Les Français patrimoniaux toujours peu appétents au risque (Baromètre UFF/IFOP)

Les Français patrimoniaux toujours peu appétents au risque (Baromètre UFF/IFOP)
Seuls 39% des Français patrimoniaux se déclarent ouverts au risque.

L'Observatoire UFF-IFOP de la clientèle patrimoniale montre que les Français aisés restent peu ouverts au risque pour leur placement financier. Et cela tout en déclarant ne pas être influencés par la conjoncture économique et boursière. 

En termes de comportements financiers, les Français n'en sont pas à une contradiction près, comme le montre le dernier Observatoire UFF-Ifop de la clientèle patrimoniale présenté mardi 13 octobre 2015.

Insensibles à la conjoncture...

Ainsi, 70% des Français patrimoniaux interrogés (30 000 € de patrimoine financier hors immobilier ou détenteur d’un bien locatif) se déclarent insensibles à la conjoncture dans leurs comportements de placements. Par exemple, la crise grecque qui a pourtant eu beaucoup d’échos au début de l’été n’a que peu d’effet sur les comportements des investisseurs particuliers : seuls 19% des Français patrimoniaux déclarent qu’elle a affecté leurs décisions de placements.

... mais fermés au risque

Malgré cette faible sensibilité à la conjoncture boursière ou économique, l’aversion au risque se renforce : seules 39% des personnes interrogées se déclarent ouvertes aux risques, contre 45% en 2014. «On constate une forte déconnexion entre l’appétence au risque et le ressenti. La rapidité avec laquelle les crises arrivent fait que les investisseurs s’habituent à ces à-coups boursiers. C’est plutôt rassurant», analyse Paul Younès, directeur général de l’UFF.

Les UC passent devant les fonds euros

Les contradictions se retrouvent au niveau des placements privilégiés en ce moment : les produits garantis sont en recul tandis que certains produits plus risqués gagnent du terrain. Ainsi, 58% des investisseurs estiment que c’est le bon moment pour investir dans l’assurance vie en unités de compte (53% en 2014) contre 57% dans les fonds euros (68% en 2014).

C’est l’effondrement sur les contrats d'assurance vie en euros. «Il y a une prise de conscience que les produits sans risque sont devenus sans intérêt. Les Français ont intégré la baisse des rendements des obligations d’Etat qui sont à la base des fonds euros». De plus, ils s’aperçoivent que disponibilité de l’épargne, rendement et risque nul, trio qu’offrait auparavant le fonds euros, sont devenus inconciliables.

Un «excès de prudence»

Pour Luc Arrondel, directeur de recherche au CNRS qui intervenait à la présentation de cet observatoire, cet «excès de prudence» en matière d’investissement est surtout propre aux ménages français. Il peut s’analyser selon quatre dimensions : les préférences, souvent intrinsèques ; les anticipations ou leur vision du futur ; l’exposition à d’autres risques comme le risque face au marché du travail, le risque familial, etc. qui entraînent une tempérance, c’est-à-dire une volonté de modérer le risque global, et enfin le niveau de ressources. Mais globalement en France, cette aversion aux risques reste une «énigme».

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