminin (si l'on excepte l'« agente », apparu avec la vague de féminisation des noms de métier). Et quand elles portent, comme Pascale Bellot (lire entretien), un prénom mixte, « il arrive très souvent que l'on soit identifiée en tant qu'homme ». Rien d'étonnant : les femmes restent très minoritaires parmi les agents généraux (12,8%, selon Agéa).

Toutefois, les temps changent, les compagnies d'assurances reçoivent davantage de candidatures féminines et acceptent sans doute plus facilement de nommer des « agentes ». D'où une proportion plus importante de femmes (20%) parmi les agents récemment nommés. « Signe des temps, au Maroc, où le métier d'agent est en plein essor, dans certaines compagnies, près de 30% des nouveaux venus dans la profession sont des femmes », souligne Jean-Louis Delpérié, d'Exton Consulting. Très progressivement, les mentalités changent, la profession se féminise.

Mais il reste des freins. « Prise de risque de l'investissement financier au départ, horaires tardifs en semaine, ouverture le samedi et sollicitation à toute heure de la part de clients VIP sur le mobile... : les contraintes inhérentes au métier peuvent faire hésiter celles qui voudraient se lancer », observe Catherine Poncet, associée d'Exton Consulting.

La compétence n'a pas de sexe

Sans compter que le métier peut s'avérer « stressant au quotidien, surtout en risques d'entreprise », témoigne Stéphanie Vitry, agent MMA à Fontainebleau (77). « Quand une femme fait un métier d'homme, ajoute-t-elle, il faut qu'elle soit bien entourée. Je dis souvent que c'est mon mari qui m'a permis de réussir. »

Au quotidien, concilier vie de famille et exercice en libéral n'est pas toujours évident. D'où l'intérêt grandissant pour l'exercice en association. Attirée par la diversité du métier, Elena Teychenne a quitté un poste de salariée chez MMA pour rejoindre le cabinet 3 Assur à Albi (81) comme associée. « Malgré mon intérêt pour l'autonomie qu'offre ce métier, j'avais envie d'évoluer au sein d'une équipe, pour ne pas avoir à tout porter sur mes épaules et pour pouvoir confronter mon expérience avec celle de personnes ayant des compétences et une culture différentes. » Dans la profession, il n'est pas rare de voir des couples exercer en tandem, alors qu'auparavant, les femmes avaient plutôt tendance à être la collaboratrice de leur époux.

Sur le terrain, celles qui se lancent en solo se heurtent parfois encore à des préjugés. « Dans une profession fortement représentée par les hommes, il peut arriver que nous ne soyons pas prises au sérieux, et quand, en plus, nous réussissons, cela crée parfois de la jalousie », témoigne Béatrice Pradelle, agent Aréas assurances à Martel (46). Au final, c'est grâce à leur professionnalisme qu'elles gagnent la confiance de leurs clients. « Quand on intervient comme moi sur le marché des professionnels, on a parfois à faire à des métiers très masculins : maçons, garagiste, etc., observe Virginie Timmermans, agent Aviva à Rocbaron (83). Mais être une femme ne m'a jamais semblé un handicap. Que l'on soit un homme ou une femme, on ne peut connaître toutes les activités en détail. À moi de poser les bonnes questions, de m'intéresser sincèrement à leur métier et d'être perçue comme une professionnelle. » C'est bien dans cet esprit que les femmes entendent exercer leur métier.

Certaines, comme Béatrice Pradelle, se disent « plus sensibles, plus pédagogues, plus attentives à la prévention » que leurs confrères, ou « très attachées à la protection de la personne et de la famille », à l'instar de Stéphanie Bernard, agent Allianz à Saint-Quentin (02).

Mais là n'est pas la clé de leur réussite. Disponibilité, dynamisme, compétences, professionnalisme reviennent constamment dans leurs propos. « Homme ou femme, nous devons être de bons professionnels. Ce qui fait la différence entre deux agents, ce sont les compétences », selon Stéphanie Vitry, pour qui « le fait d'être une femme ne crée aucune différence. En tout cas, depuis mes débuts, je fais en sorte qu'il n'y en ait pas, et je n'ai jamais joué sur le fait d'être une femme dans mes relations professionnelles. Je me suis toujours battue contre ça ».

Réussir, c'est toujours mieux que séduire

Pas question, non plus, pour Magali Holin de « jouer la carte de la séduction, surtout pas ». C'est en étant « au top techniquement » et en privilégiant la satisfaction des clients que cette ancienne salariée d'Axa développe son agence à Paris. « J'ai une vision du métier centrée sur le service, et ce n'est pas un vain mot. Au quotidien, cela passe par de petites choses : de la réactivité, des formules de politesse, du temps consacré à la résolution des problèmes de nos clients, de la disponibilité, de la confidentialité. » Celles qui ont osé tenter l'aventure ne le regrettent pas. « Avec le médecin de famille, nous exerçons l'une des rares professions où il est encore possible d'établir une relation globale avec ses clients, surtout quand on évolue en milieu rural », souligne Caroline Urcun, agent Aviva à Fougères (35). La profession a trouvé dans ses rangs de ferventes adeptes.

Pascale Bellot, présidente de la chambre départementale des Deux-Sèvres et membre du bureau Poitou-Charentes d'Agéa « La réussite des femmes dans la profession est manifeste »

  • Pourquoi y a-t-il si peu de femmes parmi les agents d'assurances ?

Les compagnies ont longtemps considéré que le métier d'agent général, du fait de l'exercice en libéral notamment, n'était pas un métier de femmes. Il existe plusieurs raisons à cela, sans doute. En tant qu'agent, on se doit d'être disponible à tout moment, ce qui peut paraître difficile à concilier avec une vie d'épouse et de mère. Mais les mentalités évoluent, tout ce qui a trait à la parité dans les débats de société a contribué à ouvrir les esprits.

  • Comment se distinguent-elles au quotidien ?

Les femmes entrent plus tardivement dans la profession. Elles sont souvent issues du milieu de l'assurance : filles d'agent, collaboratrices d'agence, salariées de sociétés, etc. Une fois en exercice, elles affichent de bons résultats : le chiffre d'affaires de leur agence est plutôt en progression, et il y a peu de révocations les concernant. La réussite des femmes dans la profession est manifeste.

  • Ont-elles une approche différente du métier ?

Notre approche du risque est différente, me semble-t-il. À une époque où les clients ont davantage besoin d'être pris en charge, cela peut s'avérer un plus. Nous avons également une approche différente du management, plus centrée sur le travail d'équipe que sur les différences hiérarchiques.

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