[DOSSIER] Formations à l'assurance 2/3

L'alternance en pleine explosion

L'alternance en pleine explosion
Yacine Bizouard, 23 ans, en alternance chez BNP Paribas Group Risk Management © DR

L'alternance est désormais plébiscitée dans le secteur, aussi bien par les étudiants que par les entreprises et les écoles, lesquelles élargissent ce dispositif à des diplômes d'un niveau de plus en plus élevé.

Dans l'assurance, l'alternance fait de plus en plus d'adeptes. En dix ans, la part de ces contrats de travail (apprentissage et professionnalisation) dans les embauches a quasiment été multipliée par quatre dans le secteur, passant de 5,7% en 2002 à 20,3% en 2011. La tendance ne devrait pas s'inverser, car si le minimum légal d'étudiants en alternance est aujourd'hui fixé à 4% de l'effectif dans les entreprises de plus de 250 salariés, il sera porté à 5% de la masse salariale en 2015. « De nombreuses entreprises n'ont pas encore atteint ce quota. Si bien qu'il y a désormais une très forte mobilisation des acteurs de l'assurance pour rattraper leur retard », explique Dominique Cauvin, directrice générale adjointe de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass).

5%

Ce sera la part minimale d'«alternants» dans la masse salariale des entreprises de plus de 250 salariés en 2015, au lieu de 4% aujourd'hui.

Au moment où le secteur enregistre de nombreux départs à la retraite, cette obligation réglementaire n'est pas forcément une contrainte pour les entreprises. « Les compagnies d'assurances manquent clairement de candidatures pour certains métiers. Du coup, elles recrutent de plus en plus via l'alternance », observe Louis Guastavino, directeur senior des divisions banque et assurance de Page Personnel. Installée seulement depuis une dizaine d'années chez Axa France, l'alternance est même devenue « le premier vivier de recrutement du groupe », selon Frédérique Bouvier, sa directrice du recrutement. Cette année, l'assureur français table sur 300 embauches d'alternants dans les métiers commerciaux. À la fin de leur contrat de professionnalisation ou d'apprentissage, ces étudiants ont de grandes chances de rester dans le groupe, puisqu'en 2012, 50% des personnes formées dans le réseau salarié d'Axa France ont finalement été embauchées.

95%

C'est la proportion des élèves de l'Isfa en alternance, au sein du master 2 sciences actuarielle et financière.

Des avantages pour les deux parties

Chez April, l'an dernier, ce sont carrément 70% des jeunes diplômés qui ont obtenu un CDI à l'issue de leur contrat. « Comme nous formons les "alternants" à notre organisation, à nos valeurs et à notre mode de gestion, si nous finissons par recruter ces jeunes, ils auront déjà un réseau en interne et seront vite intégrés », souligne Bruno Vialard, le directeur des ressources humaines du courtier lyonnais.

Pour autant, si l'alternance connaît aujourd'hui un tel succès dans les entreprises du secteur, c'est aussi parce que l'offre de formation s'est considérablement enrichie. « Les grandes écoles proposent de plus en plus l'alternance comme mode d'acquisition d'un diplôme », remarque Norbert Girard, secrétaire général de l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance. Que ce soit les écoles de commerce ou les établissements d'enseignement supérieur spécialisés dans l'assurance, tous axent désormais une grande partie, voire la totalité de leur pédagogie sur l'alternance.

Du coup, longtemps réservée aux CAP et autres bac pro, cette voie est dorénavant accessible aux étudiants qui suivent un master. Selon le dernier « Rapport de l'Observatoire sur les formations des salariés de l'assurance » (Rofa), le nombre d'étudiants en alternance disposant d'un bac + 3 ou 4 a ainsi doublé entre 2006 et 2011. Le constat est également valable pour les titulaires d'un bac + 5. Si bien qu'aujourd'hui, plus d'un quart des « alternants » possède au minimum une licence. « Lorsque nous avons proposé le master en alternance en 2006, la promotion comprenait 24 étudiants. Cette année, ils sont 53 », précise Dominique Cauvin, de l'Ifpass. Créé en 1930, l'Institut de science financière et d'assurances (Isfa) de Lyon ne propose, pour sa part, l'alternance dans son programme de formation que depuis l'an 2000. « Douze ans plus tard, 95% de nos 100 élèves de master 2 sciences actuarielle et financière sont en alternance », précise son administrateur provisoire, Nicolas Leboisne.

