Résultats – solvabilité – restructuration : Groupama s'attaque au redressement opérationnel

Résultats – solvabilité – restructuration : Groupama s'attaque au redressement opérationnel

Le groupe est passé de 107% de marge de solvabilité en 2011 à 179% en 2012 au prix d'une restructuration engendrant une perte nette de 589 M €. La priorité est désormais à l'amélioration du ratio combiné.

«Repositionnement sur les valeurs mutualistes », « abandon d'une stratégie de taille au profit d'une stratégie de performance métiers », « réduction de l'exposition du bilan aux fluctuations des marchés financiers »... À entendre Thierry Martel, directeur général de Groupama SA, et Christian Collin, directeur général délégué, le message est clair : conduit à marche forcée en 2012, le plan de redressement de l'assureur « vert » n'a pas uniquement consisté à restaurer une situation financière mise à mal par la crise des dettes souveraines, la chute des marchés actions et une stratégie d'expansion un peu trop coûteuse.

L'enjeu était aussi de redonner à Groupama « son poids de forme ». Bref, de l'aider à redevenir ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être. Un pari gagné, si l'on en croit le nouveau président, Jean-Yves Dagès. « Le fonds de commerce a parfaitement tenu », se félicite-t-il. « Nous n'avons aucune pression de l'Autorité de contrôle prudentiel ou du Trésor pour nous adosser », complète Thierry Martel.

Regain de forme pour l'assureur « vert »

  • 14,2 Md € Le chiffre d'affaires 2012, contre 17,2 Md € en 2011 avant cessions
  • 78 M € La perte opérationnelle économique (bénéfice de 309 M € en 2011)
  • 91 M € Le résultat net avant frais de restructuration (- 1,8 M € en 2011)

Des pertes, mais...

Sur le front financier, force est de constater que l'incendie est aujourd'hui éteint. Certes, le groupe solde son exercice 2012 sur une nouvelle perte de 589 M€ en 2012, contre 1,76 Md€ à fin 2011, mais sa marge de solvabilité est passée de 107% à 179%, aidée en partie par le redressement des marchés et le retour des plus-values latentes (6,1 Md€) « sur toutes les classes d'actifs ». « Groupama est aujourd'hui beaucoup moins exposé aux fluctuations des marchés financiers que par le passé », assure Christian Collin, évoquant la cession de dettes obligataires à risque (Grèce, Hongrie, Espagne), et la réduction de l'exposition actions, passée de 12,8% à 10,1%, l'idée étant de tendre vers « 5 à 6% en fonction des opportunités de marché ».

Un défi de taille

« Des pertes qui renforcent la solvabilité, cela peut paraître paradoxal », reconnaît Thierry Martel. Non récurrentes, elles reflètent les mesures prises pour redresser la barre. D'abord, un vaste programme de cessions en France (Gan Eurocourtage, Groupama Private Equity) et à l'étranger (Groupama Seguros en Espagne, Groupama Insurance et deux courtiers au Royaume-Uni, Proama en Pologne), permettant de gagner 17 points de marge de solvabilité mais se traduisant par 334 M€ de pertes. Ensuite, des dépréciations exceptionnelles de goodwill sur certaines filiales d'Europe centrale et continentale (298 M€). Enfin, un plan de départs volontaires de 650 collaborateurs et le non remplacement de 900 départs (le groupe compte 33 000 collaborateurs dont 26 000 en France) ont des répercussions sur les comptes à hauteur de 47 M€.

Aujourd'hui, le groupe mutualiste a une idée claire de son prochain défi : il s'agit de redresser la rentabilité opérationnelle, notamment en assurance dommages (50% des 14,2 Md€ de chiffre d'affaires). Le ratio combiné est en effet monté à 102%, contre 97,9% en 2011, alors même que le ratio de frais généraux est passé de 27% à 25,7%. Le groupe admet, indépendamment des événements climatiques, payer son ancienne stratégie de volumes, induisant des affaires nouvelles « de moins bonne qualité ». Il souhaite repasser sous 100% de ratio combiné dès 2013, et tendre vers 98% en 2014-2015.

Groupama sa n'ira pas en bourse, mais dispose de pouvoirs renforcés

« Le projet d'ouverture du capital a été complètement abandonné », confirme le président Jean-Yves Dagès. Mais Groupama SA, l'entité détenue par les caisses régionales qui avait vocation à être cotée, garde toute sa raison d'être. L'article 16 du projet de loi bancaire (anciennement article 22), adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 19 février dernier, l'inscrit officiellement comme organe central. « C'est la traduction dans la loi d'un mode de fonctionnement qui existe déjà », nuance Thierry Martel, le directeur général de Groupama SA. En charge de l'atteinte des objectifs de rentabilité et de solvabilité, et plus généralement de la définition et de l'exécution de la stratégie, Groupama SA disposera d'un pouvoir de contrôle sur les caisses régionales, en pouvant décider de la révocation du directeur général et du conseil.

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