[DOSSIER] Le Top 30 de la santé 2/5

Pas de péril senior

Pas de péril senior
Céline Blattner, associée en charge du pole Prévoyance Santé chez Actuaris

La généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés bouscule aussi les équilibres techniques. Pour autant, les retraités ne sont pas un « mauvais risque ».

Avec une population composée de travailleurs non salariés (TNS), de retraités et de personnes sans emploi - dont bon nombre de précaires entrant dans le champ de l'aide à la complémentaire santé (ACS) ou de la CMU complémentaire (CMU-C) -, l'assurance santé individuelle parviendra-t-elle à maintenir ses équilibres techniques ? Beaucoup d'acteurs s'en inquiètent. Dans leurs réponses à notre questionnaire, ils sont nombreux à évoquer un impact sur leur modèle économique, d'autant que la complémentaire santé individuelle est réputée plus lucrative que la collective.

En réalité, la plupart des menaces sur l'individuel méritent d'être nuancées, les arguments étant aussi invérifiables que ceux prédisant la suppression de milliers d'emplois chez les intermédiaires. Ainsi, le premier facteur à relativiser concerne les marges de la santé individuelle. « Il est vrai qu'elles sont plus élevées qu'en collective, mais elles sont limitées dans un marché concurrentiel », note Norbert Bontemps (Groupama).

Des valeurs... à modérer

Le véritable écart tient plus aux chargements de gestion qu'aux marges proprement dites, ce qui pourrait inciter certains acteurs à concentrer leurs efforts sur ceux-ci.

Ensuite, tous les adultes ne seront pas couverts en collective. « Comme l'ANI sera un accord " subi ", il est probable qu'un nombre significatif d'entreprises choisiront l'offre socle et ne couvriront pas les ayants droit », estime Thierry Langreney, directeur général de Pacifica. Selon le cabinet Actuaris, quelque 4 millions d'ayants droit accompagneraient la migration des salariés vers le collectif, mais cette évaluation s'appuie sur les pratiques de couverture actuelle.

Par ailleurs, il n'existe pas d'un côté des assureurs recherchant la rentabilité de chaque segment de leur portefeuille (jeunes, actifs, retraités, TNS...), de l'autre des mutuelles mutualisant les risques sur tout leur portefeuille, en demandant aux jeunes de payer solidairement pour les plus âgés. Si ce mécanisme de solidarité intergénérationnelle est souvent invoqué par les mutuelles de la fonction publique, il est presque cantonné à leur écosystème - même la MGEN, gardienne du temple des valeurs mutualistes, allège les cotisations des jeunes pour ne pas les voir fuir à la concurrence. Comme le rappelle Céline Blattner (Actuaris), « les mutuelles interprofessionnelles sont pratiquement toutes passées à une tarification à l'âge depuis le nouveau code de la mutualité en 2002 ».

Concurrence plus forte

Autre point, il est inexact de dire que les retraités sont un « mauvais risque ». Ceux-ci cherchent majoritairement une bonne couverture, le prix - premier critère chez les jeunes - n'étant qu'un élément parmi d'autres. Et ils représentent une population plus fidèle.

Les mutuelles, qui ont déjà des adhérents en moyenne plus âgés que les autres familles, ne seront pas a priori pénalisées, sauf en cas de forte évolution. La situation du portefeuille peut devenir critique si l'âge moyen dépasse les 70 ans.

Par contre, il est probable que l'ANI se traduira par une concurrence plus forte pouvant entraîner des tensions sur les tarifs. Surtout pour les ayants droit non couverts : ils compareront les tarifs des offres individuelles avec celui du contrat collectif de leur conjoint !

Céline Blattner, associée en charge du pole Prévoyance Santéchez Actuaris  « L'ANI va plutôt entraîner une diminution du panier de soins pris en charge par l'entreprise »

« Nous pensons qu'il y a un marché de la surcomplémentaire en collective. L'ANI va plutôt entraîner une diminution du panier de soins pris en charge par l'entreprise ou la branche, et nous estimons que des salariés voudront maintenir leur niveau de couverture, créant une place pour les surcomplémentaires. Par contre, en raison de l'unicité actuelle des flux Noemie [NDLR : le flux d'informations envoyé par la Sécu aux complémentaires], ce marché ira aux acteurs qui ont déjà la complémentaire. Mais si ce sont des groupes ayant des institutions de prévoyance (IP) et des mutuelles, la surcomplémentaire peut revenir à ces dernières, car ils ont souvent déjà un seul système de gestion. C'est une situation de nature à favoriser les partenariats. Cela dit, à plus long terme, des évolutions des flux Noemie sont envisageables. »

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