Innovation : fintech/insurtech, l'atout proximité de demain

Moins inquiétés que les banquiers par la menace d’une « uberisation » de leur secteur et plutôt séduits par les opportunités nouvelles tant en termes d’investissement que d’opportunités partenariales, les assureurs commencent à répondre à l’appel des fintech et des insurtech.

C’est aujourd’hui l’effervescence dans le monde des fintech et des insurtech, deux mots qui désignent les start-up Internet dans le secteur des services financiers et de l’assurance et qu’on n’a pas fini d’entendre… Pas une semaine sans le lancement d’un site que ce soit dans le monde des paiements, des transferts d’argents, mais aussi du crédit en P2P (peer to peer), de l’equity crowdfunding, de l’épargne en ligne, de l’assurance collaborative… Dans ce foisonnement, les assureurs pointent le bout de leur nez. « Para­doxa­le­ment, ils sont beaucoup plus avancés que les banquiers », estime Nicolas Lesur, fondateur d’Uni­lend et président de l’association Financement participatif France, qui fédère une cinquantaine de sites de crowdfunding (financement par la foule).

10 M€

Montant des prêts accordés à 127 TPE et PME françaises grâce au site Unilend.

Prendre les commandes

Les banques qui ont vu des fintech débarquer sur leur secteur au milieu des années 2000 ont fait la sourde oreille. Ainsi, des sites comme Lending Club ont eu le champ libre et sont valorisés aujourd’hui à plusieurs milliards d’euros aux états-Unis. Ce déferlement de start-up sur leur cœur de métier a de quoi inquiéter avec la menace d’une « uberisation », en référence au site Uber qui bouscule le modèle du taxi à travers le monde.

Tirant les leçons des tergiversations des banquiers, et moins direc­tement touchés sur leur cœur de métier, les assureurs se montrent, eux, plus ouverts. Les fédérations sont même parties prenantes dans le cadre du pôle Finance innovation qui a sorti son livre blanc sur l’insurtech en mars. Axa avec Axa Factory, Allianz, via Smart Angels, Generali avec Prêt d’union… les assureurs sont présents. Loin de les concurrencer en direct, ces nouvelles start-up Internet s’intègrent dans leur chaîne de valeur, les assureurs apparaissant tantôt comme investisseurs, tantôt comme partenaires.

Pour le marché, ces fintech ou insur­tech, dont le point commun est de jouer la carte de la proximité, deviennent une opportunité. L’assu­rance P2P fait ses premières armes en France avec inspeer.me. Le site ouvert en février 2015 mutua­lise les franchises d’assurance et vise l’achat groupé de contrats affinitaires.

Autre secteur naissant, la gestion de l’épargne en ligne, qui met la technologie des salles de marchés à la portée de tous. Elle pourrait bousculer les CGPI et les courtiers en assurance vie avec des modè­les économiques nouveaux (abonnement, rémunération à la performance). Mais leurs algorithmes d’allocation d’actifs intéressent aussi les CGPI, voire les assureurs eux-mêmes. Enfin, le crowdfunding séduit aussi les assu­reurs et les sociétés de gestion qui y voient une nouvelle classe d’actifs à haut rendement.

Inspeer.me mutualise les franchises entre proches

Inspeer.me a été lancé en février 2015. Fondé par Louis de Broglie et Emmanuelle Mury, le premier site d’assurance collaborative en France vise les franchises d’assurance dommages (automobile, moto et habitation) en permettant aux assurés de les mutualiser avec leurs proches, sans changer de contrat d’assurance. Une fois ses contrats déclarés sur le site, l’internaute demande à des proches de contribuer à sa franchise lorsqu’il aura un sinistre. Pour chacun d’eux, il fixe un montant de participation – réciproque – à cette franchise. Un algorithme renseigne même sur la probabilité de sinistre pour chacun. Les utilisateurs ne versent l’argent qu’en cas d’accident. Inspeer se charge alors de collecter les fonds auprès des proches engagés et se rémunère en prenant 10 % des fonds collectés. Logé dans l’incubateur de Finance Innovation au Palais Brongniart, à Paris, Inspeer.me fourmille de projets, comme l’achat groupé...

Définition

En désintermédiant les relations entre assureur et assuré et en mettant en contact des communautés sur Internet, l’assurance P2P réinvente la mutualisation. L’achat groupé permet d’obtenir des rabais ou des assurances sur des risques d’une communauté particulière...

Sites à ne pas rater

  • friendsurance.de *****
  • boughtbymany.com ****
  • heyguevara.com ****
  • peercover.co.nz ***

Mariequantier.com : le particulier devient trader

Offrir la technologie des salles de marché directement « aux primo-accédants des marchés financiers » : c’est, selon Mathieu Hamel, son fondateur, la promesse de mariequantier.com, site d’épargne en ligne, agréé CIF, qui accueille le visiteur par : « 90 % de nos clients ne veulent pas consacrer plus de 10 minutes par an à leur investissement ».Le principe est d’investir l’argent déposé chez des courtiers ou assureurs en ligne (Boursorama, Bourse Direct, Interactive Brokers, etc.) à partir du site mariequantier.com qui fournit des recommandations personnalisées, grâce à un algorithme prenant en compte des milliers de données macro-économiques et financières. Le portefeuille du client est soumis régulièrement à des crashs tests et des alertes SMS. Le site se rémunère via un abonnement mensuel de 5,90 € et sur 5 % de la performance. Des CGPI sont séduits par l’outil d’allocation d’actifs et des assureurs se montreraient intéressés par ce service...

Définition

Si l’agrégation de comptes consiste à récupérer et centraliser les comptes, la gestion de l’épargne en ligne va plus loin : des algorithmes analysent des données financières et recommandent, des allocations d’actifs tels des robo-advisors.

Sites à ne pas rater

  • Advize ****
  • Fundshop ****
  • Linxo ***
  • Anatec (en cours de lancement)

Unilend : la place de marché de la finance participative

Unilend a franchi début mai le cap des 10 M€ de prêts accordés à 127 TPE et PME françaises. Une performance mais il reste du chemin à parcourir pour arriver à l’objectif de 1 Md€ de prêts à 10 000 TPE/PME par an, selon son cofondateur Nicolas Lesur.Le principe d’Unilend est de mettre à disposition d’une communauté de prêteurs (au nombre de 4 600 aujourd’hui) des projets d’entreprises filtrés : le prêt moyen s’élève à 7,5 M€ pour un taux moyen de 9 %... Un rendement qui séduit les investisseurs particuliers et institutionnels : Groupama Banque investira 100 M€ au cours des prochaines années.Groupama Banque, comme les investisseurs particuliers, va prêter aux TPE et PME qu’elle aura choisies sur le site. Pour la banque, c’est un bon moyen de diversifier sa clientèle d’entreprises. Dans la lignée, d’autres investisseurs institutionnels, comme des sociétés de gestion, se montrent intéressés.

Définition

Appelés aussi plateformes de crowdfunding (financement par la foule), ces sites font appel à un grand nombre de personnes pour financer un projet, sans l’aide de banques. Ils s’installent auprès des investisseurs comme une nouvelle classe d’actifs aux rendements prometteurs...

Sites à ne pas rater

  • Lendingclub.com *****
  • Lendopolis.com ****
  • Prêt-dunion.fr ****
  • Smartangels.fr ****

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