[DOSSIER] Dossier spécial Maroc à l'occasion des Rendez-vous de [...] 20/22

Microassurance – Commercialisation – Téléphonie mobile : l'Afrique, un continent à conquérir

Cette région du monde se convertit progressivement à la protection des personnes exclues des circuits traditionnels de l'assurance. La téléphonie mobile pourrait donner un coup d'accélérateur à ce marché.

Et de 1 000 ! C'est le nombre de contrats de microassurance souscrits par de petits entrepreneurs marocains depuis la signature, en mars 2012, d'un accord entre la Fondation pour le développement local et le partenariat (Fondep) et Axa Maroc. La Fondep, qui figure parmi les six principales institutions de microfinance au Maroc, s'adresse aux exclus des circuits traditionnels de l'assurance, les personnes empruntant en moyenne 1 790 €. Ces dernières bénéficient désormais d'une assurance emprunteur pour une prime de 5 €.

Offre standard simplifiée

Le numéro un marocain du microcrédit, Al Amana, a également conclu, en octobre 2012, un accord avec Isaaf assistance. Le leader du marché marocain dans ce domaine, partenaire de Mondial assistance, propose un forfait funéraire aux bénéficiaires d'Al Amana, qui a déjà « délivré 20 000 microcrédits, accompagnés de notre produit de microassistance », s'enthousiasme le directeur général d'Isaaf assistance, Mahmoud Oudrhiri.

Le marché de la microassurance semble promis à un bel avenir. Au Maroc, on estime à 900 000 le nombre de souscripteurs de contrats de microfinance. « D'ici à 2020, on pense que ce sont près de 3 millions de personnes qui bénéficieront de ce type de services financiers et de protections », avance Mahmoud Oudrhiri. Selon le site Micro Insurance Center, à l'échelle du continent africain, ce sont déjà près de 44 millions de personnes qui bénéficient d'un produit de microassurance.

Une goutte d'eau dans l'activité d'Axa en Afrique ? « La microassurance ne revêt pas d'enjeu politique, ni même économique. Cependant, dans une région où 80% de la population ne bénéficie d'aucune couverture, n'est-ce pas le rôle d'un assureur que d'adapter son offre à destination de cette population ? », s'interroge Michel Hascoët, président d'Axa Maroc. D'autant plus que l'assureur veut renforcer ses positions en Afrique subsaharienne - il est présent au Cameroun, en Côte-d'Ivoire, au Gabon et au Sénégal -, où le taux de pénétration de l'assurance est inférieur à 2%. L'accès à des produits de microassurance pourrait ainsi être un levier de développement.

Précurseur de la microassurance, Allianz Africa, qui est implanté dans onze pays du continent, a lancé ses premières expériences en 2008 avec quelques institutions de microfinance au Cameroun, à Madagascar et au Sénégal. « Qu'il s'agisse d'individuelle accident ou d'assurance emprunteur, ce sont des produits standards, mais simplifiés le plus possible dans leur fonctionnement, tant pour l'assuré que pour le prescripteur chargé de la commercialisation », explique Patrick Mommeja, responsable de la microassurance pour Allianz Africa. En 2012, cette dernière comptait 200 000 microassurés pour un total de primes qui atteint 2,5 M€.

UNE RECONNAISSANCE OFFICIELLE

Le nombre de « microassurés » atteint 44 millions en Afrique, dont 27 millions en République sud-africaine. L'assurance emprunteur, la garantie obsèques et l'assurance sécheresse indicielle constituent les principaux produits de microassurance. Près de 90% de ceux-ci sont commercialisés via les institutions de microfinance, les groupements agricoles et les ONG constituant les autres circuits de distribution principaux. Depuis avril 2012, la microassurance est une activité reconnue par la Confédération interafricaine des marchés de l'assurance (CIMA).

Accès au milieu informel

Dans une région où moins de 10% de la population est bancarisée, les institutions de microcrédit représentent la principale voie pour commercialiser ces produits d'assurance. Mais les assureurs regardent avec intérêt le développement de la téléphonie mobile. En Afrique de l'Ouest, le taux d'équipement est désormais proche de 70% et pourrait, selon les projections établies par les opérateurs, atteindre 100% d'ici à 2020. Allianz Africa mène actuellement deux expériences, en Côte-d'Ivoire et à Madagascar. Les détenteurs d'un mobile peuvent gérer à partir de leur téléphone des virements, des paiements ou encore de la souscription d'une prime de microassurance. « Avec ce système, les procédures sont dématérialisées et nous permettent d'accéder directement au milieu informel », explique Patrick Mommeja. De quoi faire grandir rapidement le marché. Après Allianz, Axa comme Isaaf assistance regarderait de très près ce nouveau circuit de distribution, déjà exploité en assurance obsèques en Tanzanie par Vodacom (filiale de l'opérateur de téléphonie Vodafone) avec un assureur local.

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