Pour les étudiants, cette ouverture des grandes écoles accroît en tout cas leurs chances de décrocher un emploi à la fin de leurs études. « Ce dispositif nous permet d'intégrer des collaborateurs que nous connaissons parfaitement bien. En effet, si nous recrutons un "alternant" en CDI à la fin de son master alors qu'il était entré chez nous en BTS, il aura au total déjà passé quatre ans dans l'entreprise », observe Frédérique Bouvier, d'Axa France. Autre avantage non négligeable pour l'étudiant : alors que l'inscription à ces grandes écoles est souvent onéreuse, une partie de ses frais de scolarité est prise en charge par l'entreprise qui l'accueille en alternance.

« Économiquement, ce dispositif est également intéressant pour les entreprises », remarque Patrice Michel Langlumé. En effet, comme le souligne le président de l'École supérieure d'assurances (Esa), outre le fait que celles-ci peuvent bénéficier d'avantages fiscaux (exonération ou réduction de cotisations sociales, crédit d'impôt), « elles vont payer à un salaire proche du Smic des gens très performants prêts à travailler durement pour décrocher un CDI ». Grâce à cette nouvelle offre des grandes écoles, les entreprises vont aussi pouvoir ouvrir l'alternance à certains services, longtemps privées de ce mode d'insertion professionnelle. « Nous n'hésitons plus désormais à prendre des "alternants" aussi pour des fonctions supports », indique ainsi Yves Laqueille, directeur des ressources humaines d'Allianz France.

Yacine Bizouard, 23 ans, en alternance chez BNP Paribas Group Risk Management « L'alternance augmente mes chances de trouver un emploi »

« En parallèle de mes études d'actuariat à l'Isfa de Lyon, je suis, depuis septembre dernier, en apprentissage chez BNP Paribas, où je m'occupe de la révision et de l'amélioration du modèle interne partiel Solvabilité 2 de Cardif. Cette formation me permet de faire mes premiers pas dans un milieu dont je ne connaissais jusqu'à présent ni les codes ni les enjeux. Cette expérience est aussi l'occasion de mettre en pratique mes connaissances théoriques et de valoriser mes compétences. Un exemple : j'ai pu récemment appliquer chez BNP Paribas des méthodes de calcul de provisionnement que j'avais apprises en cours. Alors, certes, je ne travaille pas en permanence dans l'entreprise. Pour autant, je me considère comme un membre à part entière de l'équipe dans laquelle je fais mon apprentissage. Au final, c'est donc un système gagnant-gagnant pour moi et mon employeur, et cette formation augmente clairement mes chances de trouver un emploi dès la fin de mes études. »

Ce dispositif nous permet d'intégrer des collaborateurs que nous connaissons parfaitement bien.

Frédérique Bouvier, directrice du recrutement d'Axa France

Le Magazine

ÉDITION DU 03 juillet 2020

ÉDITION DU 03 juillet 2020 Je consulte

Emploi

CEGEMA

Chargé(e) de Gestion Emprunteur H/F

Postuler

Galaxy Conseil

Comptable H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

FINANCEMENT EN CREDIT-BAIL AVEC OPTION D'ACHAT HORS ENTRETIEN ET ASSURANCE D'UN VEH...

CCI de Limoges et de la Haute-Vienne Aéroport international de Limoges

07 juillet

87 - LIMOGES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

L'alternance en pleine explosion

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié